Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux volées de pierre courbes
- La bifurcation des escaliers
- La rue bancaire en bas
- La rue supérieure
L’histoire du lieu
Les escaliers Camondo sont souvent expliqués par une scène familiale. Le banquier ottoman Abraham Salomon de Camondo aurait fait aménager un raccourci pour ses petits-enfants qui fréquentaient le Lycée autrichien Saint-Georges. Selon cette version, les courbes des volées de marches devaient arrêter un enfant en cas de chute. C’est une légende : les chercheurs n’ont trouvé aucun document attestant cette commande.
Les plans d’archives donnent une autre chronologie. Sur un ancien plan du tracé du Tünel, les escaliers n’existent pas encore, tandis qu’ils figurent déjà sur un plan du quartier bancaire de mille huit cent quatre-vingt-dix. Ils furent donc très probablement construits à la fin des années mille huit cent soixante-dix ou dans les années mille huit cent quatre-vingt. Abraham Salomon mourut en mille huit cent soixante-treize et ne pouvait pas avoir personnellement commandé une construction tardive.
Le nom de famille est pourtant apparu ici naturellement. Les Camondo faisaient affaire de banque : ils prêtaient de l’argent aux ministres ottomans et aux entreprises, investissaient le capital familial dans l’immobilier urbain. En mille huit cent cinquante-cinq, Abraham Salomon entra dans la commission chargée de remettre Galata et Pera en ordre. La commission s’occupait des chaussées, de l’éclairage et de nouveaux immeubles de bureaux. Camondo ouvrit des crédits pour leur construction, dont une partie sans intérêts. Après cela, les banques se concentrèrent autour de la rue basse, parmi lesquelles les bureaux familiaux et les propriétés des Camondo.
Ses petits-fils, les banquiers Abraham Behor de Camondo et Nissim de Camondo, poursuivirent l’affaire. En mille huit cent soixante-neuf, ils s’installèrent à Paris pour développer la banque familiale, mais conservèrent des bureaux et des biens immobiliers à Istanbul. Les historiens supposent que l’un des frères commanda aussi ces escaliers. Son nom exact est inconnu ; le résultat de la commande est sous vos yeux.
La rue basse s’appelait alors rue Voyvoda ; aujourd’hui, c’est Bankalar Caddesi, la rue bancaire. La rue supérieure portait le nom des Camondo ; elle s’appelle désormais Banker Sokak. Entre elles subsistait une forte différence de niveau. La famille la transforma en passage accessible à tous : deux volées de pierre divergent, se rejoignent de nouveau et mènent des bâtiments bancaires à la rue supérieure.
La banque familiale a disparu, les Camondo sont partis, et l’ancien nom de la rue supérieure a été remplacé. Leur nom est resté précisément sur l’ouvrage qui relie encore ces deux niveaux de Galata.
Sur place
Les escaliers de rue sont accessibles en permanence ; après la pluie, la pierre et les bords des marches peuvent être glissants.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Sur la pierre mouillée, marchez prudemment et ne bloquez pas les passages étroits pour les personnes qui utilisent les escaliers comme un chemin ordinaire.
