Étape 9 sur 9

Tchachma-Ayoub

Chashmai Ayyub

La dernière étape réunira une source, une tradition de pèlerinage et une ancienne controverse écrite sur le sanctuaire.

18 min
Le bâtiment de Tchachma-Ayoub avec son haut dôme conique.
Umid1108 · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le puits sous le dôme conique
  • La planche sculptée
  • Le cénotaphe
  • Les anciennes conduites en céramique

L’histoire du lieu

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Le dôme conique couvre le puits au-dessus duquel fut érigé un sanctuaire musulman vénéré, composé de plusieurs salles. Près de l’eau se trouve un cénotaphe, une pierre tombale sans sépulture prouvée ; les pèlerins y puisent de l’eau, en font le tour et y déposent du riz, du blé et des brins de basilic. Dans les salles voisines sont rassemblés des objets de l’ancien approvisionnement urbain en eau : des outres en cuir, des récipients métalliques et des conduites en céramique.

Au début du quinzième siècle, Ahmad ibn Mahmud, dit Mulla-zade, rédigeait un guide des sanctuaires de Boukhara. Le livre devait conduire le pèlerin jusqu’à la bonne tombe, nommer la personne qui y était enterrée et expliquer pourquoi on lui vouait un culte. Le compilateur devait être précis : une erreur transformait la pierre tombale d’autrui en lieu de prière.

Près d’une source, aux abords de Boukhara, Mulla-zade se heurta à une tradition déjà célèbre. Son héros était Ayyoub (Job), nom que la tradition islamique donne au Job biblique. Pendant une sécheresse, les habitants auraient demandé de l’eau au prophète itinérant. Ayyoub (Job) frappa le sol de son bâton, et une source jaillit. « Tchachma-Ayoub » signifie donc « la source d’Ayyoub (Job) ». C’est une tradition, et non un fait établi.

La source seule ne suffit pas aux narrateurs. Dès la fin du neuvième siècle, des auteurs de Boukhara affirmaient qu’Ayyoub (Job) était mort et enterré ici. Un sanctuaire fut érigé au-dessus du puits, et une pierre tombale apparut à côté. Mulla-zade était l’assistant de l’influent théologien Muhammad Parsa et veillait à ce que son guide s’appuie sur des écrits religieux reconnus. Il rapporta la version locale, puis la rejeta : les savants qui faisaient autorité pour lui situaient la tombe d’Ayyoub (Job) dans le Hauran, non loin de Damas. Dans le livre de Mulla-zade, Tchachma-Ayoub resta un mazar célèbre de Boukhara, mais ne devint pas la véritable tombe du prophète.

Le compilateur perdit le débat face à ceux qui administraient le sanctuaire lui-même. Dans la seconde moitié du seizième siècle, une large planche sculptée fut posée sur la tombe symbolique, probablement sur ordre des souverains. Elle relatait l’arrivée d’Ayyoub (Job) à Boukhara et déclarait explicitement que le prophète était enterré « ici, en ce lieu même ». Comme preuve, elle citait l’ancienne Histoire de Boukhara, qui fut ensuite perdue. L’objection de Mulla-zade resta dans un manuscrit, tandis que la version de ses adversaires reçut un objet que le pèlerin voyait devant lui.

À l’intérieur, le puits et le cénotaphe, une pierre tombale sans sépulture confirmée, se côtoient donc. Les pèlerins puisent une eau qu’ils considèrent comme curative, font le tour du cénotaphe et y déposent des grains de riz, de blé et des brins de basilic. Dans les autres salles fonctionne désormais un musée de l’approvisionnement en eau : on y expose des outres en cuir, des récipients métalliques et d’anciennes conduites en céramique. Sous le dôme conique se trouve le puits qui a donné son nom au sanctuaire ; à côté repose la planche qui associa à ce puits la tombe du prophète, une tombe dont l’existence était déjà contestée il y a six siècles.

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréeextérieur libre d’accès ; musée avec billet

L’extérieur est accessible en permanence ; un musée de l’histoire de l’approvisionnement en eau de Boukhara est installé à l’intérieur, mais les horaires actuels et la billetterie doivent être confirmés sur place.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Si le musée est ouvert, cherchez les outres des porteurs d’eau, les récipients et les conduites en céramique. Si l’entrée est fermée, observez la silhouette du bâtiment, composée de plusieurs éléments, et terminez le récit à l’extérieur.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Terminez la promenade près du puits et de la planche sculptée, là où l’eau rencontre la dernière controverse de l’itinéraire.

Étape 9 sur 9Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La vieille Boukhara : eau, commerce et pouvoir » — 9 étapes, 2,7 km, 3 h 40 min.

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