Étape 1 sur 7

Avenida dos Aliados

Avenida dos Aliados

Cette étape montrera comment le lieu d’une brève république est devenu la grande avenue de la ville.

15 min
Aliados : une avenue de granit bordée d’arbres verts, avec la tour de la Câmara Municipal do Porto à l’horizon.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La tour de l’actuelle Câmara Municipal do Porto
  • Praça da Liberdade
  • La longue perspective de l’avenue

L’histoire du lieu

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Lorsqu’il faut à Porto une grande salle civique en plein air, on coupe la circulation sur l’Avenida dos Aliados. On y célèbre le Nouvel An, on y tient des cérémonies à l’échelle de la ville et on y fête les victoires du club de football. Entre Praça da Liberdade et la Câmara Municipal do Porto s’étend une longue tribune sans murs. Pourtant, le trente et un janvier mille huit cent quatre-vingt-onze, aucune avenue n’existait encore ici. Le côté nord de la Praça Dom Pedro IV — nom que portait alors l’actuelle Praça da Liberdade — était occupé par l’ancien hôtel de ville.

Ce matin-là, Augusto Alves da Veiga, avocat, journaliste et enseignant, dirigeant civil du soulèvement contre la monarchie portugaise, parut sur le balcon de l’ancien hôtel de ville. Un an plus tôt, le gouvernement britannique avait exigé que le Portugal renonce à ses revendications sur les terres situées entre l’Angola et le Mozambique. Le roi et les ministres cédèrent. Pour les républicains, ce fut la preuve que la monarchie n’était plus capable de défendre les intérêts du pays.

Alves da Veiga voulait proclamer la république. Des soldats et des sergents de deux régiments arrivèrent à l’hôtel de ville ; il n’y avait parmi eux que quelques officiers. Les orchestres militaires jouaient « A Portuguesa », une chanson écrite après l’ultimatum britannique. Elle devint plus tard l’hymne national. Les insurgés occupèrent le bâtiment, hissèrent au-dessus de lui le drapeau rouge et vert du club républicain, et Alves da Veiga annonça que la monarchie était renversée. L’acteur Miguel Verdial lut à haute voix la liste des membres du gouvernement provisoire. On y inscrivit même des personnes auxquelles on n’avait pas demandé à l’avance si elles étaient prêtes à en faire partie.

Proclamer le nouveau régime depuis un balcon se révéla plus facile que de l’établir dans la ville. Les insurgés avaient besoin du télégraphe et de l’état-major militaire près de Praça da Batalha. La colonne remonta la rue Santo António, l’actuelle Rua de 31 de Janeiro, mais la Guarda Municipal lui barra la route. Après sa salve, la formation se disloqua. Une partie des soldats retourna à l’hôtel de ville, qui fut peu après bombardé par deux pièces d’artillerie. Vers dix heures et demie, tout était terminé. Selon le décompte officiel, douze personnes furent tuées et quarante blessées ; les chercheurs estiment que ces chiffres sont sous-évalués.

Des centaines de militaires comparurent devant des tribunaux qui siégeaient directement sur des navires dans le port de Leixões. Les deux régiments qui avaient participé furent dissous. Alves da Veiga réussit à fuir en France et décida de ne pas revenir tant que la monarchie subsisterait au Portugal. À Paris, il gagnait sa vie en donnant des cours de portugais et en effectuant un travail juridique auprès des consulats. Alves da Veiga ne rentra chez lui qu’après la proclamation de la république en mille neuf cent dix, puis obtint un poste diplomatique en Belgique.

Le balcon depuis lequel il avait annoncé la république pour quelques heures disparut. Le premier février mille neuf cent seize, le président Bernardino Machado entama le démantèlement de l’ancien hôtel de ville : celui-ci fut démoli avec le quartier de Laranjal afin de tracer une large Avenida dos Aliados. La nouvelle Câmara Municipal do Porto fut conçue à l’autre extrémité, en hauteur.

Les alliés apparurent plus tard dans le nom. Le quatorze novembre mille neuf cent dix-huit, trois jours après l’armistice de la Première Guerre mondiale, le conseil municipal nomma à l’unanimité l’Avenida dos Aliados, encore inachevée, Avenida das Nações Aliadas. Il s’agissait des pays de la Triple-Entente — avant tout la France et la Grande-Bretagne, ainsi que les États qui les avaient rejointes ; le Portugal avait combattu à leurs côtés. Avec le temps, le long nom officiel, Avenida das Nações Aliadas, fut raccourci en Avenida dos Aliados.

De l’ancienne scène subsiste une relation spatiale précise : à l’extrémité inférieure de l’avenue, là où elle débouche sur Praça da Liberdade, se trouvait l’hôtel de ville d’Alves da Veiga. L’actuelle Câmara Municipal do Porto se trouve à l’extrémité opposée, et entre les deux s’étend une rue qui reçut son nom trois jours après la fin de la guerre.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantA Pérola do Bolhão
Entréeaccès libre

L’espace public est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Vérifié : 17 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Placez-vous là où tout l’axe de l’avenue est bien visible, mais ne vous attardez pas sur la chaussée ni sur les passages piétons. Le récit concerne tout l’espace : il n’est pas nécessaire d’entrer dans la Câmara Municipal do Porto pour cette étape.

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Où aller ensuite ?

Laissez la Câmara Municipal do Porto derrière vous et tournez dans Rua Formosa, vers la boutique de faïences.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Baixa et Bolhão : la vie quotidienne du centre de Porto » — 7 étapes, 1,5 km, 2 heures.

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