Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Aire de jeux
- Brouwersgracht au bord de l’aire de jeux
- Place rectangulaire de Herenmarkt
L’histoire du lieu
Dans la partie rectangulaire de Herenmarkt, tout au bord de l’eau, les enfants jouent aujourd’hui. Un hangar en bois se dressait ici ; en hiver, il devenait un point de distribution : on préparait pour les nécessiteux une soupe de gruau, de haricots et de bouillon de viande, et l’on distribuait de la tourbe pour les poêles. Le hangar fut plus tard remplacé par une nouvelle construction, puis démoli au début du vingtième siècle ; Brouwersgracht longe toujours la limite de cette aire de jeux.
Près de Brouwersgracht, Herenmarkt forme une poche rectangulaire entre le canal et Haarlemmerstraat. Les deux noms ont conservé le souvenir de deux groupes de citadins. Brouwersgracht signifie « canal des brasseurs » : on acheminait par eau vers leurs établissements du grain, du houblon, de la tourbe et de l’eau propre, sans laquelle il était impossible de brasser de la bière avec l’eau polluée d’Amsterdam. Depuis mille six cent vingt-deux, Nieuwe Brouwerskade se trouvait précisément entre Herenmarkt et Binnen Brouwersstraat ; c’est là qu’arrivaient les tonneaux venus d’autres villes. Herenmarkt fut nommé en l’honneur des messieurs-régents, représentants de familles aisées que l’on nommait bourgmestres et conseillers municipaux.
À l’été mille huit cent trente-cinq, l’un de ces bourgmestres, Frederik van de Poll, ordonna d’entreposer ici des meubles appartenant à d’autres personnes. Cette décision lui coûta son poste.
Deux ans plus tôt, l’État avait obligé les propriétaires de maisons bon marché à payer une taxe sur les logements rapportant moins de quatre-vingts florins par an. Officiellement, cette somme pouvait être réclamée aux locataires. Mais si un locataire pauvre refusait, le propriétaire ne pouvait vendre les biens du locataire sans passer par un tribunal. Il devait payer de sa poche.
Johannes Blokhoff, un rentier qui vivait des revenus de cent vingt petites maisons, prit la tête d’une association d’environ cinq mille propriétaires. Il réclamait la suppression de l’impôt, d’abord par la négociation, puis en refusant de payer. La dette fiscale de Blokhoff lui-même dépassa mille cinq cents florins, et les fonctionnaires firent inventorier ses biens.
Le trois juillet, les meubles de Blokhoff furent mis aux enchères publiques sur Herenmarkt. Ses partisans avaient décidé à l’avance de faire échouer la vente. Les employés de Blokhoff amenèrent une charrette chargée de pierres et de débris de briques, la foule repoussa les gardes et les enchères durent être interrompues.
Les fonctionnaires des impôts voulaient emporter les biens dans un entrepôt de l’État, à l’autre bout du centre-ville. Le bourgmestre van de Poll choisit un hangar en bois ici, sur Herenmarkt. En hiver, on y distribuait aux nécessiteux de la soupe Rumford faite de gruau, de haricots et de bouillon de viande, ainsi que de la tourbe pour le chauffage. Les meubles confisqués y furent alors transportés et des soldats y furent laissés.
Le soir, les hommes de Blokhoff revinrent avec des gourdins et des haches. Ils brisèrent les fenêtres, forcèrent les portes, chassèrent les soldats et jetèrent les meubles dans Brouwersgracht. Deux propriétaires mirent le hangar le feu. Les pompiers empêchèrent le feu de gagner l’hospice voisin pour orphelins et personnes âgées, mais il ne resta de la construction que des cendres et des débris.
Blokhoff reçut cinq ans de prison, les deux incendiaires huit ans chacun. Le roi reprocha à van de Poll son incapacité à se préparer aux troubles ; le bourgmestre démissionna, bien qu’il devînt plus tard gouverneur d’Utrecht. La mesure fiscale à l’origine du conflit fut supprimée l’année suivante.
Le hangar fut ensuite reconstruit, puis définitivement démoli au début du vingtième siècle. Aujourd’hui, une aire de jeux occupe son emplacement. Brouwersgracht passe tout au bord — ce canal même où les participants à la révolte jetèrent les meubles de Blokhoff.
Sur place
Les quais et les ponts sont accessibles comme espace public, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Regardez d’abord l’ensemble du carrefour formé par les canaux, puis repérez séparément les entrepôts et l’édifice voisin de l’ancienne chambre de la compagnie. Son intérieur n’est pas nécessaire pour achever le parcours.
