Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Dôme doré
- Corps central en brique rouge
- Portique blanc
L’histoire du lieu
Au-dessus du corps central en brique rouge s’élève un dôme doré, tandis qu’à l’entrée, un portique blanc organise la façade en une symétrie rigoureuse. À l’intérieur travaillent les deux chambres de la législature du Massachusetts et le bureau du gouverneur ; c’est d’ici que l’État mène ses affaires publiques. Charles Bulfinch a construit le corps central, mais son aspect actuel, familier, ne s’est pas imposé tout de suite : la façade était d’abord blanche, le dôme de cuivre n’était pas encore doré et la brique rouge fut mise à nu plus tard.
Devant nous se trouve le capitole du Massachusetts : le Sénat et la Chambre des représentants de l’État y siègent, et le bureau du gouverneur s’y trouve également. En mille huit cent quarante-deux, l’affaire de George Latimer y aboutit : un homme que le tribunal de Boston ordonna de renvoyer en esclavage.
George et sa femme enceinte, Rebecca, s’enfuirent de Virginie parce qu’ils ne voulaient pas élever leur enfant en captivité. Ils arrivèrent à Boston, mais une connaissance reconnut George dans la rue. James Gray, l’homme qui avait réduit George en esclavage et qui exigeait son retour, arriva à sa suite. Pour faciliter l’arrestation, Gray accusa le fugitif d’avoir volé de l’argent et des marchandises dans sa boutique.
Au Massachusetts, l’esclavage avait déjà été aboli à cette époque, mais la loi fédérale de mille sept cent quatre-vingt-treize permettait de rechercher les personnes asservies qui s’étaient enfuies et de les rendre à leurs anciens maîtres. Le tribunal donna raison à Gray. George dit à son avocat qu’il préférait mourir et que, s’il était ramené à Norfolk, Gray pourrait le tuer.
George fut détenu dans la prison municipale. Plus de trois cents Bostoniens noirs tentèrent de le libérer, et une foule se rassemblait constamment devant le bâtiment. Les geôliers redoutaient un nouvel assaut et déclarèrent que, s’ils libéraient Latimer pour qu’il témoigne, ils ne l’accepteraient plus de nouveau. Gray comprit qu’il ne pourrait pas garder son prisonnier seul. Il exigea d’abord mille cinq cents dollars pour la liberté de George, puis accepta quatre cents dollars. Le pasteur Nathaniel Colver paya cette somme et fit établir que Latimer était libre. Gray quitta la ville, et la femme qui avait réduit Rebecca en esclavage renonça à la poursuivre.
Après sa libération, Latimer lui-même parcourut le Massachusetts et prit la parole lors de réunions. Il voulait que le prochain fugitif ne dépende ni d’une rançon ni de la volonté d’une foule de se rendre à la prison. Les abolitionnistes recueillirent soixante-quatre mille cinq cent vingt-six signatures sous une pétition adressée à la législature.
Dans ce Massachusetts State House, les deux chambres adoptèrent la Loi sur la liberté personnelle du Massachusetts. Le vingt-quatre mars mille huit cent quarante-trois, le gouverneur Marcus Morton l’approuva. La loi interdisait aux fonctionnaires du Massachusetts d’aider à arrêter les personnes qui avaient fui l’esclavage, et les prisons ainsi que les autres bâtiments publics de l’État, des comtés et des villes ne pouvaient plus servir à les détenir. D’autres États du Nord adoptèrent ensuite des lois semblables. On l’appelle encore la loi Latimer.
Le corps central devant nous est le bâtiment même de Charles Bulfinch où la pétition fut examinée. Seulement, le jour où la loi fut adoptée, sa façade était peinte en blanc et le dôme restait en cuivre : la brique rouge fut dégagée et la dorure appliquée plus tard.
Sur place
La façade est visible depuis la rue. Visites guidées selon la page de la législature : de 10:00 à 15:30, environ 45 minutes, selon les horaires en vigueur et après vérification avant la visite.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour ce récit, il suffit de l’observer de l’extérieur. Vérifiez séparément, selon les règles officielles du bâtiment, s’il est possible d’entrer ou de se joindre à une visite guidée.
