Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La basilique avec sa colonnade en demi-cercle
- Le Palais royal de Naples
- L'espace ouvert de la place
L’histoire du lieu
Autrefois, cette place ouverte devant le Palais royal de Naples s'appelait la place près du palais. La colonnade en demi-cercle fut créée dans le cadre du projet d'un grand forum public où les habitants pouvaient se réunir devant la résidence du pouvoir. Plus tard, une basilique fut élevée au centre de l'arc en signe de reconnaissance pour le retour de la dynastie régnante. Les marches du temple, les colonnes et la façade du palais laissent encore entre eux un vaste espace destiné aux cérémonies, aux concerts et aux fêtes.
Le vingt et un octobre mille huit cent soixante, trois urnes furent installées sous la colonnade de la basilique San Francesco di Paola. Les urnes latérales contenaient des bulletins portant les réponses « oui » et « non » ; celle du milieu fut laissée vide. Tout homme de plus de vingt et un ans jouissant de ses droits civiques prenait le bulletin de son choix et le déposait dans l'urne centrale. Cette procédure ne prévoyait pas le secret du vote : les fonctionnaires, les voisins et les compagnons voyaient vers quelle réponse la main se tendait.
Peu auparavant encore, cet espace s'appelait Largo di Palazzo, la place près du Palais royal de Naples. Le dernier roi bourbon, François II des Deux-Siciles, avait quitté Naples et tentait de conserver sa couronne en se défendant dans la forteresse de Gaète. Giuseppe Garibaldi, commandant d'une armée de volontaires, avait occupé la capitale et gouvernait les provinces conquises en dictateur. Il fallait désormais décider si elles entreraient dans un État unifié dirigé par Victor-Emmanuel II, roi du Royaume de Sardaigne.
Une seule question était posée aux votants : le peuple souhaitait-il une Italie unie et indivisible, avec Victor-Emmanuel comme roi constitutionnel et ses descendants légitimes ? Pour les élections parlementaires de l'époque, un cens de propriété était exigé, tandis que tous les hommes majeurs jouissant de leurs droits civiques furent admis au plébiscite. Artisans, employés et travailleurs manuels venaient en groupes, selon leur métier, leur lieu de travail ou leur quartier. Leurs revenus dépendaient des mêmes patrons, donneurs d'ordres et voisins sous les yeux desquels ils choisissaient leur bulletin. Le plébiscite était conçu comme une confirmation publique d'un changement déjà accompli ; le choix ouvert était donc alors considéré comme faisant partie de la cérémonie, même s'il permettait aussi de contrôler les votants.
Deux semaines plus tard, des personnes furent de nouveau rassemblées sur la place pour l'annonce du résultat général des provinces continentales de l'ancien royaume. Le trois novembre, Vincenzo Niutta, président de la Cour suprême, monta sur une tribune en bois construite spécialement. Il avait reçu la mission de donner une valeur officielle au dépouillement. Niutta annonça : un million trois cent deux mille soixante-quatre voix pour l'unification, dix mille trois cent douze contre.
Après l'annonce, Victor-Emmanuel entra dans Naples, Garibaldi lui remit le gouvernement et partit pour l'île de Caprera. François II des Deux-Siciles tint à Gaète jusqu'au février suivant, puis partit en exil. En mars mille huit cent soixante et un, le Parlement proclama le Royaume d'Italie. La place reçut le nom de Plebiscito, le vote direct dont Niutta avait annoncé le résultat précisément ici.
L'emplacement de la tribune n'avait pas été choisi au hasard. La colonnade en demi-cercle avait été commandée par Joachim Murat, maréchal napoléonien devenu roi de Naples, qui voulait aménager devant le palais un grand forum public. Murat fut renversé puis, après une tentative infructueuse de reconquérir la couronne, fusillé. Le roi bourbon Ferdinand Ier des Deux-Siciles, revenu au pouvoir, conserva l'arc de colonnes, mais ordonna qu'une basilique soit élevée en son centre en remerciement à saint François de Paule pour le rétablissement de la dynastie. Quelques décennies plus tard, les bulletins furent disposés sous le portique de ce temple, et la fin du royaume bourbon fut annoncée depuis la place devant lui.
La tribune en bois de Niutta a disparu depuis longtemps. Il reste les marches de la basilique, la colonnade et la façade du Palais royal de Naples en face. Entre eux se tiennent encore aujourd'hui des cérémonies municipales, des concerts et de grandes fêtes, et le nom rappelle ce jour où le nombre de voix fut lu à haute voix devant le palais.
Sur place
Accessible à toute heure, place ouverte. Les intérieurs de la basilique et du Palais royal de Naples ont leurs propres horaires et ne font pas partie de la promenade obligatoire.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour embrasser tout l'ensemble, éloignez-vous vers le bord de la place ; par forte chaleur, ne comptez pas sur l'ombre au centre. N'essayez le jeu les yeux fermés qu'avec un accompagnateur et loin de la circulation.
