Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Colonnes de la salle tiède
- Traces de noircissement sur les voûtes
- Sol de briques
L’histoire du lieu
El Bañuelo a conservé le plan d’un hammam public andalou : les visiteurs passaient successivement d’une salle fraîche à une salle tiède, puis à une salle chaude. Les colonnes de la salle tiède soutiennent des voûtes portant d’anciennes traces de suie, et sous le revêtement de briques circulait autrefois la chaleur de la chaudière située dans la partie de service. L’eau arrivait ici par une dérivation de l’acequia ; l’eau usée était évacuée par un drain vers le Darro, et la proximité de la rivière comme de la route facilitait aussi l’acheminement du bois. Plus tard, une grande cuve de blanchisserie se trouvait entre les colonnes ; désormais, la salle est de nouveau visible sur toute sa hauteur.
En mille neuf cent douze, Gonzalo Enríquez de Luna demanda l’autorisation de dégager un bâtiment appartenant à sa famille sur la Carrera del Darro. Il servait dans la cavalerie, possédait des terres et collectionnait les antiquités. Le lieu abritait aussi une propriété ordinaire : des gens vivaient près de l’entrée, et une blanchisserie publique fonctionnait derrière les pièces d’habitation. Le sol de la salle tiède avait été surélevé de plus d’un mètre, et la moitié inférieure des colonnes avait disparu sous le remblai. Lorsque les ouvriers retirèrent les gravats, le propriétaire se trouva devant un bain médiéval intégré à la vie locative et utilitaire de la ville.
Le nom actuel « Bañuelo » est un diminutif tardif, apparu lorsqu’on a comparé ce bain urbain aux vastes bains de l’Alhambra. Dans un document de mille quatre cent quatre-vingt-quatorze, il est appelé Hammam al-Yawza, le Bain du noyer. Le document n’explique pas pourquoi il est précisément associé au noyer.
C’était un hammam public andalou. Les visiteurs laissaient leurs vêtements, traversaient les salles froide, tiède et chaude, puis prenaient l’eau dans des récipients séparés. Dans la partie de service au nord, les employés brûlaient du bois sous une chaudière ; l’air chaud passait sous le sol et s’échappait par des conduits aménagés dans les murs. L’eau fraîche arrivait d’en haut par une dérivation de l’acequia de Axares. Le Darro remplissait une autre fonction : sous le mur occidental passait un drain qui évacuait l’eau usée vers la rivière. Voilà ce qui explique le choix d’un emplacement près de l’eau et de la route urbaine : d’un côté, on pouvait y acheminer le combustible ; de l’autre, évacuer les eaux usées.
Après la conquête de Grenade, le bain ne ferma pas immédiatement. En mille cinq cent neuf, il était administré par Sebastián de Palacios, charpentier mudéjar aragonais. Il lui fallait une salle en bon état pour les visiteurs, et il engagea les maçons Juan de Rojas et Francisco de Valencia. Ceux-ci refirent le sol de la salle tiède en briques de trois doigts d’épaisseur. Le nom de famille de l’administrateur donna naissance à une autre appellation : les Bains de Palacios. Plus tard, le hammam cessa de fonctionner, et cette même salle tiède fut adaptée en blanchisserie : une grande cuve fut installée entre les colonnes, et le sol fut rehaussé autour d’elle.
Après le dégagement, Gonzalo Enríquez de Luna obtint que des spécialistes examinent la découverte. Il demanda lui-même que sa propriété soit reconnue comme monument national, bien qu’après cela il ne pût plus réaménager librement la parcelle. La décision fut préparée pendant cinq ans et demi, puis prise en mille neuf cent dix-huit. Mais l’État ne racheta pas le bâtiment, les murs continuaient à s’humidifier, et le propriétaire dut rouvrir la blanchisserie.
En mille neuf cent vingt et un, Gonzalo tenta de conserver une partie de la maison. L’Académie des beaux-arts refusa : il fallait acheter toute la parcelle. Elle fut évaluée à un peu plus de seize mille cinq cents pesetas. Pendant encore six ans, les fonds manquèrent, jusqu’à ce que l’architecte de l’Alhambra, Leopoldo Torres Balbás, ordonne de payer avec les recettes des billets d’entrée du complexe palatial.
Torres Balbás retira le remblai et les cloisons, enleva la cuve de la blanchisserie, consolida la maçonnerie et laissa les anciennes traces de noircissement sur les voûtes. Sous le sol, il suivit le drain médiéval jusqu’au Darro. Dans la salle tiède, toute la hauteur des colonnes est désormais visible ; la grande cuve de blanchisserie qui se trouvait entre elles n’y est plus.
Sur place
Horaires des monuments andalous : 15 septembre — 30 avril 10:00—17:00 ; 1 mai — 14 septembre 9:00—14:30 et 17:00—20:30. Le dimanche, l’entrée est gratuite ; fermé le 25 décembre et le 1 janvier. Vérifiez votre billet avant la visite.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les principaux éléments se trouvent à l’intérieur, et il faut vérifier l’accès séparément. Depuis la rue, le bâtiment se dévoile à peine ; s’il est fermé, n’essayez pas de juger son plan d’après les portes voisines.
