Étape 2 sur 7

Rue Etz Haïm

רחוב עץ חיים

Le passage commerçant explique comment le café, le halva et la location des boutiques ont contribué à faire vivre des communautés et à entretenir une yéchiva.

30 min
Une foule se promène entre les rangées d’étals de fruits et légumes à Mahane Yehouda
Meg Stewart · CC BY-SA 2.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Des vitrines de café et d’épices, des couches de halva et la vieille affiche de la laiterie « Salonique ».

L’histoire du lieu

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La rue Etz Haïm est formée par un passage commerçant couvert, parmi des vitrines de café et d’épices, des couches claires de halva et des laiteries. Autrefois, les boutiques permanentes et le toit y ont rassemblé un commerce auparavant installé sur un terrain vague ; puis quelques mètres de comptoir sont devenus une affaire familiale pour des générations. Derrière les vitres actuelles, on devine encore l’ancien marché : des mélanges de café, des épices, des produits laitiers et une affiche promettant de livrer la marchandise à domicile. Certains propriétaires s’en tiennent aux produits habituels, d’autres ajoutent des produits destinés à de nouvelles cuisines, et la rue change par ses odeurs plus vite que par ses façades.

Le marché a sa propre comptabilité des miracles. Un client donne une pièce pour du pain ou de la viande, le commerçant paie son loyer, et avec cet argent, quelque part derrière un mur, un élève se penche sur un texte ancien. C’est ainsi que fonctionnait la rue Etz Haïm.

Son nom se traduit par « Arbre de vie ». Il ne vient ni d’une jolie enseigne ni d’une tentative tardive de donner de la noblesse au marché. Tout près fonctionnait la célèbre yéchiva Etz Haïm de Jérusalem. Shmuel Salant, grand rabbin ashkénaze de Jérusalem, l’avait fondée dès mille huit cent quarante et un. À cette époque, Mahane Yehouda n’existait pas encore sous sa forme habituelle, et cette partie de la ville se préparait seulement à devenir une bruyante machine commerciale.

Lorsque le marché spontané commença à se doter de boutiques permanentes, la yéchiva agit de façon très pratique : elle y ouvrit un passage commerçant et se mit à louer des locaux. L’argent des loyers servait à entretenir l’école et ses élèves. Il en résultait un système simple et très jérusalémite : le boucher découpe la viande, l’épicier pèse les céréales, le client emporte son panier chez lui, et tous ensemble ils financent l’éducation religieuse. La Torah et le commerce ne se disputaient pas : ils partageaient un même toit et une même caisse.

Ce lien se ressent encore dans la trame même de la rue. Derrière une vitrine moderne peut se cacher un local qui n’était pas à l’origine un simple bien immobilier commercial, mais une partie du vaste domaine de la yéchiva. La rue semble se souvenir que chaque achat peut avoir une suite, invisible à celui qui paie.

Mais « Arbre de vie » convient aussi à cet endroit parce que les affaires familiales d’ici ressemblent vraiment à un arbre. Les racines restent en place, tandis que les branches s’étendent là où apparaissent de nouvelles saveurs.

La famille Danon y vend du café depuis mille neuf cent quarante. Autrefois, le commerce reposait sur les mélanges de café, les épices et les ingrédients de pâtisserie. Tout est clair : l’odeur des grains torréfiés, les sacs d’épices, la cuisine familiale, une recette transmise avec une boîte en fer-blanc. Désormais, aux produits habituels se sont ajoutés des pâtes indiennes, du tandoori, du thé et des produits pour sushi. Un ancien commerçant n’aurait sans doute pas reconnu immédiatement tout l’assortiment, mais il aurait parfaitement compris le principe lui-même. Ici, on n’enferme pas le métier dans le passé comme une pièce de musée. On l’étire, on l’adapte, on lui fait accueillir de nouvelles cuisines.

La rue raconte d’ailleurs son histoire non par des dates, mais par des odeurs. Le café reste dans l’air un peu plus longtemps que nécessaire, se mêle aux épices, aux pâtisseries et au fromage. Quelques pas plus loin, une époque a déjà l’odeur d’une autre.

Cette façon marchande de traiter le temps se voit particulièrement bien au « Royaume du halva ». Les racines de la boutique familiale se trouvent dans la Vieille Ville, et la famille exerce cette activité depuis les années mille neuf cent quarante. On y propose plus de cent variétés de halva et l’on dit que l’une des parties importantes du secret familial est le sésame éthiopien.

Le halva lui-même a l’air de n’avoir absolument pas besoin de changer. De lourdes couches claires, une surface dense et calme : une douceur qui a l’aspect d’une pierre ancienne. Mais il suffit d’arriver aux noms pour que la pierre se transforme en laboratoire : café, fruits, noix, des dizaines de combinaisons qui auraient autrefois semblé presque audacieuses. La tradition survit ici non parce qu’on la protège de toute nouvelle saveur. Au contraire, elle la goûte sans cesse.

C’est ainsi que fonctionne tout le marché. La mémoire familiale ne repose pas sous verre. Elle va travailler le matin, paie les factures, discute du prix du sésame et décide ce qu’il est encore possible d’ajouter au halva sans cesser d’être elle-même.

Dans l’une des anciennes laiteries, une affiche historique de « Salonique » a été conservée. Sa publicité résonne presque comme la voix d’un commerçant qui couvre celle de ses voisins. Le propriétaire de la laiterie, Yitzhak Benvenisti, était probablement issu de la communauté juive de Thessalonique, en Grèce. Il promettait du fromage et du leben frais chaque jour, du sahlab chaud et épais, ainsi qu’un dessert de riz au lait. En cas de contrefaçon, l’acheteur avait droit à une indemnisation de cinq livres israéliennes. La livraison à domicile prenait cinq à six heures.

Aujourd’hui, une telle publicité paraît à la fois touchante et guerrière. Le commerçant ne se contente pas de vanter sa marchandise : il garantit solennellement son authenticité. Les cinq livres deviennent presque un gant de chevalier jeté à l’importation bon marché : essayez donc de prouver que notre produit n’est pas authentique. Et la promesse de livrer des produits laitiers en quelques heures rappelle que la livraison existait bien avant les applications, les coursiers munis de cartes électroniques et les notifications clignotantes. Seulement, l’itinéraire était retenu de mémoire, l’adresse écrite à la main, et la fraîcheur du produit relevait de la réputation personnelle.

Mais derrière le mot « Salonique » se cache une histoire bien plus lourde qu’une querelle publicitaire. L’immense communauté juive de cette ville grecque fut presque entièrement détruite par les nazis en mille neuf cent quarante-trois. Des familles, des rues, un mode de vie familier et les voix des commerçants disparurent. Pourtant, une partie de ce monde continua à vivre à Jérusalem, non comme un monument sur une place, mais comme un goût. Dans un verre de leben, une tasse de sahlab, un dessert de riz au lait préparé comme on s’en souvenait à la maison.

Pour le marché, c’est peut-être la forme la plus naturelle de la mémoire. Ici, le passé prononce rarement de longs discours. Il propose de goûter un fromage, coupe un morceau de halva, verse du café, laisse une vieille publicité sur un mur. Et l’on peut même ignorer qu’avec une douceur ou une épice, on reçoit une minuscule part de la géographie familiale de quelqu’un d’autre.

Plus près d’Agrippas, les odeurs changent particulièrement vite : une boucherie, des épices, du café, des pâtisseries, du fromage. Cette diversité ne paraît fortuite que jusqu’à ce qu’il devienne clair que chaque odeur retient une petite parcelle du passé de quelqu’un. Au dix-neuvième siècle, les boutiques permanentes et le toit ont transformé un terrain vague commercial en véritable marché. Puis les familles se le sont approprié, non en entier, mais par quelques mètres de comptoir.

C’est pourquoi la rue Etz Haïm reste aujourd’hui encore un « Arbre de vie », sans aucune tension métaphorique. Ses racines sont la yéchiva, les anciennes communautés et les métiers familiaux. Son tronc est la rangée de boutiques qui entretenaient autrefois l’école. Et ses branches sentent le café, le sésame éthiopien, les épices indiennes et le lait frais. Ici, même la mémoire est obligée de commercer, et c’est précisément pourquoi elle reste vivante.

Sur place

Temps sur place30 min
Point suivantRue Agrippas
Entréeaccès libre

Les mêmes que le marché ; les bars et les restaurants sont ouverts jusqu’à tard dans la nuit

Vérifié : 22 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le passage reste actif et étroit : ne bloquez pas les vitrines ni les accès des clients. Les anciens détails peuvent se trouver à l’intérieur de boutiques en activité : observez-les uniquement là où les visiteurs sont invités à entrer.

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Où aller ensuite ?

Marchez vers Agrippas, en remarquant comment les odeurs des boutiques cèdent la place au bruit de la grande rue.

Étape 2 sur 7Ensuite : Rue Agrippas

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Du marché aux cours : Jérusalem vivante derrière Agrippas » — 7 étapes, env. 850 m, 2–3 h.

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