Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La rangée ininterrompue d’arcades en brique
- Le médaillon commémoratif entre les arcades
- L’image de la Madone à l’Enfant dans la lunette
L’histoire du lieu
Parmi les travées de brique identiques, deux marques personnelles de cette galerie couverte ont été conservées. Dans la lunette entre la cent quarante-deuxième et la cent quarante-troisième arcades subsiste une image de la Vierge à l’Enfant, commandée par les serviteurs de la maison Albergati sous leur nom collectif. Dix travées plus tôt, un médaillon commémoratif signale l’endroit d’où commença l’aménagement de ce tronçon de chemin destiné aux pèlerins et au transport annuel de l’icône.
Depuis la porte Saragozza, le Portico di San Luca s’étire sur un terrain plat le long de la via Saragozza. Le parcours annuel de l’icône passait déjà par cette porte, mais au-delà, la procession empruntait une route à découvert. Un kilomètre et demi d’arcades jusqu’à Meloncello furent construits avant la montée sur la colline.
En mille six cent cinquante-cinq, le Sénat de Bologne reçut deux projets de chemin couvert et ajourna les deux : on ne trouva pas d’argent pour une telle construction. Ludovico Gennari reprit le projet. Il était chapelain de l’hôpital San Biagio, où l’on accueillait les pèlerins. Sa mission était d’obtenir un passage dont pourraient se servir à la fois les pèlerins et la procession avec l’icône. Après l’échec auprès de la caisse municipale, il commença à recueillir des dons.
En mille six cent soixante-treize, Gennari créa un comité privé. Il fut soutenu par le marquis Girolamo Albergati et Ferdinando Monti Bendini, de la Confrérie de Sainte-Marie-de-la-Mort, chargée du transport de l’icône. Ils obtinrent l’autorisation du Sénat de Bologne et engagèrent l’architecte Gian Giacomo Monti.
Le chantier ne commença ni à la porte ni au pied de la colline. Le vingt-huit juin mille six cent soixante-quatorze, les ouvriers entamèrent le premier tronçon à peu près au milieu de l’actuelle partie plane, entre la cent trente-deuxième et la cent trente-troisième arcades, en face de l’Osteria del Moro qui existait alors. À partir de là, le portique fut prolongé le long de la route, en finançant par des dons les arcades et les ornements séparément.
Les donateurs ne comptaient pas que des marquis. Les serviteurs de la maison Albergati commandèrent pour le portique une image de la Madone à l’Enfant. Elle a été conservée dans la lunette entre la cent quarante-deuxième et la cent quarante-troisième arcades. Leurs revenus dépendaient d’une seule famille noble ; pourtant, ils laissèrent leur commande sous leur propre nom collectif, celui des serviteurs de la maison Albergati.
En mille sept cent un, le tronçon en terrain plat atteignit Meloncello. La même année, Gennari mourut à Pieve di Cento : il vit la route achevée sur le terrain plat, mais non l’achèvement de tout le portique. Pour la première fois, l’icône ne passa sous une chaîne ininterrompue d’arcades qu’en mille sept cent dix-sept.
Le lieu du début des travaux est toujours signalé par un médaillon commémoratif entre la cent trente-deuxième et la cent trente-troisième arcades. Dix arcades plus loin se trouve encore la Madone payée par les serviteurs des Albergati.
Sur place
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