Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Maison blanche de deux étages
- Numéro 19
- Grilles de l’UNICEF
- Longue clôture de rue
L’histoire du lieu
La rue Phra Athit tire son nom du fort Phra Athit, la « forteresse du Soleil ». Il fut construit parmi les quatorze fortifications du nouveau Bangkok à la fin du dix-huitième siècle. Le siège n’eut jamais lieu. Au siècle suivant, les habitants démontèrent les remparts qui gênaient la ville et tracèrent ici une route. Il ne reste rien du fort lui-même, mais son nom est resté sur les plaques de rue.
Du côté du fleuve, de longues clôtures et des bureaux de représentation d’organisations internationales bordent la route. Ces terrains étaient autrefois occupés par les palais de nobles liés au Palais de devant voisin. L’un d’eux subsiste au numéro dix-neuf : une maison blanche de deux étages derrière les grilles de l’UNICEF. On l’appelait autrefois le palais de la rue Phra Athit, puis la résidence Tha Chang.
Au début des années quarante, le gouvernement y installa Pridi Phanomyong, l’un des dirigeants du Parti du peuple (Khana Ratsadon). Il était alors régent : il exerçait les fonctions du monarque pendant que le jeune roi Ananda Mahidol se trouvait à l’étranger. La maison appartenait à l’État et servait à la fois de logement et de résidence de travail. Plus tard, Pridi quitta ses fonctions publiques, mais continua à vivre ici avec sa femme Punsuk et leurs enfants. Le Premier ministre et les commandants de l’armée venaient toujours le consulter.
Le soir du huit novembre mille neuf cent quarante-sept, les militaires déclenchèrent un coup d’État. Ils comptaient saisir Pridi le premier : bien qu’il ne fît plus partie du gouvernement, ils le considéraient comme la principale figure parmi les responsables politiques civils capables d’organiser une résistance. Il fut averti peu avant l’arrivée des soldats. Du côté du fleuve de la résidence, Pridi monta dans un bateau loué et partit par le fleuve Chao Phraya.
Punsuk s’était déjà couchée et ne savait pas où son mari avait disparu. Les phares de véhicules blindés venant du côté des grilles de l’université Thammasat la réveillèrent. Des balles atteignirent l’étage supérieur. Punsuk et les enfants s’allongèrent sur le sol d’une pièce sombre, puis elle cria aux soldats qu’il ne restait dans la maison que des femmes et des enfants. Lorsque les tirs cessèrent, elle descendit vers les hommes armés. L’un d’eux expliqua qu’ils étaient venus changer le gouvernement. Punsuk demanda pourquoi ils venaient alors le faire ici, et non au Parlement. Ils ne lui répondirent pas et fouillèrent les pièces.
Pridi atteignit le quartier général de la marine, puis se cacha à la base navale de Sattahip. Il refusa d’appeler ses partisans à la lutte armée, craignant une guerre civile. Le coup d’État réussit. La tentative de Pridi de revenir en politique deux ans plus tard échoua ; il passa le reste de sa vie à l’étranger et mourut en France. Punsuk quitta la résidence avec les enfants.
Aujourd’hui, le numéro dix-neuf est de nouveau inscrit en grand sur la maison, et l’UNICEF travaille derrière les grilles. Les véhicules blindés approchèrent ce terrain depuis la rue ; de l’autre côté, le fleuve coule toujours, celui par lequel Pridi quitta la maison.
Sur place
Rue municipale ouverte ; les cafés, galeries et bars suivent leurs propres horaires.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Une partie des maisons historiques est occupée par des institutions ou fermée à l’entrée libre ; observez les façades sans franchir les clôtures sans autorisation.
