Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Arcs de pierre
- Pelouse sous le pont
- Stèle commémorative
- Chaussée pavée
L’histoire du lieu
La ville a laissé cet ancien passage à l’endroit où l’eau s’est détournée depuis longtemps. Les arcs de pierre élèvent toujours le pont au-dessus d’une pelouse parfaitement plane : au vingtième siècle, le cours de l’Oreto fut détourné et l’ancien fond est devenu une partie du sol urbain. La chaussée au-dessus et la stèle voisine gardent le souvenir du passage vers Palerme, même s’il ne reste plus ni porte ni obstacle alentour.
L’amiral auquel renvoie le nom est Georges d'Antioche, que vous connaissez déjà. Vers l’an mille cent trente et un, il fit jeter ce pont de pierre sur l’Oreto : la route quittait Palerme par là pour rejoindre les jardins royaux au-delà de la rivière. Depuis le sud, cette même route ramenait à la porte Termini. La porte elle-même fut démolie dès mille huit cent cinquante-deux, mais l’ancien nom est resté attaché au passage vers la ville.
À l’aube du vingt-sept mai mille huit cent soixante, Giuseppe Garibaldi, commandant de l’Expédition des Mille formée de volontaires, comptait emprunter ce passage. Il voulait prendre la capitale de la Sicile et chasser de l’île les troupes du roi François II des Deux-Siciles. Sa colonne comptait environ trois mille hommes, dont nombre de volontaires siciliens avaient peu d’expérience du combat. La garnison de Palerme, commandée par le général Ferdinando Lanza, était plusieurs fois plus nombreuse. Lanza voulait conserver la capitale au roi ; les soldats royaux avaient donc barré le pont et la route avec des barricades.
L’avant-garde, composée de quelques dizaines de tireurs expérimentés, était conduite par l’officier hongrois Lajos Tüköry. Après la défaite de l’insurrection dans son pays natal, il avait émigré et vivait du métier des armes : il avait combattu dans l’armée du sultan ottoman, puis rejoint Garibaldi. À présent, Tüköry devait faire passer silencieusement le détachement avancé sur le pont et ouvrir la route à la colonne principale.
D’après les souvenirs des participants, une partie des Siciliens se mit trop tôt à tirer et à crier des slogans. L’attaque ne fut pas une surprise. Les soldats royaux ouvrirent le feu avec leurs fusils et leurs canons ; certains volontaires quittèrent la route pour se jeter dans les champs. Tüköry et les tireurs restés avec lui montèrent à l’assaut des barricades. Une partie des Siciliens revint derrière eux. Les défenseurs se replièrent, et la colonne de Garibaldi franchit le pont.
À l’obstacle suivant, à l’emplacement de l’ancienne porte Termini, une balle broya le genou de Tüköry. Il fut évacué du combat et sa jambe fut amputée, mais la gangrène se déclara. Tüköry mourut le six juin. Ce même jour, les représentants de Lanza conclurent un accord selon lequel les troupes royales quittaient Palerme par mer : la percée à travers le pont permit aux hommes de Garibaldi d’entrer dans la ville et aux habitants d’élever leurs propres barricades.
Au vingtième siècle, le cours de l’Oreto fut détourné ; une pelouse s’étend donc désormais sous les arcs médiévaux. Une stèle commémorant le combat se trouve à côté. La porte Termini et les deux lignes de barricades ont disparu ; il reste le pont par lequel l’avant-garde de Tüköry ouvrit la route vers Palerme.
Sur place
Espace public ouvert ; visite extérieure sans billet.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il vaut mieux observer le pont dans son ensemble depuis le niveau de l’ancien lit ; la pierre peut être irrégulière, alors regardez où vous mettez les pieds.
