Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Cinq parterres carrés
- Rangées de fontaines
- Platanes taillés
- Terrasse supérieure avec le long motif de parterres
L’histoire du lieu
Cinq parterres carrés descendent le versant vers la ville basse ; entre eux passent des allées transversales, des fontaines et des rangées de platanes taillés. Le jardin repose sur une dalle de béton : sous les parterres, des salles de conférence sont en activité et un parking automobile a été aménagé. Seul un mètre quarante de terre a été laissé pour les racines, et depuis la terrasse supérieure, les parterres distincts se rassemblent en un long motif.
En mille huit cent quatre-vingt-quatorze, le bourgmestre de Bruxelles Charles Buls présenta au conseil municipal un plan de réaménagement de ce versant. Le quartier Saint-Roch se trouvait ici : rues étroites, escaliers, impasses, maisons d’habitation et boutiques. Le commerce faisait vivre leurs propriétaires, et les taxes perçues sur ces établissements représentaient une part notable du budget municipal. Buls voulait assainir le quartier, mais conserver le réseau de rues médiéval et ne faire passer sur le versant qu’une seule route en courbe douce.
Léopold II, roi des Belges, voulait autre chose. Il voulait dégager la colline pour un musée, une bibliothèque, des archives et des institutions scientifiques. Le roi commença à acheter des parcelles à Saint-Roch, et la subvention de l’État à la ville fut conditionnée à l’adoption du projet de son architecte Henri Maquet. Le conseil rejeta la proposition de Buls et accepta l’argent. En mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, on commença à démolir les maisons et les boutiques de Saint-Roch. Buls resta bourgmestre encore deux ans, puis démissionna ; sa défaite dans le conflit sur le quartier fut l’une des raisons de son départ.
Mais le déblaiement n’apporta pas les constructions promises. En mille neuf cent huit, le Parlement rejeta le projet de Maquet, et un immense terrain vague resta à l’emplacement de Saint-Roch déjà démantelé. Le nom, toutefois, s’imposa : dès mille neuf cent deux, Maquet avait intitulé son projet « Mont des Arts », car il comptait y installer les principales collections culturelles du pays.
Il restait deux ans avant l’Exposition universelle. Léopold II, roi des Belges, paya de ses propres fonds l’aménagement temporaire et chargea Jules Vacherot, ancien jardinier en chef de l’Exposition universelle de Paris, de dissimuler le terrain vague. Vacherot aménagea sur le versant des terrasses et des escaliers, créa des parterres, des cascades d’eau et une plateforme offrant une vue sur la ville basse. Le jardin temporaire subsista environ quarante-cinq ans.
Au milieu du vingtième siècle, il fut finalement démantelé pour faire place au complexe définitif du Mont des Arts. Sous l’esplanade, on construisait le Palais des Congrès et un parking automobile de trois niveaux. Le ministre des Travaux publics Omer Vanaudenhove chargea son conseiller aux espaces verts, René Pechère, de ramener un jardin ici. Pechère, qui avait auparavant dirigé le service des parcs de Bruxelles, disposa sur la dalle de béton cinq parterres carrés, des allées transversales, des rangées de fontaines et de platanes taillés. Depuis la terrasse supérieure, les parterres distincts devaient former un seul long motif. Le nouveau jardin fut achevé pour l’Exposition universelle de mille neuf cent cinquante-huit.
Les arbres et les arbustes n’ont ici qu’un mètre quarante de terre ; en dessous se trouvent une couche de drainage et une dalle de béton. Sous les parterres se trouvent des salles de conférence et un parking. En surface, il ne reste rien des rues de Saint-Roch ni des terrasses de Vacherot.
Sur place
Terrasse urbaine ouverte ; l’accès et l’éclairage peuvent varier selon les événements et l’entretien.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous limitez pas à la vue centrale : empruntez les allées latérales et arrêtez-vous là où la différence de niveau est visible.
