Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Large escalier
- Soubassement à degrés
- Cour au sommet
- Copies des dalles sculptées
L’histoire du lieu
À l’extrémité sud de la Grande Place s’élève un massif soubassement à degrés, construit lors de la dernière grande transformation de Monte Albán. Un large escalier traverse le milieu de la façade, et, au sommet, se trouvent une cour et deux soubassements de temple. Les personnes rassemblées sur la place pouvaient voir l’ascension cérémonielle, mais la cour elle-même se trouvait au-dessus de l’espace commun. L’escalier, la cour et les degrés de pierre conservent encore le plan de la limite sud de la place.
Au pied de la plateforme sud, les dalles sculptées sont disposées comme si les anciens bâtisseurs avaient laissé ici une chronique de pierre à lire. Ils ont fait autrement : ils ont muré les anciennes images dans le soubassement et les ont probablement recouvertes de stuc.
Un groupe de dalles formait autrefois un monument indépendant dédié à un souverain que l’étiquette du musée appelle Treize Hibou. Il cherchait à faire reconnaître son accession au trône. Les sculpteurs l’ont représenté assis, un sceptre à la main ; parmi les autres personnages, lui seul n’est pas ligoté. Plusieurs prisonniers sont conduits jusqu’à lui, chacun avec son nom gravé ; à côté figurent des dates calendaires et des signes de capture. Pour le souverain, l’enjeu était le trône ; pour les prisonniers nommés, la vie. Selon une lecture des inscriptions, ils étaient capturés lors de campagnes, puis sacrifiés à l’achèvement de cycles calendaires. C’est une reconstitution des épigraphistes : l’écriture zapotèque n’est pas encore entièrement déchiffrée.
Tant que Treize Hibou était vivant, la composition exposait ses succès militaires et son droit de disposer du sort des vaincus. Après sa mort, d’autres habitants de Monte Albán ont démonté le monument. Lors du dernier grand agrandissement de la plateforme sud, les bâtisseurs ont rassemblé pour elle au moins trente-trois pierres sculptées provenant de huit compositions antérieures. Les dalles de Treize Hibou furent placées aux angles comme dépôts de fondation. Les images de l’ancien souverain et de ses prisonniers perdirent leur fonction première : elles furent tournées vers la maçonnerie et cachées sous le revêtement.
Au-dessus d’elles, on éleva une immense base à degrés qui fermait la Grande Place au sud. Un large escalier menait à une cour et à deux soubassements de temple au sommet. Les personnes rassemblées sur la place pouvaient voir l’ascension cérémonielle, mais non les anciens reliefs à l’intérieur des murs. Ici, on ne préservait pas le récit de Treize Hibou, mais les pierres elles-mêmes, intégrées à un nouveau monument sacré.
En mille neuf cent deux, l’inspecteur d’État des monuments Leopoldo Batres creusa des tranchées aux quatre angles de la plateforme et en extraya huit dalles. Il en envoya plusieurs à Mexico. Les reliefs des faces auparavant cachées montrèrent que les pierres avaient été retournées et réemployées à plusieurs reprises.
Un demi-siècle plus tard, l’archéologue Jorge Acosta tenta de remettre les dalles dans le soubassement, mais il ne disposait pas du plan exact de Batres. Il plaça une partie des pierres d’après leur apparence ; la stèle huit, comme les chercheurs l’établirent plus tard, fut placée à l’angle nord-ouest au lieu de l’angle sud-ouest. Des copies se trouvent aujourd’hui près de l’escalier. L’original représentant le souverain assis est conservé dans le musée local, d’autres dalles sont à Mexico, et leurs anciens emplacements dans la maçonnerie restent matière à reconstitution.
Sur place
La zone archéologique est généralement ouverte tous les jours de 8:00 à 17:00, dernière entrée à 16:00.
Horaires par jour
Montez seulement si vous êtes sûr de vos forces ; une vue complète de la plateforme est également possible depuis le bas.
