Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Maison n° 61
- Larges portes
- Enseigne « Village Notre-Dame »
- Vitrines des antiquaires
L’histoire du lieu
Les larges portes dans les façades de pierre sont conçues pour les marchandises lourdes : derrière elles s’étendent de profonds niveaux inférieurs aux voûtes basses. Cette rue a longtemps fonctionné comme une partie du quartier commerçant, où les marchandises passaient de la chaussée vers des locaux fermés plutôt que d’être exposées à la vue. La maison soixante et un se reconnaît facilement à l’enseigne Village Notre-Dame : dans son ancienne imprimerie, des boutiques distinctes sont aujourd’hui réunies sous un même toit. Ici, à côté des meubles, on vend des objets du milieu du siècle dernier ; on y trouve aussi des galeries, des cafés et des magasins de vêtements.
Sur la plaque de rue subsiste le nom d’une église disparue. En mille six cent soixante-sept, les Carmes déchaussés établirent un couvent près de la route qui traversait une plaine marécageuse hors de la ville. Ils dédièrent leur église à Notre-Dame — la Vierge Marie —, et cette dédicace passa à la voie principale du quartier. L’église carmélite fut ensuite démolie ; l’église Saint-Louis-des-Chartrons se dresse à sa place, tandis que la rue a conservé l’ancien nom.
Au cours des siècles suivants, les négociants en vin la bordèrent de maisons percées de larges ouvertures et de salles voûtées au rez-de-chaussée : il était commode de faire rouler les tonneaux à travers ces portes. Lorsque, au vingtième siècle, les maisons de négoce eurent besoin de grands entrepôts modernes hors du centre, une partie de ces locaux se vida. Ils convenaient mieux aux antiquaires : les gros meubles passaient par les anciennes portes, et les profonds rez-de-chaussée pouvaient être divisés en salles de vente.
La transformation la plus visible eut lieu dans la maison numéro soixante et un. En mille neuf cent quatre-vingt-deux, Jacques Dubourg, antiquaire professionnel et l’un des créateurs de la nouvelle galerie, occupa avec ses collègues une ancienne imprimerie. Ils divisèrent deux étages en stands distincts et ouvrirent le Village Notre-Dame, première galerie permanente d’antiquités en Aquitaine. Chaque marchand resta indépendant : il trouvait, restaurait et vendait lui-même les objets dont dépendait son revenu. Dubourg ne devint pas non plus un simple gestionnaire. Pour le vingt-cinquième anniversaire de la galerie, il exposait son propre luminaire hollandais en bronze du dix-septième siècle et racontait lui avoir rendu son éclat avec du savon de Marseille ordinaire.
Des dizaines de stands s’installèrent sous un même toit, et l’acheteur n’avait plus besoin d’attendre une rare foire. Au vingt-cinquième anniversaire, environ vingt antiquaires travaillaient ici ; leurs marchandises occupaient trente sections. Dubourg dirigea encore la galerie pendant de nombreuses années. En deux mille dix-neuf, un nouveau propriétaire acheta le bâtiment ; Dubourg se retira de la direction, mais les antiquaires restèrent.
Aujourd’hui, des boutiques distinctes occupent toujours l’ancienne imprimerie et, autour d’elles, les anciens marchands de meubles côtoient des vendeurs d’objets des années cinquante, soixante et soixante-dix, des galeries, des cafés et des magasins de vêtements. Au-dessus de l’entrée de la maison numéro soixante et un est inscrit « Village Notre-Dame », bien que ni l’imprimerie ni l’église carmélite qui a donné ce nom à la rue n’y soient encore en activité.
Sur place
Rue urbaine ouverte ; les boutiques, antiquaires et galeries ont leurs propres horaires.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les maisons depuis l’espace public : les portes des anciens bains peuvent être fermées, et les boutiques comme les galeries ont leurs propres horaires.
