Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pignon à gradins
- Branches d’amandier sur la façade
- Armoiries familiales
L’histoire du lieu
Derrière le pignon à gradins se cache une maison conçue d’emblée pour plusieurs façons de vivre. Le vestibule et l’étage principal furent remaniés pour la famille des propriétaires, tandis que les autres étages restèrent des appartements séparés à louer. Un studio photographique fonctionnait sous la haute toiture, et une collection d’art était conservée entre les pièces d’habitation. À l’extérieur, des armoiries et des branches d’amandier se répètent dans la pierre, jouant sur la consonance du nom de famille.
La Casa Amatller porte le nom des personnes qui y vivaient : l’industriel Antoni Amatller et sa fille unique, Teresa. La famille tirait son argent du chocolat. À dix-neuf ans, Antoni hérita d’une fabrique, en transforma la production et fit de l’entreprise familiale l’une des plus importantes d’Espagne. Avec ces revenus, il achetait des œuvres d’art, pratiquait la photographie et, en mille huit cent quatre-vingt-dix-huit, acquit sur le Passeig de Gràcia un immeuble de rapport ordinaire.
Josep Puig i Cadafalch remania pour lui la façade, le vestibule et l’étage principal. Dans les pièces donnant sur la rue s’installèrent le père et sa fille ; entre leurs chambres, Antoni plaça les plus belles pièces de sa collection, et sous la haute toiture à gradins, il aménagea un studio photographique. Les autres étages conservèrent leur division en appartements séparés. Il en résulta une maison familiale qui rapportait aussi un revenu, abritait la collection de son propriétaire et annonçait son nom aux passants : dans la pierre se répètent des armoiries et des branches d’amandier, jeu sur la consonance du nom Amatller.
Antoni régla à l’avance le sort de tous ces biens. Dans son testament, il indiqua que, si Teresa mourait sans héritiers, la maison devrait être transformée en musée de sa collection. En mille neuf cent dix, Antoni mourut. Teresa reçut les fabriques, les œuvres d’art, les photographies et le bâtiment où elle continua à vivre. Elle ne se maria pas, n’eut pas d’enfants et confia la gestion quotidienne de la production de chocolat à des administrateurs salariés.
Exécuter littéralement le testament de son père aurait signifié laisser au public un ensemble de belles pièces. Teresa choisit pour la maison un destin plus actif. Son conseiller artistique, Josep Maria Gudiol i Ricart, proposa d’associer au musée une bibliothèque et une photothèque dont les chercheurs pourraient se servir. En mille neuf cent quarante et un, Teresa fonda ici l’Institut Amatller d’Art Hispànic, présida elle-même ses administrateurs et désigna la fondation comme héritière de sa fortune. Quelques mois plus tard, elle acheta les archives du photographe Adolf Mas, une immense collection de clichés de monuments et d’œuvres d’art. Ainsi, l’intérêt privé de son père pour la photographie se poursuivit comme outil professionnel pour les historiens.
Après la mort de Teresa, en mille neuf cent soixante, l’institut occupa les pièces familiales. Des livres et des postes de travail apparurent dans le salon et le salon de musique, mais les employés conservèrent la plus grande partie du mobilier, la collection et les documents familiaux. Un demi-siècle plus tard, les restaurateurs purent donc rendre à l’étage principal l’aspect d’un appartement habité de mille neuf cents.
À présent, un musée-maison est ouvert dans les anciennes pièces d’Antoni et de Teresa. La bibliothèque, la photothèque et les employés de l’institut se trouvent aux autres étages. Sur la façade subsistent les branches d’amandier de la famille Amatller et, derrière elle, la maison et les biens que le dernier membre de cette famille a transmis à la fondation qu’elle avait créée.
Sur place
Casa Amatller : la page officielle indique des visites quotidiennes de 10:00 à 19:00 ; vérifiez les créneaux, les langues et les exceptions avant l’achat.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade et les détails de l’entrée peuvent être observés depuis la rue. Les pièces, les espaces de service et les couches cachées de la maison ne sont accessibles que dans le cadre d’une visite distincte, qu’il vaut mieux réserver à l’avance.
