Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Portrait de John Lennon
- Grandes compositions murales
- Zones portant des inscriptions à la craie et au feutre
- Mur du jardin des Maltais
L’histoire du lieu
À la mi-décembre mille neuf cent quatre-vingts, quelqu’un dessina à la craie une croix sur une pierre saillante et écrivit : « Pour John Lennon ». Le musicien britannique, l’un des fondateurs des Beatles, avait été abattu quelques jours plus tôt à New York. Des bougies, des fleurs, des photographies et des vers de ses chansons apparurent sur la saillie pragoise. La pierre ressemblait à une pierre tombale, bien que Lennon n’ait jamais été enterré ici.
Ce coin fut choisi parce que les Pragois laissaient depuis longtemps sur ce mur des poèmes, des déclarations d’amour et des messages personnels. Dès les années soixante-dix, on l’appelait le mur des Lamentations. Après la mort de Lennon, l’artiste Stanislav Jirčík remplaça l’inscription à la craie par une autre réalisée au pochoir, y ajouta les dates de sa vie et un portrait. C’est ainsi que le nom du musicien s’attacha au mur du jardin des Maltais.
Au printemps mille neuf cent quatre-vingt-un, les services municipaux recouvrirent le portrait et les inscriptions de peinture verte. Des gens les rétablirent. Il fallut les recouvrir de nouveau, parfois chaque jour. Après le premier anniversaire de la mort de Lennon, les autorités ordonnèrent de fermer tout le secteur, y compris la pierre tombale symbolique, au moyen d’un panneau de bois de près de trois mètres. Le panneau fut fixé au mur par des agrafes en fer et réservé aux affiches ordinaires.
La nuit, Jiří Wolf vint ici avec des amis. Wolf gagnait sa vie comme ouvrier et écrivait des contes pour enfants ; à cette époque, il avait déjà passé trois ans et demi en prison pour des tracts et des inscriptions sur les murs. Il savait bien quel prix pourrait avoir une nouvelle escapade de ce genre. Les hommes apportèrent des pioches, arrachèrent les agrafes et traînèrent le panneau au milieu de la rue. Des policiers se lancèrent à leur poursuite. Les fugitifs escaladèrent le portail percé dans le mur, tandis que les habitants des maisons voisines les faisaient passer par les fenêtres et les cours.
Le matin, des ouvriers remirent le panneau en place. Wolf et ses compagnons répétèrent l’expédition encore deux fois ; chaque fois, ils réussirent à s’enfuir, et chaque fois, les planches furent remises en place. Ils ne parvinrent pas à garder le mur ouvert. En revanche, les gens commencèrent à se réunir chaque année près du monument fermé, le huit décembre. Ils venaient d’abord avec des fleurs, des bougies et des guitares ; puis on se mit à signer ici des pétitions contre les armes nucléaires et en faveur de la libération des prisonniers politiques. La police contrôlait les papiers, convoquait les participants à des interrogatoires et dispersait les cortèges. C’est ainsi que ce secteur, où l’on laissait autrefois des poèmes privés, devint un lieu de rencontres publiques régulières.
Les panneaux de bois ne furent retirés qu’en mille neuf cent quatre-vingt-dix. Sous eux, on découvrit des fragments préservés de la pierre tombale symbolique et des inscriptions de décembre mille neuf cent quatre-vingt-un. De nouveaux dessins les recouvrirent bientôt.
On ne voit plus ni la première croix à la craie ni le portrait de Jirčík. L’image actuelle de Lennon et les autres grandes compositions furent créées par des artistes ultérieurs. Dans les zones prévues à cet effet, les visiteurs sont autorisés à laisser des inscriptions au crayon, au feutre ou à la craie ; les propriétaires du mur, l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, puis ordre de Malte, ont interdit la peinture aérosol.
Sur place
Mur extérieur dans un espace urbain ouvert ; respectez les règles en vigueur des propriétaires et le cadre résidentiel local.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne cherchez pas une unique image « authentique » : le sens du mur réside précisément dans sa nature changeante. Ne dessinez pas sur les façades voisines ni sur les propriétés privées.
