Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les facettes vitrées de la pyramide
- Le réseau métallique
- La large descente d’entrée
L’histoire du lieu
Les facettes de verre au centre de la cour laissent passer la lumière du jour vers le grand vestibule souterrain. Sous le pavement se trouvent deux niveaux avec des guichets, des vestiaires, des réserves et des salles de conférence, et de là de courts passages se dirigent vers les trois ailes du Louvre. Autrefois, les visiteurs entraient dans le palais par différents chemins, se perdaient dans les escaliers et les enfilades, tandis que le ministère occupait une partie de ses espaces. La large descente sous la pyramide a réuni cette circulation en un seul lieu, tout en préservant derrière le verre la vue sur les anciennes façades de la cour.
Au printemps mille neuf cent quatre-vingt-cinq, il n’y avait pas encore de verre ici. On installa une grue au-dessus de la cour et l’on suspendit à sa flèche une armature de câbles et de tubes métalliques. Elle dessinait la future pyramide grandeur nature. Le maire de Paris, Jacques Chirac, dont les partisans comme les adversaires du projet attendaient l’avis, fit plusieurs fois le tour de la structure et déclara qu’il n’y voyait pas d’objection, si le verre une fois posé s’avérait réellement transparent.
Cette expérience fut nécessaire à cause de la décision du président de la France, François Mitterrand. Il voulait confier au musée l’ensemble du palais du Louvre et créer une entrée claire à la place de plusieurs entrées dispersées. Une partie du palais était alors occupée par le ministère des Finances ; les visiteurs entraient depuis la Seine dans une longue enfilade, montaient et descendaient des escaliers, et se perdaient entre les départements. Ieoh Ming Pei lui-même se souvenait que, sans guide, il n’avait vu qu’un quart des collections.
Mitterrand choisit Ieoh Ming Pei sans concours. L’architecte dirigeait une agence new-yorkaise et gagnait sa vie en concevant de grands bâtiments ; ses nouveaux bâtiments pour des musées d’art à Washington et à Boston lui servaient de recommandation. Mais il refusa d’abord le Louvre : il disait ne pas connaître suffisamment le palais. Ieoh Ming Pei n’accepta qu’après avoir obtenu quatre mois pour une étude secrète. Presque aucun membre du personnel du musée ne savait pourquoi l’architecte américain revenait sans cesse dans les salles.
Ieoh Ming Pei découvrit qu’il était impossible d’agrandir les locaux de service sous le palais lui-même : les anciens corps de bâtiment reposaient presque sans fondations capables de supporter une telle transformation. En revanche, la cour centrale permettait de creuser deux niveaux souterrains. On pouvait y installer les guichets, les vestiaires, les réserves, les salles de conférence et un vestibule commun, puis y aménager de courts passages vers les trois ailes. Pour cela, il fallait faire partir le ministère des Finances. Les fonctionnaires refusaient de quitter les lieux, et Ieoh Ming Pei avertit Mitterrand : sans aile libérée, construire la pyramide n’aurait aucun sens, car l’entrée centrale ne mènerait qu’à une partie du musée. Le président obtint le déménagement du ministère dans un nouveau bâtiment à Bercy.
Au-dessus du vestibule souterrain, Ieoh Ming Pei voulait conserver la lumière du jour et suffisamment d’air. Une fenêtre plate dans le pavement aurait transformé l’entrée en trappe basse. La pyramide offrait un vaste volume intérieur, et sa forme rigide exigeait relativement peu de métal : les façades historiques restaient visibles à travers le verre. Elle signalait aussi une entrée qui, autrement, aurait évoqué une descente dans le métro.
Lorsque le projet fut rendu public, le débat dura un an et demi. On reprochait à Ieoh Ming Pei d’installer une construction moderne au milieu d’un ancien palais, et à Mitterrand d’avoir choisi seul un architecte étranger. Les constructeurs suspendirent alors à la grue ce contour grandeur nature. Après l’inspection, Jacques Chirac retira son objection personnelle, Mitterrand conserva son soutien, et les travaux se poursuivirent.
Au printemps mille neuf cent quatre-vingt-neuf, les visiteurs entrèrent pour la première fois par la pyramide achevée. Là où le maire avait fait le tour d’une armature de câbles commence désormais la descente vers la salle souterraine. Sous le sommet de verre, trois passages se séparent vers les trois ailes du Louvre.
Sur place
La cour Napoléon est ouverte selon les horaires du Louvre ; l’entrée du musée exige une vérification distincte des billets et des créneaux.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour observer la pyramide, restez hors des files d’entrée et trouvez un point au bord de la cour. La visite des collections du Louvre exige une planification distincte.
