Étape 4 sur 9

Palais royal de Turin

Palazzo Reale di Torino

La table conservée transformera l’histoire constitutionnelle en un choix pour un homme entre sa promesse passée et la couronne.

15 min
La façade sévère du Palais royal de Turin derrière la grille du palais.
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À remarquer

  • Salle du Conseil
  • Table en bronze doré
  • Copie en fac-similé du Statut albertin

L’histoire du lieu

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Le Palais royal de Turin servait de résidence aux monarques et de lieu de travail : les ministres s’y réunissaient et les affaires de l’État y étaient décidées. Dans la salle du Conseil, parmi les pièces d’apparat, est conservée une table en bronze doré ; elle porte une copie en fac-similé d’un document dont l’original est conservé aux Archives d’État de Turin.

Dans la salle du Conseil, au premier étage d’apparat du Palais royal de Turin, se trouve une table en bronze doré. Le quatre mars mille huit cent quarante-huit, le roi Carlo Alberto y signa la constitution du royaume de Sardaigne. La famille de Savoie vivait dans ce palais, et c’est également là que le roi réunissait les ministres. C’est donc ici que se décidait ce qu’il était prêt à sacrifier pour conserver la couronne.

Pour Carlo Alberto, cette signature répétait un choix qui avait failli le perdre autrefois. En mars mille huit cent vingt et un, il était prince héritier et gouvernait provisoirement le pays après l’abdication du roi précédent. Des officiers insurgés exigèrent une constitution qui limitait les décisions du monarque, et Carlo Alberto accepta.

Son oncle et nouveau roi, Carlo Felice, cherchait à rétablir l’ancien ordre. Il abolit la constitution, déclara ses partisans rebelles et envoya son neveu avec sa famille à Florence. Pour regagner les faveurs de son oncle, Carlo Alberto partit avec l’armée française en Espagne combattre les partisans locaux de la constitution. En mille huit cent vingt-trois, il jura à Carlo Felice que, s’il obtenait la couronne, il n’accorderait plus jamais de loi fondamentale à ses sujets.

Vingt-cinq ans plus tard, Carlo Alberto était lui-même roi. Le royaume de Sardaigne comprenait alors le Piémont, la Ligurie, la Savoie et l’île de Sardaigne, et Turin en restait la capitale. En janvier mille huit cent quarante-huit, une insurrection à Palerme obligea le roi du royaume des Deux-Siciles à promettre une constitution. Les conseils municipaux de Turin et de Gênes exigèrent eux aussi un gouvernement représentatif. Des gens se rassemblaient dans les rues, tandis que les ministres avertissaient Carlo Alberto qu’un refus prolongé pouvait se terminer par une insurrection.

Le premier février, le roi répondait encore qu’il ne céderait pas à la pression. Le trois février, les ministres reconnurent à l’unanimité qu’une constitution était nécessaire. Le sept février, une réunion se tint au palais, de huit heures du matin jusqu’à environ quatre heures de l’après-midi. Les ministres et les hauts dignitaires discutèrent du futur ordre politique ; quatre participants s’opposèrent à une chambre élue. Carlo Alberto lui-même envisageait sérieusement d’abdiquer. Il aurait ainsi pu conserver son ancien serment, mais aurait perdu la couronne une seconde fois pour la même question.

Le huit février, une proclamation royale en quatorze points fut affichée à Turin : Carlo Alberto promettait un système représentatif. Il fallut encore trois semaines pour préparer le texte intégral. Il n’existait pas encore de Parlement qui aurait pu en discuter. Le roi accorda lui-même à ses sujets quatre-vingt-quatre articles et les signa le quatre mars dans la salle du Conseil.

Le document fut appelé le Statut albertin, d’après Carlo Alberto. Le roi conserva la direction du gouvernement, de l’armée et des affaires étrangères ; il nommait les ministres et les sénateurs à vie. Les lois furent désormais adoptées avec la participation du Sénat et d’une Chambre des députés élue. Le Statut reconnaissait l’égalité devant la loi, l’inviolabilité personnelle, le droit de réunion et une liberté de la presse limitée. Seuls les hommes répondant au cens de propriété et d’imposition pouvaient voter, soit une faible part des habitants.

En mai, le premier Parlement se réunit. Un an plus tard, Carlo Alberto abdiqua après sa défaite militaire à Novare et partit pour le Portugal, où il mourut peu après. Son fils et successeur, Vittorio Emanuele II, conserva le Statut, bien que d’autres monarques italiens aient aboli les constitutions accordées pendant les révolutions. En mille huit cent soixante et un, l’application du document turinois fut étendue au royaume d’Italie unifié. Formellement, il resta sa loi fondamentale jusqu’à l’entrée en vigueur de la constitution républicaine, le premier janvier mille neuf cent quarante-huit.

Aujourd’hui, le palais fait partie des Musées royaux de Turin. Dans la salle du Conseil, la table à laquelle Carlo Alberto rompit le serment prêté pour obtenir un jour la couronne est conservée. Une copie en fac-similé du Statut albertin repose sur la table ; l’original est conservé aux Archives d’État de Turin.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantLa cathédrale et le Saint-Suaire de Turin
Entréesur billet ; cour et façade librement accessibles

Les Musées royaux de Turin sont ouverts du jeudi au mardi de 9:00 à 19:00 ; le mercredi — jour de fermeture ; dernière entrée et billetterie à 18:00.

Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

À l’extérieur, concentrez-vous sur le lien entre la façade et la place. Les salles du trône et du conseil, l’Armurerie et la bibliothèque font partie d’une visite muséale complète, à prévoir séparément.

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Où aller ensuite ?

Sortez par le passage latéral vers la façade de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin.

Étape 4 sur 9Ensuite : La cathédrale et le Saint-Suaire de Turin

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le centre savoyard de Turin : les palais de la première capitale de l’Italie » — 9 étapes, environ 3,1 km, 2 h 30 min.

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