Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Escaliers couverts
- Boutiques voûtées sous la plateforme
- Carreaux de faïence d'İznik
- Un minaret
L’histoire du lieu
Des escaliers couverts partent des rues commerçantes et mènent à la salle de prière de la mosquée Rüstem Pacha. Sous celle-ci se trouvent des entrepôts voûtés et des boutiques. Cette structure est née de la dernière disposition d'un homme dont le nom est resté attaché à la mosquée.
Rüstem Pacha était le grand vizir du sultan Soliman et son gendre. Vers la fin de sa vie, il légua de faire construire à Istanbul une grande mosquée du vendredi et lui laissa de l'argent. Le statut de mosquée du vendredi permettait d'y réunir les habitants de tout le quartier pour la prière commune et le sermon ; un décret écrit du sultan régnant était nécessaire à cet effet. Parmi les sources des importants revenus de Rüstem figuraient la production textile et la production de céramique. Il comptait transformer une partie de cette fortune en fondation charitable, qui continuerait à entretenir la mosquée après sa mort.
En mille cinq cent soixante et un, Rüstem mourut avant le début des travaux. Mihrimah Sultan, sa veuve et fille de Soliman, se chargea d'exécuter le testament. Elle veilla à ce que la disposition de son mari soit accomplie. Après l'autorisation du sultan et du plus haut juge religieux, les administrateurs de la succession officialisèrent l'achat des parcelles voisines. Une petite mosquée de Hacı Halil Ağa se dressait déjà à cet endroit ; elle et les bâtiments alentour furent démolis.
Mihrimah chargea Sinan, architecte en chef de la cour, d'insérer la nouvelle salle de prière dans un quartier commerçant densément bâti. Sinan l'éleva sur une plateforme et installa en dessous des entrepôts et des boutiques. Leurs loyers furent destinés à l'entretien de la mosquée. Il en résulta un bâtiment où le commerce et la prière sont séparés par la hauteur, mais reliés par l'argent : les acheteurs restent au niveau de la rue, les priants montent au-dessus des rangées de boutiques, et les revenus du bas financent les dépenses du haut. Sous Mihrimah, les murs furent couverts de carreaux de céramique d'İznik. La commande fut si importante que les chercheurs distinguent le travail de plusieurs ateliers : les nuances du rouge en relief et le style du dessin changent d'un panneau à l'autre. Tulipes, œillets, branches fleuries et grenades occupèrent les murs, les supports et le portique d'entrée. Sinan n'utilisa jamais autant de carreaux dans aucune autre de ses mosquées. Aucun document n'indique que Rüstem ait lui-même choisi les motifs. Lorsque les artisans cuisissaient et installaient ces panneaux, le commanditaire reposait déjà dans son tombeau près de la mosquée Şehzade.
Rüstem Pacha n'y entra donc jamais. Sa veuve mena le testament jusqu'à une mosquée en activité, et les escaliers couverts traversent encore la partie génératrice de revenus qu'elle avait prévue : les loyers du bas devaient entretenir la salle de prière qui portait le nom de son mari défunt.
Sur place
Mosquée en activité ; l'entrée des non-priants est possible en dehors des prières, mais les horaires fixes et les fermetures temporaires doivent être vérifiés sur place.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L'entrée est facile à manquer parmi les commerces ; montez tranquillement et n'entrez pas chaussé dans la zone de prière.
