Étape 2 sur 8

Chaussures au bord du Danube

Cipők a Duna-parton

Cette étape montrera comment un crime sans tombes a reçu une forme matérielle de mémoire.

15 min
Mémorial Chaussures au bord du Danube
Andrew Milligan sumo · CC BY-SA 2.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
12345678

0 sur 8 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Bottes en fonte pour hommes
  • Souliers pour femmes
  • Petits souliers pour enfants
  • Pierres, fleurs et bougies

L’histoire du lieu

Taille du texte

Tout près de l’eau se trouvent des chaussures en fonte de tailles différentes : pour hommes, pour femmes et pour enfants ; des tiges de fer maintiennent chaque paire dans la pierre. En deux mille cinq, le mémorial a été composé d’après des modèles de chaussures des années quarante que le sculpteur Gyula Pauer avait retrouvés spécialement pour ce travail. Les soixante paires ne sont pas liées à des victimes dont l’identité est établie et n’indiquent pas des lieux de fusillade distincts : les meurtres ont eu lieu sur différents tronçons des deux rives, et cette bordure de quai a été choisie parce que le courant emportait les corps. Des pierres, des fleurs et des bougies sont maintenant déposées dans les souliers et les bottes vides.

On obligeait d’abord les gens à se déchausser. Dans le Budapest en temps de guerre, de bonnes chaussures étaient un bien précieux : on pouvait les porter soi-même ou les vendre. Des membres armés du Parti des Croix fléchées ordonnaient aux victimes de laisser leurs bottes et leurs souliers sur la pierre, parfois d’y placer les montres et bijoux qui leur avaient été pris. Les meurtriers emportaient tout cela après les fusillades.

Le Parti des Croix fléchées était un mouvement fasciste hongrois. Le quinze octobre mille neuf cent quarante-quatre, avec le soutien de l’Allemagne, il prit le contrôle du pays. Ses unités recherchaient les Juifs à Budapest, faisaient irruption dans les maisons et les hôpitaux, sortaient les gens du ghetto et des maisons protégées par les ambassades neutres. Hommes, femmes, vieillards et enfants étaient amenés au Danube par groupes d’environ cinquante personnes.

Au bord du quai, on plaçait les gens face à l’eau et on les fusillait de sorte que les corps tombent dans le fleuve. Parfois, on attachait deux ou trois personnes ensemble et l’on ne tirait que sur l’une d’elles : le corps mort entraînait les autres. Si quelqu’un faisait surface, on tirait de nouveau depuis la rive. Le courant emportait les corps ; nombre de victimes n’ont donc pas eu de sépulture identifiée.

Les soixante paires devant nous ne proviennent pas d’un même groupe retrouvé et ne marquent pas l’endroit où se tenait chaque personne en particulier. Les fusillades ont eu lieu sur différents tronçons des rives de Pest et de Buda. Ce tronçon de quai a été choisi comme symbole : les meurtres étaient organisés au bord même de l’eau, parce que le fleuve emportait aussitôt les corps. Le lien spatial avec le crime est préservé ici, mais il ne reste aucune trace matérielle des fusillades elles-mêmes.

En deux mille cinq, le réalisateur Can Togay et le sculpteur Gyula Pauer ont ramené sur la rive ce qui restait des victimes : des chaussures vides. Pauer a retrouvé de véritables modèles des années quarante et, à partir d’eux, a fabriqué des bottes pour hommes, des souliers pour femmes et des petits souliers pour enfants. Il a lié le nombre de paires à la taille habituelle des groupes amenés au fleuve. Le seize avril, la composition a été inaugurée, et les chaussures en fonte ont été fixées par des tiges de fer dans la bordure de pierre du quai.

Les véritables souliers des victimes furent emportés par les meurtriers. Dans les paires en fonte apparues ici soixante ans plus tard, on dépose maintenant des pierres du souvenir, des fleurs et des bougies.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantAcadémie hongroise des sciences
Entréede l’extérieur

Espace ouvert sur le quai ; comportez-vous comme auprès d’un mémorial, et non comme dans une zone photo.

Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne vous placez pas à l’intérieur de la composition et ne déplacez pas les objets laissés sur place ; laissez aux autres visiteurs le temps de se recueillir en silence auprès du mémorial.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Laissez le mémorial derrière vous et longez l’eau jusqu’au bâtiment de l’Académie hongroise des sciences.

Étape 2 sur 8Ensuite : Académie hongroise des sciences

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La rive du Danube à Pest : du Parlement hongrois à la place Vörösmarty » — 8 étapes, 2,2 km, environ 2 heures.

Sans App Store ni Google Play

Installer Guide On Map comme application

Une icône apparaîtra sur l’écran d’accueil et le site s’ouvrira sans l’interface du navigateur.

Android · Chrome
  1. Si « Installer maintenant » apparaît, touchez-le puis confirmez.
  2. Sinon : menu ⋮ → « Installer l’application ».
iPhone · Safari
  1. Touchez le bouton « Partager » en bas de Safari.
  2. Choisissez « Sur l’écran d’accueil », puis « Ajouter ».
Icône sur l’écranMode plein écranItinéraires hors ligneProgression de la promenade