Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade du Paraninfo Universitario
- Plaque commémorative portant les noms des personnes exécutées
- Façades de l’ensemble cathédral de Cuzco et de l’église de la Compagnie de Cuzco
L’histoire du lieu
Les façades de la cathédrale et des jésuites n’encadrent qu’une partie de l’ancienne Haucaypata, qui s’étendait autrefois bien au-delà des limites actuelles. La place tira son nom des détachements armés qui s’y rassemblaient. Des processions religieuses traversaient cet espace ouvert, on y vendait des marchandises et on y annonçait les décisions des autorités. Au cœur même de Cuzco, on se réunissait pour les affaires qui exigeaient une présence collective.
Sur la façade du Paraninfo Universitario, à côté de l’église de la Compagnie de Cuzco, est fixée une plaque commémorative portant les noms des personnes exécutées. Dans les pièces derrière cette façade, les chefs de la révolte furent détenus avant leur mort. Pour les exécuter, on les fit sortir sur la place principale de Cuzco : il fallait montrer la sentence à toute la ville.
Avant la conquête espagnole, la place s’appelait Haucaypata et servait aux Incas pour de grandes cérémonies. Elle était considérablement plus vaste qu’aujourd’hui. Les bâtisseurs coloniaux la divisèrent en quartiers, et transformèrent la partie restante en Plaza Mayor : on y commerçait, on y organisait des processions, on y proclamait des ordres, on y rassemblait des détachements armés et on y exécutait des châtiments publics. Le nom usuel de Plaza de Armas — place des armes — vient des rassemblements militaires.
En mille sept cent quatre-vingts, José Gabriel Condorcanqui et Micaela Bastidas projetaient de l’occuper. Condorcanqui était un cacique héréditaire, chef de trois communautés reconnu par l’administration coloniale. Il était responsable des impôts et de l’envoi d’hommes à la mita, des travaux obligatoires loin de chez eux. Lui-même gagnait sa vie en transportant des marchandises à dos de mulets et connaissait bien les routes du sud des Andes, les droits de douane et le commerce forcé, par lequel les fonctionnaires obligeaient les communautés à acheter des marchandises au prix fixé.
Condorcanqui tenta d’abord d’agir en justice. En mille sept cent soixante-dix-sept, il demanda que les habitants de sa région soient exemptés de l’envoi aux mines de Potosí, mais essuya un refus. Trois ans plus tard, il captura le corrégidor haï Antonio de Arriaga, prit le nom de Túpac Amaru II et déclencha une révolte contre la mita, les prélèvements douaniers et les ventes forcées.
Micaela Bastidas était la seconde dirigeante de la révolte. Elle rassemblait les hommes, répartissait l’argent, les vivres et les armes, et veillait aux liaisons entre les détachements. Elle ne savait ni lire ni écrire et dictait donc ses lettres. Après la victoire des insurgés à Sangarará, Micaela exigea de marcher immédiatement sur Cuzco, avant que la ville ne se prépare à se défendre. Túpac Amaru tarda et se dirigea vers d’autres provinces. Lorsque ses détachements approchèrent de Cuzco, la junte municipale avait déjà rassemblé une milice. La tentative de prendre la ville échoua. Au printemps, Túpac Amaru, Micaela et leurs proches furent livrés aux troupes royales.
L’inspecteur royal José Antonio de Areche, envoyé pour réprimer la révolte, fixa l’exécution publique au dix-huit mai mille sept cent quatre-vingt-un. Sur la place, Micaela, leur fils aîné Hipólito, des proches et des commandants furent tués l’un après l’autre. Túpac Amaru fut forcé de regarder. Puis ses bras et ses jambes furent attachés à quatre chevaux, lancés dans des directions opposées. Les chevaux ne parvinrent pas à déchirer le prisonnier, et Areche ordonna qu’on lui coupe la tête. Les corps furent divisés en morceaux et envoyés dans les provinces où la révolte se poursuivait. Leur fils cadet, Fernando, fut laissé en vie, mais forcé d’assister à l’exécution de sa famille, puis envoyé en exil perpétuel en Espagne. La révolte elle-même se poursuivit après la mort de ses premiers dirigeants.
Il n’y a plus d’échafaud sur la place. La plaque sur la façade du Paraninfo Universitario, ce même bâtiment d’où les prisonniers furent conduits à l’air libre, rappelle l’exécution. Le dix-huit mai, des cérémonies commémoratives s’y tiennent de nouveau, devant l’ancienne prison et sur le lieu de l’exécution publique.
Sur place
Place ouverte et passage urbain ; le point de l’itinéraire fonctionne à toute heure, bien que les événements religieux et civils festifs puissent modifier en partie le trajet.
Vérifié : 15 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez au bord de la place pour l’embrasser du regard ; au centre et près des églises, préparez-vous à contourner les groupes et les processions.
