Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le long mur de l’ancien couvent
- La tour de l’église San Francisco
- L’espace pavé devant la baie
L’histoire du lieu
La longue façade de l’ancien couvent franciscain s’étire le long de la place pavée, et la tour de l’église est visible au-dessus. Le nom de la place vient du couvent, dédié à François d’Assise. Les moines de cet ordre vivaient ici. Le premier couvent n’a pas été conservé, et les bâtiments existants furent construits pour le remplacer dans la première moitié du dix-huitième siècle.
En mille cinq cent soixante-dix mourut Juan de Rojas, riche habitant de La Havane. Il recevait près de sa demeure les franciscains, qui n’avaient pas encore de résidence permanente dans la ville, et les nourrissait à sa propre table de pain, de viande et de vin. Dans son testament, Rojas ordonna qu’une partie de ses biens soit donnée pour un couvent destiné à ces moines.
Son principal héritier fut son neveu Jerónimo de Avellaneda. Cette condition diminuait la fortune qui lui revenait, et il refusa de l’exécuter. Le représentant de l’ordre franciscain s’adressa alors au roi d’Espagne. Le roi ordonna de vérifier le testament et, si tout se confirmait, de contraindre l’héritier à exécuter la volonté du défunt.
En mille cinq cent soixante-quinze, le supérieur Francisco de Jiménez commença à recueillir des témoignages. Il cherchait à obtenir un refuge permanent pour les frères qui arrivaient à La Havane et dépendaient de l’hospitalité d’autrui. Quatre ans plus tard, les franciscains achetèrent une maison et un terrain au bord même de l’eau, près du quai. L’année suivante, la construction du couvent commença. La tentative d’Avellaneda de conserver tout l’héritage se solda donc par l’acquisition, par l’ordre, de sa propre résidence sur le rivage de la baie.
San Francisco de Asís est le nom espagnol de François d’Assise, prédicateur italien et fondateur de l’ordre franciscain. Les moines lui dédièrent leur couvent, et le nom passa du couvent à la place.
La place elle-même n’existait pas encore devant le couvent. Une petite anse maritime s’avançait presque jusqu’à l’actuelle Calle Oficios, et les barques accostaient au quai là où se trouve aujourd’hui le pavage. Lorsque les flottilles espagnoles entraient dans le port, leurs équipages y préparaient des tonneaux pour l’eau douce. Les tonneaux devenaient si nombreux qu’ils occupaient toute la rue entre les bâtiments de la ville et le couvent.
En mille six cent vingt-huit, le conseil municipal ordonna de fermer le canal qui passait ici, d’aménager le rivage et de créer une petite place devant le couvent. Cent ducats furent d’abord affectés aux travaux, puis cent autres s’y ajoutèrent l’année suivante. L’anse fut progressivement comblée ; les équipages des navires obtinrent un emplacement pour les tonneaux d’eau, et la rue redevint praticable.
Le premier bâtiment du couvent n’a pas survécu jusqu’à nos jours : le complexe actuel fut entièrement reconstruit dans la première moitié du dix-huitième siècle. L’anse a elle aussi disparu. Il reste la disposition précise pour laquelle on dégagea ici le rivage : le long mur du couvent franciscain, devant lui un espace pavé, puis le port. Sous une partie de l’actuelle place, il y avait de l’eau, et sur la première bande de terre se tenaient les tonneaux qui approvisionnaient les flottilles quittant La Havane.
Sur place
L’ancienne église sert d’espace de concert ; la visite de l’intérieur dépend donc d’un accès distinct ou d’un événement. La place et les sculptures se distinguent bien de l’extérieur ; près d’El Caballero de París, laissez le passage libre et tenez compte du fait que des gens se rassemblent souvent autour du monument.
