Étape 2 sur 7

Centre de la Cité de David

עיר דוד / وادي حلوة

Une étape sur trois façons de chercher le passé : par la légende, la sensation et la lecture patiente des couches.

20 min
panneau à l’entrée du Centre de la Cité de David en trois langues
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • La pente raide de la colline, les zones de fouilles, des murs de pierre à différents niveaux et les entrées d’espaces souterrains.

L’histoire du lieu

Taille du texte

Cette pente raide était l’emplacement de la ville ancienne. Des murs de pierre affleurent à différentes hauteurs, et des passages de l’ancien système hydraulique s’ouvrent dans le sol ; le puits de Warren en faisait partie. Ici, on démontait les anciennes maisons et on en construisait de nouvelles en utilisant la pierre précédente ; les sols remblayés devenaient la fondation de la construction suivante. La pente ne forme donc pas un seul quartier conservé : ses fragments distincts montrent plusieurs villes qui se sont dressées ici les unes au-dessus des autres.

Derrière le rempart de la ville commence une colline que l’on interroge avec une attention particulière depuis un siècle et demi. Dans cette terre, on ne cherche pas seulement des murs, des tessons et des marches. On lui demande de répondre à la question qui ouvre l’histoire de Jérusalem comme capitale : comment la ville est-elle passée aux mains du roi David ?

Dans le Deuxième Livre de Samuel, Jébus se trouve ici, une forteresse si sûre d’elle que ses défenseurs se moquent de David. Ils semblent dire : tu n’entreras pas ici, même les aveugles et les boiteux nous défendront. Puis, dans le récit, apparaît un mot énigmatique : « tsinnor ». C’est par ce « tsinnor » que les hommes de David doivent parvenir jusqu’à la ville. Le texte n’explique pas ce qu’il désigne exactement.

Un seul mot incompréhensible a suffi pour faire naître une scène magnifique. Plus tard, le « tsinnor » fut transformé en passage d’eau secret. Selon une tradition populaire, le guerrier Joab fut le premier à se faufiler par un chemin souterrain, à remonter jusqu’à la source et à ouvrir à David l’inaccessible Jérusalem depuis l’intérieur. Dans cette version, tout est parfaitement en place : les défenseurs orgueilleux sur les murs, le sombre boyau sous terre, l’eau, la pierre, le guerrier courageux et les portes ouvertes devant le futur roi.

La légende trouva même un décor approprié : le puits de Warren, partie de l’ancien système d’approvisionnement en eau de la colline. Il avait exactement l’apparence que devait avoir une entrée oubliée de la forteresse. Il ne restait plus qu’à relier le mot biblique à une structure archéologique, et l’on obtenait un scénario d’assaut presque tout prêt.

Seulement, l’archéologie n’aime pas les scénarios parfaits. Les chercheurs ne sont toujours pas parvenus à un accord sur le fait de savoir si le puits de Warren était ce fameux « tsinnor » et s’il était même possible de prendre la ville de cette manière. Le texte ancien demeure bref, la pierre silencieuse, et toute une aventure tient entre les deux. Ainsi, une phrase obscure a traversé les siècles et est devenue un tunnel secret par lequel Joab pénètre encore et encore dans Jérusalem — du moins dans l’imagination des narrateurs.

Cette capacité de la colline à transformer une supposition en une histoire presque tangible y amena un jour un homme tout droit sorti des pages d’un roman. En mille neuf cent neuf, l’aristocrate britannique Montagu Parker apparut à Jérusalem. Ce qui l’intéressait n’était pas tant la science patiente qu’un trésor auprès duquel les découvertes archéologiques ordinaires pâlissaient.

Le Finlandais suédophone Valter Juvelius assurait être parvenu à déchiffrer un code biblique caché. Selon ses calculs, des trésors du Temple se trouvaient quelque part sous Jérusalem — et peut-être l’Arche d’Alliance elle-même. Parker le crut. Il réunit des fonds, une équipe et du matériel, puis commença à creuser sur la colline de la Cité de David. Aucune Arche n’apparut. Aucun or non plus. En revanche, grandissait cette impatience particulière qui saisit les chasseurs de trésors lorsqu’ils ont l’impression qu’il ne reste qu’un tournant avant la réussite.

L’expédition travailla durant plusieurs saisons. Parker cherchait des passages sous terre, dégageait d’anciens corridors et s’enfonçait toujours davantage dans sa propre histoire de sanctuaire dissimulé. Finalement, les recherches se déplacèrent là où toute erreur pouvait tourner à la catastrophe : sur le mont du Temple. En mille neuf cent onze, l’équipe commença des travaux nocturnes secrets dans le lieu sacré.

Il était impossible de cacher cela à Jérusalem. La rumeur se répandit dans la ville que des étrangers avaient pénétré sur le mont du Temple et tentaient d’en dérober les trésors. Des troubles éclatèrent. Parker et ses compagnons partirent précipitamment sans avoir trouvé ni l’Arche ni l’or royal. Dans la presse britannique, cette histoire ressemblait presque à une comédie sur de riches aventuriers qui avaient cru à un chiffre et s’étaient enfuis sans trésor. Ici, on s’en souvint autrement : comme du rappel qu’un homme muni d’une pelle peut se dire chercheur et se comporter comme un chasseur du sanctuaire d’autrui.

Un demi-siècle plus tard, une toute autre Britannique vint sur la même colline : Kathleen Kenyon. Elle travailla dans la Cité de David de mille neuf cent soixante et un à mille neuf cent soixante-sept et fit, comme à dessein, tout autrement que Parker. Aucun trésor promis, aucune solution spectaculaire. Au lieu d’un vaste geste de dégagement, des fouilles étroites. Au lieu de poursuivre un seul grand objet, un relevé minutieux de la position de chaque couche de terre.

Une ville sur une telle colline ne ressemble pas à un livre aux pages soigneusement numérotées, mais à un manuscrit que l’on a maintes fois effacé avant d’écrire par-dessus le texte ancien. Une maison était détruite, une autre construite avec ses pierres ; un sol était remblayé, nivelé et transformé en fondation pour l’époque suivante. Si l’on avance trop vite, plusieurs siècles se mêlent dans un même tas. Kenyon avançait lentement, laissant entre les fouilles des portions de terre afin de préserver la succession des couches.

Ses collègues s’en irritaient parfois. Vue de l’extérieur, sa zone de travail ressemblait à un échiquier : des fosses étroites, des cloisons, des morceaux de terre non dégagée. À ceux qui rêvaient de voir un palais entier ou un imposant rempart, cette méthode paraissait péniblement prudente. Mais c’est précisément cette prudence qui permettait de distinguer une ville d’une autre, non par une belle supposition, mais par la position de la céramique, de la pierre et du sol.

La guerre de mille neuf cent soixante-sept interrompit le travail de Kenyon. Elle ne mit pas fin à toutes les discussions et ne transforma pas la colline en chronique définitivement lue. Elle laissa plutôt une règle : plus une découverte promet avec éclat de confirmer une histoire connue, plus il faut regarder attentivement la terre qui l’entoure.

C’est pourquoi ce lieu a deux héros très différents. Parker descendait sous terre pour une seule grande sensation et provoqua presque une catastrophe. Kenyon retirait les couches une à une, acceptant que la réponse demeure incomplète. Et entre eux continue de vivre Joab, qui serait remonté par le passage d’eau secret. La colline ne choisit pas une seule version. Elle conserve à la fois l’énigme biblique, l’aventure du chasseur de trésors et le strict quadrillage de l’archéologue : trois façons de faire parler la pierre et trois réponses entièrement différentes à la question de ce que l’être humain espère trouver ici.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantSource du Gihon
Entréezone de billetterie

Zone de billetterie de la Cité de David. Selon la page officielle du parc, vérifiée le 2026-06-30 : dimanche—jeudi 8:00—17:00, vendredi 8:00—14:00 ; l’entrée du système hydraulique ferme une heure et demie avant la fermeture. Vérifiez les jours fériés, la sécurité et les travaux archéologiques sur la page de billetterie avant de partir.

Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Demandez ici quelles parties souterraines sont accessibles le jour de votre visite et choisissez à l’avance l’option humide ou sèche. Ne quittez pas les passages balisés parmi les fouilles.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Suivez la descente balisée du système hydraulique jusqu’à la source du Gihon.

Étape 2 sur 7Ensuite : Source du Gihon

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Du Gihon au mont du Temple : Jérusalem par en dessous » — 7 étapes, environ 2,5 km, environ 3–4 heures.

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