Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Mur d’acier avec des photographies
- Noms et dates gravés
- Cases vides
- Plaque « à la victime inconnue du mur de Berlin »
L’histoire du lieu
Après la division de la ville, une bande frontalière surveillée fut aménagée sur l’ancien territoire du Sophien-Friedhof. Le long du trottoir se dresse un mur d’acier avec les portraits de personnes mortes au mur de Berlin ; sous les photographies sont gravés les noms et les années de vie. Des cases vides ont été laissées pour les personnes dont les photographies n’ont pas encore été retrouvées, et pour celles dont les chercheurs doivent encore établir le nom. À côté, une ancienne plaque est incrustée dans le pavement et y désigne le mort comme inconnu.
Le quatre septembre mille neuf cent soixante-deux, Ernst Mundt, âgé de quarante ans, arriva ici à vélo. Cet ancien menuisier ne pouvait déjà plus travailler pour des raisons de santé ; il vivait seul dans un appartement d’une pièce à Prenzlauer Berg et touchait une pension d’invalidité. Sa mère et d’autres proches se trouvaient à Berlin-Ouest. Après la construction du mur, il ne pouvait pas les rencontrer ; sa mère soutenait son fils en lui envoyant des colis de nourriture et d’objets du quotidien.
Mundt avait l’intention de franchir la frontière. Même les documents de l’enquête ultérieure ne permettent pas de savoir pourquoi il se décida précisément ce jour-là. Les voisins purent seulement dire qu’il condamnait ouvertement la fermeture de la frontière.
Sur la Bergstraße, des barbelés barraient la route. Mundt laissa son vélo, grimpa sur le mur d’enceinte du Sophien-Friedhof et marcha sur sa crête vers la Bernauer Straße. Le sommet du mur était hérissé d’éclats de verre. En contrebas se trouvaient des tombes, entre lesquelles patrouillaient des gardes-frontières : après la division de la ville, ce cimetière paroissial ordinaire avait été intégré à une bande surveillée.
Les visiteurs et les sentinelles exigèrent que Mundt descende. Il continua d’avancer. À environ cent mètres d’ici, deux agents de la police des transports de la République démocratique allemande (RDA) étaient de service : cette unité armée protégeait les installations ferroviaires et la frontière près du Nordbahnhof. L’un d’eux tira d’abord en l’air, puis visa le fugitif. La balle atteignit Mundt à la tête. Il tomba du mur du côté du cimetière et mourut sur place.
Sa casquette passa la frontière et tomba à Berlin-Ouest. Les experts en criminalistique y relevèrent des traces de blessure par arme à feu. Ce fut le seul objet qui permit aux personnes du côté ouest de comprendre ce qui s’était passé : les gardes-frontières emportèrent rapidement le corps avant que la police et les journalistes aient pu s’approcher du lieu.
La mère de Mundt envoya des demandes, mais ne reçut aucune réponse. Les proches de Berlin-Est apprirent seulement que la personne tuée était probablement Ernst. Son frère cadet vint alors de Krefeld et obtint un entretien avec le procureur. On lui annonça que Mundt avait été blessé lors d’une « provocation à la frontière » et qu’il était mort. À ce moment-là, des agents de la sécurité d’État avaient déjà ordonné la crémation du corps et l’inhumation d’une urne sans nom au cimetière de Baumschulenweg.
Le tireur reçut le jour même une médaille et une prime en argent. Trente-deux ans plus tard, un tribunal berlinois le reconnut coupable d’homicide involontaire et le condamna à deux ans de prison avec sursis.
Sur le trottoir ouest, on avait alors érigé une croix pour un homme dont les témoins ne connaissaient pas encore le nom. Plus tard, une plaque fut incrustée dans le pavement avec les mots « à la victime inconnue du mur de Berlin » et la date de sa mort. La plaque resta ici même après que des documents eurent permis d’établir que le mort s’appelait Ernst Mundt.
À côté se trouve la « Fenêtre du souvenir ». Des photographies de personnes mortes au mur de Berlin sont insérées dans une paroi d’acier ; sous les portraits sont gravés les noms et les dates de vie. Des cases vides ont été laissées pour ceux dont les photographies n’ont pas pu être retrouvées, et pour les noms que les chercheurs pourront encore établir. Le mémorial fut installé sur l’ancien territoire du Sophien-Friedhof, où passait la frontière et où Mundt fut tué. L’acier porte désormais son visage et son nom, tandis qu’au sol, l’ancienne plaque le désigne toujours comme inconnu.
Sur place
La partie extérieure du mémorial est accessible chaque jour de 08:00 à 22:00 ; il est préférable de lire les détails de la Fenêtre du souvenir à la lumière du jour.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le mémorial tranquillement et ne cachez pas les portraits aux autres visiteurs. Il vaut mieux ne pas déplacer les marques personnelles laissées près du mur.
