Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’ouverture occidentale de la grande salle
- La tombe de Pahlavan Mahmud
- La pierre tombale de Muhammad Rahim Khan Ier
- Les dalles de marbre des anciens khans
L’histoire du lieu
Derrière l’ouverture occidentale de la grande salle se trouve la tombe d’un artisan que Khiva vénère comme son saint patron. Selon la tradition locale, il fut enterré dans la cour de son atelier, puis un cimetière grandit autour de la tombe. Plus tard, la tombe fut entourée d’un mausolée richement décoré, d’une salle de lecture du Coran et d’une khanqah où l’on priait et accueillait les pèlerins. Dans cette même salle se trouvent les pierres tombales de marbre de souverains de l’ancienne lignée, transférées ici depuis d’autres lieux.
En mille huit cent six, Muhammad Rahim Khan Ier revint à Khiva d’une expédition perdue, sans son frère aîné. Eltouzar, le premier khan de la nouvelle dynastie des Qongrats, mourut en se retirant devant l’armée de Boukhara. Deux ans auparavant, il avait rompu l’ancien ordre : jusque-là, les Qongrats gouvernaient le pays au nom de khans de pure forme, descendants de Gengis Khan ; Eltouzar prit lui-même le titre de khan, bien qu’il ne possédât pas une telle généalogie. Des rivaux issus d’autres lignages ouzbeks refusèrent de le reconnaître. Muhammad Rahim Khan Ier hérita d’un titre pour lequel son frère avait déjà payé de sa vie.
Quatre ans plus tard, Muhammad Rahim Khan Ier écrasa ses principaux rivaux et revint d’une expédition victorieuse contre Kungrad, ville située dans le cours inférieur de l’Amou Daria. Il consacra alors d’importants moyens à la tombe d’un homme dont la vénération ne dépendait pas des généalogies khaniales.
Cet homme s’appelait Mahmud. Il vécut à la charnière des treizième et quatorzième siècles, gagnait sa vie par le travail du cuir et la confection de coiffes, et écrivait en persan des quatrains soufis. « Pahlavan » est le surnom honorifique d’un lutteur et d’un héros. Les récits de ses victoires dans des compétitions en Inde et en Iran relèvent de la tradition ; peu d’informations fiables sur sa vie ont été conservées. Selon la tradition locale, Mahmud fut enterré dans la cour de son propre atelier. Un cimetière grandit autour de la tombe, et l’artisan lui-même commença à être vénéré comme le saint patron de Khiva.
Sur l’ordre de Muhammad Rahim Khan Ier, des maîtres intégrèrent l’ancienne tombe à un nouvel ensemble. Ils élevèrent un mausolée richement décoré, une salle de lecture du Coran et une grande khanqah, salle destinée aux prières et à l’accueil des pèlerins. Dans cette même khanqah, le khan prépara un emplacement pour sa propre sépulture. Ainsi, le nouveau souverain plaçait sa famille auprès du patron de la ville, que les habitants reconnaissaient déjà sans décret khanial.
Par la suite, les khans qongrats accomplissaient ici une ziarat, une visite de prière à une tombe vénérée, avant leur accession au trône ou après des expéditions. Dans l’armée du khan, l’étendard de Pahlavan Mahmud venait en premier, devant les étendards du souverain et des tribus particulières. Muhammad Rahim Khan Ier lui-même fut enterré après sa mort dans la niche qu’il avait préparée, et les générations suivantes de Qongrats transformèrent le complexe en leur mausolée dynastique.
L’ouverture occidentale de la grande salle mène à la tombe de Pahlavan Mahmud. Contre le mur nord se trouve la pierre tombale de Muhammad Rahim Khan Ier. Devant elle sont placées les dalles d’Aboul-Ghazi Khan et d’Anoucha Khan, anciens souverains de la lignée des descendants de Gengis Khan. Seules leurs pierres tombales de marbre furent transférées dans la nouvelle salle.
Sur place
Sanctuaire vivant et site muséal ; l’entrée n’est souvent pas comprise dans le billet général. Les horaires peuvent changer en raison d’événements religieux.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un lieu de pèlerinage vivant : cédez le passage aux croyants, gardez le silence et ne reproduisez pas des gestes rituels pour une photo.
