Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le bureau du Premier ministre
- Les chambres familiales
- Le mobilier de la famille
- Les objets personnels de Tun Abdul Razak Hussein
L’histoire du lieu
Sri Taman associait une maison gouvernementale à une vie familiale ordinaire. Au rez-de-chaussée, on recevait des invités officiels et organisait de grands dîners, tandis qu’à l’étage se trouvaient les chambres des cinq fils. Le bureau du maître de maison jouxte ici les pièces domestiques, et les archivistes y ont rétabli l’ancien ameublement et les affaires de la famille. Ainsi, la résidence d’apparat a conservé l’organisation d’une maison où le travail de l’État n’était pas séparé de la vie familiale par un mur.
Le soir du quatorze janvier mille neuf cent soixante-seize, Mohamed Nazir, âgé de neuf ans, se tenait dans la chambre de son frère aîné, Najib Razak, dans cette maison. Najib Razak reçut un deuxième appel téléphonique de Londres. Après le premier, on avait dit au plus jeune que son père voulait voir ses fils et qu’il fallait préparer le voyage. Cette fois, Nazir vit le visage de son frère et comprit qu’ils ne prendraient plus l’avion pour rejoindre leur père vivant.
Leur père était Tun Abdul Razak Hussein, le deuxième Premier ministre de la Malaisie actuelle. Tun est un titre honorifique malaisien, et non une partie du nom. Depuis mille neuf cent soixante-deux, Tun Abdul Razak Hussein vivait ici avec sa femme, Raha, et leurs cinq fils, dans la résidence officielle Sri Taman. En bas, on donnait des dîners d’État, recevait des invités et discutait des affaires du pays ; l’étage supérieur restait réservé à la famille.
En mille neuf cent soixante-neuf, les médecins découvrirent que Tun Abdul Razak Hussein avait une leucémie et le prévinrent qu’il lui restait environ deux ans à vivre. Il vécut plus de cinq ans. Pendant tout ce temps, Tun Abdul Razak Hussein continua de travailler, d’abord comme adjoint au chef du gouvernement, puis comme Premier ministre, et cacha le diagnostic même à sa femme et à ses fils. Quand des taches apparurent sur ses mains, il les expliquait par le bronzage après une partie de golf. Ses vêtements devenaient de plus en plus amples, mais la famille n’en connaissait pas la raison.
À la fin de mille neuf cent soixante-quinze, Tun Abdul Razak Hussein annonça qu’il partait se reposer à Paris. Quelques jours plus tard, les médecins l’envoyèrent se faire soigner à Londres. Il ne comptait revenir que lorsqu’il aurait de nouveau l’air en bonne santé. Avant de partir, Tun Abdul Razak Hussein fit ici ses adieux à Nazir ; le garçon ne comprit pas qu’il voyait son père pour la dernière fois.
Tandis que sa mère et ses frères aînés veillaient auprès du malade à Londres, Nazir restait dans l’immense résidence, ne sachant toujours pas ce qui se passait. Le matin du quatorze janvier, son frère téléphona de la clinique et ordonna d’amener d’urgence les plus jeunes à Londres. En revenant dans la chambre après l’appel, il découvrit que son père était mort. Le deuxième appel transmit cette nouvelle à Sri Taman. Le soir même, des parents et des amis commencèrent à arriver ici.
Le lendemain, le corps de Tun Abdul Razak Hussein fut ramené de Londres. Le cercueil resta une nuit dans sa résidence, puis fut transporté au Parlement. Après les adieux, Tun Abdul Razak Hussein fut enterré dans le mausolée des héros, près de la Mosquée nationale de Malaisie (Masjid Negara). La maison où ses fils avaient appris la mort de leur père accueillit encore une fois son maître avant l’enterrement.
Le six mai mille neuf cent quatre-vingt-deux, le Premier ministre Mahathir Mohamad inaugura ici le mémorial du deuxième chef du gouvernement et dirigeant des programmes de développement des villages malaisiens ; c’est pour ce travail que Tun Abdul Razak Hussein fut appelé le Père du développement. Plus tard, des employés des Archives nationales de Malaisie replacèrent les meubles et les objets personnels comme ils se trouvaient du temps de la famille. Derrière les salles du musée, Sri Taman a été préservé : le bureau de l’homme d’État, les chambres de ses fils et la maison où le cercueil de Tun Abdul Razak Hussein passa sa dernière nuit avant les adieux nationaux.
Sur place
Espace urbain ouvert ; choisissez un point d’observation qui ne gêne pas le flux des piétons.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’échelle intime de la maison importe plus qu’un passage rapide devant les vitrines. L’accès à l’intérieur dépend des horaires du mémorial ; vérifiez donc les informations à jour avant la promenade.
