Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La cour intérieure
- Formes en bois sculptées
- Burins forgés
- Textiles imprimés à la main
L’histoire du lieu
Derrière la porte de Kheri, une haveli urbaine du seizième siècle est conservée. Les petites pièces s’organisent autour d’une cour et, plus haut, se trouve un autre étage où l’on travaille encore aujourd’hui le bois et le tissu. L’ancien nom de la maison est associé à une famille de porteurs de palanquins de la cour, bien que les documents ne nomment pas le premier propriétaire. Des textiles imprimés à la main, des vêtements et les outils d’un artisanat qui requiert la précision des mains sont désormais réunis ici.
John Singh a cherché le maître maçon pendant trois mois. En mille neuf cent quatre-vingt-neuf, il s’est attelé à la restauration d’une maison en ruine près de la porte de Kheri. John était cofondateur d’Anokhi, une entreprise textile, et dirigeait l’antenne de Jaipur d’une organisation de protection du patrimoine. Par cette restauration, il voulait vérifier sa propre affirmation : les vieilles maisons d’Amber pouvaient encore être réparées avec des matériaux locaux et selon les méthodes maîtrisées par les artisans d’ici.
La maison fut construite au seizième siècle. Son ancien nom, Chanwar Palkiwalon ki Haveli, était associé à une famille de porteurs de palanquins de la cour d’Amber ; l’identité du premier propriétaire n’est pas établie avec certitude. Après le transfert de la cour à Jaipur, de nombreux habitants quittèrent l’ancienne capitale et, avec le temps, la haveli tomba en ruine.
L’artisan que John finit par trouver était Premchand Saini. Il savait travailler la chaux et restaurer les anciennes maçonneries, mais les clients choisissaient de plus en plus des méthodes de construction modernes et rapides. Premchand se plaignait que ses hommes avaient rarement l’occasion d’appliquer ce qu’ils avaient appris pendant des années. Il arriva à la haveli avec cinq artisans.
On ne leur remit aucun ensemble complet de plans de construction. Les décisions étaient prises avec les restaurateurs au fur et à mesure des travaux, en examinant les parties conservées de la maison. Le ciment fut remplacé par de la chaux compatible avec l’ancienne maçonnerie. Pour l’enduit décoratif, la pâte de chaux était laissée à mûrir jusqu’à un an ; la couleur terre cuite des murs était obtenue avec un mélange de calcaire et d’argile rouge. Pendant trois ans, Premchand et ses hommes restaurèrent la cour, les pièces et les finitions extérieures à l’aide d’outils traditionnels.
En mille neuf cent quatre-vingt-douze, la haveli était achevée. En deux mille, le projet reçut un prix de l’UNESCO pour la conservation du patrimoine culturel. Pour les bâtisseurs eux-mêmes, la conséquence fut encore plus directe : les cinq artisans venus avec Premchand devinrent ensuite des entrepreneurs indépendants et recrutèrent leurs propres équipes. Le travail pour lequel les clients semblaient ne plus avoir de temps recommença à leur apporter des commandes.
Après la restauration, la maison n’eut pas d’usage défini pendant plusieurs années. Elle fut transformée en musée par Rachel Bracken-Singh, designer de l’entreprise textile familiale, et son mari Pritam Singh, le fils de John. Ils avaient besoin d’un lieu pour les archives de l’impression manuelle, et l’ancienne haveli dut être adaptée davantage afin de conserver les textiles à l’abri de la lumière vive et des brusques variations de température.
Le nom du musée vient d’Anokhi : en hindi, ce mot signifie « inhabituelle » ou « unique en son genre ». John et sa femme Faith Singh fondèrent l’entreprise en mille neuf cent soixante-dix, lorsque les graveurs de formes en bois, les teinturiers et les imprimeurs de Jaipur perdaient leurs clients : l’ancien patronage de la cour avait disparu, et le marché se tournait vers les textiles fabriqués à la machine et les teintures synthétiques. Le couple commença à commander aux artisans des robes modernes et des articles pour la maison, vendit les premières collections par l’intermédiaire de magasins anglais et assura aux artisans du travail tout au long de l’année. Avec les produits, ils conservaient des formes en bois, des échantillons de textiles, des patrons en papier et des informations sur les teintures employées.
Rachel et Pritam étudièrent ces archives et ouvrirent ici le musée en deux mille cinq. Dans les petites pièces autour de la cour se trouvent des textiles, des vêtements, des formes sculptées et de minuscules burins forgés, avec lesquels on retire le bois entre les lignes du futur motif. Les designers des nouvelles collections utilisent aussi les archives : les anciens échantillons continuent de participer à la production.
Au troisième étage, un graveur fabrique des formes en bois, et les imprimeurs transfèrent le motif à la main sur le tissu. On propose aux visiteurs d’essayer de réaliser leur propre impression. Le tissu sur lequel les artisans travaillent pendant la démonstration est ensuite envoyé aux tailleurs : c’est un travail rémunéré du même genre que celui pour lequel John et Faith Singh ont autrefois créé Anokhi.
Sur place
Officiellement fermé pour l’été et devrait ouvrir le 15 juillet 2026. Horaires habituels : mardi — samedi 10:30–17:00, dimanche 11:00–16:30, lundi fermé ; les démonstrations s’interrompent pour les pauses déjeuner. Avant la visite, le musée demande de confirmer son ouverture.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Confirmez à l’avance l’accès au musée et les horaires des démonstrations ; la possibilité de voir un artisan au travail ne doit pas être considérée comme garantie.
