Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription sur la façade
- L’entrée de la maison-musée
L’histoire du lieu
La calle de Cervantes s’appelait encore Francos lorsque l’on y acheta cette maison de ville avec un cabinet de travail, un oratoire, une cour intérieure et un jardin. On y vivait et on y travaillait, et le musée commence aujourd’hui sous l’inscription commémorative près de l’entrée. L’emplacement de l’une des salles du musée n’est pas historiquement attesté, et son mobilier y fut installé plus tard.
L’inscription sur la façade le dit précisément : Lope de Vega vécut et mourut dans cette maison. Né à Madrid, il écrivait des pièces pour les théâtres de la ville et fut pendant plus de vingt ans le secrétaire du duc de Sessa. Sa renommée ne lui assurait pas de revenus réguliers : dans ses lettres, le célèbre dramaturge demandait à son protecteur de lui envoyer de l’argent, des vêtements et même de l’huile pour sa lampe.
En mille six cent dix, Lope paya neuf mille réaux pour cette maison, située dans l’ancienne calle Francos, aujourd’hui calle de Cervantes : cinq mille immédiatement, les quatre mille restants dans les huit mois. Il y avait ici un cabinet de travail, un oratoire, une cour et un jardin. Lope y vécut les vingt-cinq dernières années de sa vie, y écrivit des dizaines d’œuvres et survécut à presque toute sa famille.
À l’été mille six cent trente-quatre, Antonia Clara, âgée de dix-sept ans, était la seule à rester auprès de lui. Sa mère était la dernière maîtresse de Lope, Marta de Nevares, morte dans cette maison deux ans plus tôt, après avoir perdu la vue et souffert d’une grave maladie mentale. Lope était déjà prêtre à la naissance d’Antonia, et Marta était mariée à un autre homme ; la jeune fille fut donc enregistrée comme la fille du mari légitime de sa mère. Dans la maison de son père, elle l’aidait à recopier ses manuscrits et devint sa dernière compagne constante.
Un matin, Lope ne trouva pas Antonia dans sa chambre. Des affaires étaient éparpillées sur le sol ; avec la jeune fille avaient disparu des vêtements et des bijoux. Elle était partie avec Cristóbal Tenorio, chevalier de l’ordre de Santiago, qui servait à la chambre royale et bénéficiait de la protection du comte-duc d'Olivares. Le musée qualifie l’événement d’enlèvement ; les biographes évoquent aussi une fuite et une séduction. Il est impossible d’établir avec certitude le consentement d’Antonia. Les vers de Lope indiquent qu’elle espérait devenir l’épouse de Tenorio.
Pour lui, ce mariage ne s’imposait pas. Tenorio abandonna Antonia et épousa une autre femme. Pour une jeune fille de dix-sept ans, juridiquement considérée comme la fille d’un homme qui n’était pas son père, cette issue signifiait la perte à la fois d’un foyer et de la position qui lui avait été promise. Lope répondit non par une poursuite ni par un procès, mais par des vers : il transforma sa fille en Filis et décrivit le matin où les larmes l’empêchaient de distinguer la chambre vide. Un an plus tard, il mourut ici même.
Antonia survécut à son père de près de trois décennies. Des documents tardifs montrent qu’elle était de nouveau en contact avec sa sœur Feliciana et qu’elle possédait une partie des objets provenant de la maison de son père. Après la mort d’Antonia, en mille six cent soixante-quatre, il resta un inventaire de ses biens.
Lorsque l’Académie royale espagnole restaura la maison et ouvrit le musée en mille neuf cent trente-cinq, cet inventaire fut utilisé avec celui des biens de Lope lui-même. L’emplacement de l’actuelle chambre des filles n’est pas historiquement attesté, et son mobilier fut réuni plus tard. Mais un document de cette même Antonia, après le départ de laquelle Lope avait vu des affaires éparpillées sur le sol, contribua à son aménagement.
Sur place
Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le passage des piétons.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Toute l’histoire peut être écoutée depuis l’extérieur ; si vous souhaitez voir les pièces reconstituées, renseignez-vous à l’avance sur les modalités de visite du musée.
