Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Église de pierre
- Cour de l’église
- Maison paroissiale à l’emplacement de l’école
- Plaque commémorative à Joakim Vujić
L’histoire du lieu
L’église Saint-Nicolas en pierre remplaça ici une ancienne église en bois : elle fut construite pour la paroisse orthodoxe de Zemun au milieu du dix-huitième siècle. La paroisse ne se limitait pas aux offices : une école primaire pour les enfants des familles orthodoxes se trouvait dans l’enceinte de l’église, et la communauté elle-même l’entretenait ; une maison paroissiale se dresse désormais à son emplacement. La dédicace est liée à la commémoration de la Translation des reliques de saint Nicolas. Pour une ville dont le commerce reposait sur le Danube, il était le protecteur de ceux qui partaient en voyage sur l’eau, et l’intérieur conserve encore une parcelle de ses reliques.
À l’été mille huit cent six, l’instituteur et traducteur Joakim Vujić arriva à Zemun, avec l’intention de traverser la Save. Sur l’autre rive, les insurgés de Karađorđe combattaient l’Empire ottoman, et Vujić espérait obtenir un emploi auprès d’eux. Il ne put franchir la frontière. Il dut rester à Zemun et gagner sa vie en donnant des leçons particulières de français et d’italien.
En janvier mille huit cent sept, la communauté orthodoxe l’engagea comme instituteur dans l’école primaire serbe rattachée à l’église Saint-Nicolas. L’école se trouvait directement dans la cour de l’église. La paroisse entretenait alors les classes, payait les instituteurs et décidait de ce qu’apprendraient les enfants des familles orthodoxes. L’église de pierre voisine fut construite entre mille sept cent quarante-cinq et mille sept cent cinquante-deux, à l’emplacement d’une ancienne église en bois.
Les écoles étaient dirigées par l’archiprêtre de Zemun Mihailo Pejić, chef de la communauté orthodoxe chargé de l’ordre dans la paroisse. Vujić voulait imprimer ses traductions et pensait toujours à la Serbie. À l’automne mille huit cent huit, après un conflit avec Pejić, la communauté mit fin au contrat de l’instituteur. Vujić resta en ville et vécut les cinq mois suivants de l’argent de ses leçons particulières.
Puis des pamphlets anonymes contre l’archiprêtre apparurent, et on les attribua à l’instituteur renvoyé. Lors d’une perquisition dans la chambre de Vujić, on trouva un lot de calendriers préparé pour être envoyé en Serbie. Pour l’administration militaire de Zemun, ville frontalière, cela suffit pour soupçonner une liaison secrète avec les insurgés et Karađorđe.
Plus tard, Vujić affirma que Pejić l’avait déclaré ennemi de l’État. Les documents ne prouvent pas que ce fut précisément l’archiprêtre qui obtint son arrestation. L’issue est connue : les enquêteurs ne conclurent pas à sa culpabilité, mais Vujić passa plusieurs mois dans la prison de Zemun. Il y traduisit Le Jeune Robinson et le récit Alexis et Nadine. Après sa libération, le commandement militaire lui interdit de vivre sur tout le territoire des Confins militaires et l’envoya sous escorte dans sa ville natale de Baja. Dès l’année suivante, les deux traductions de prison parurent à Buda. Par la suite, Vujić monta des spectacles en langue serbe et dirigea le premier théâtre serbe permanent.
La dédicace complète de l’église est Translation des reliques de saint Nicolas. Nicolas était évêque de Myre en Lycie ; les chrétiens le vénéraient comme le protecteur des voyageurs et des marins. En mille quatre-vingt-sept, des hommes de la ville italienne de Bari emportèrent ses restes de Myre et les apportèrent dans leur ville. La commémoration de ce transfert devint une fête religieuse distincte. La paroisse de cette ville commerciale du Danube eut pour protecteur céleste saint Nicolas, patron de ceux qui partaient en voyage sur l’eau. Aujourd’hui, les offices s’y poursuivent, et l’intérieur conserve une parcelle des reliques de saint Nicolas lui-même.
Le bâtiment de l’ancienne école n’a pas subsisté. Une maison paroissiale se dresse à son emplacement, et une plaque portant le nom de Joakim Vujić et les années de son travail ici — de mille huit cent sept à mille huit cent neuf — est fixée au mur.
Sur place
Église orthodoxe en activité ; l’accès à l’intérieur dépend des offices et du fonctionnement paroissial. L’observation extérieure est possible depuis la rue et la cour lorsque l’accès est ouvert.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une église orthodoxe en activité : entrez en silence, ne passez pas devant les personnes en prière et renseignez-vous sur place sur les règles de prise de vues.
