Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Maison n° 5
- Façade principale de la maison n° 10
- Bâtiments de pierre du domaine
L’histoire du lieu
Le long de la rue s’étend un domaine de pierre où une affaire marchande réunissait boutiques, bureau, logement des propriétaires, moulin et entrepôts de marchandises. L’élégante façade commune de la maison numéro dix a mis sur une même ligne des bâtiments qui se dressaient autrefois séparément ; ils furent élevés après que les cours voisines eurent été débarrassées de leurs anciennes constructions. On y transformait le grain et on y vendait des produits du quotidien : magasin, entrepôt et production se retrouvaient donc derrière un même mur. Plus tard, le bâtiment fut confié à un musée ; le moulin et les entrepôts disparurent, mais la façade réunit toujours les contours d’une vaste cour commerciale.
On appelait ici métallistes les ouvriers occupés à travailler le métal. De mille neuf cent douze à mille neuf cent seize, la direction de leur syndicat professionnel se trouvait dans la maison numéro cinq, et un salon de thé du syndicat fonctionnait à côté. En mille neuf cent vingt-quatre, les dirigeants de la ville rebaptisèrent en l’honneur de cette association la rue Piatnitskaïa : elle portait ce nom à cause de l’église de Paraskeva-Piatnitsa qui se trouvait près du kremlin de Toula. La maison numéro cinq a été conservée, et le nom de toute la rue renvoie précisément à ses anciens visiteurs.
La maison numéro dix raconte une autre histoire de Toula. Le pluriel s’est imposé sur la façade — maison des Belolipetski — parce que l’entreprise y fut créée par deux frères. Ivan Mikhaïlovitch Belolipetski, marchand issu d’une famille d’anciens paysans d’État, voulait associer le commerce à sa propre production. Il fournissait à l’usine d’armement de Toula de l’huile de bois et des déchets de filés de coton : on les utilisait pour essuyer les pièces d’armes, les forets et les outils de coupe. Ces commandes rapportaient de l’argent, mais dépendaient de gros acheteurs ; Ivan développa donc son affaire.
En mille huit cent soixante-quinze, il rattacha à son domaine des parcelles voisines, démolit les anciennes constructions et commença à élever des bâtiments de pierre. On y installa une salle des machines, un moulin à farine, un appareil à décortiquer le riz et des entrepôts. En mille huit cent quatre-vingt-onze, le frère cadet, Aleksandr Mikhaïlovitch Belolipetski, investit son capital, et les membres de la famille enregistrèrent la Maison de commerce «Frères Belolipetski à Toula». Le magasin vendait de la farine, des gruaux, de l’huile, du savon, du kérosène, des bougies, de la graisse pour samovars, du café, du cacao et des champignons salés. Un même domaine abritait le bureau de l’entreprise, les locaux commerciaux, des appartements, le moulin et les entrepôts.
Aleksandr Mikhaïlovitch mourut en mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, Ivan Mikhaïlovitch en mille neuf cent deux. Aleksandr Aleksandrovitch Belolipetski, fils du frère cadet, devint l’unique successeur. Il hérita d’une affaire rentable et comptait l’agrandir encore : il acheta de nouvelles parcelles et de nouveaux entrepôts, ajouta le transport de marchandises et continua les livraisons à l’usine d’armement de Toula. En mille neuf cent six, les constructeurs avaient réuni les anciens bâtiments derrière une façade principale, qui a conservé jusqu’à aujourd’hui ses traits essentiels.
Puis la santé d’Aleksandr Aleksandrovitch se dégrada et les revenus de l’entreprise commencèrent à baisser. Le marchand dut vendre les biens immobiliers qu’il avait acquis et mettre en gage ceux dont il avait hérité. Pour que l’entreprise ne dépende pas d’un seul propriétaire malade, il transforma en mille neuf cent treize l’entreprise familiale en société par actions et accepta six cofondateurs. Deux ans plus tard, Belolipetski mourut. Son ami et associé Vassili Deliev prit la direction ; la société continua à commercer jusqu’en mille neuf cent dix-sept.
On associe les pains d’épices de Toula au nom des Belolipetski, mais on ne les fabriquait pas dans cette maison. L’établissement de pain d’épices appartenait à Mikhaïl Grigorievitch Belolipetski, cousin des frères, et se trouvait au bout de la rue Piatnitskaïa, près du pont en fonte. C’était une entreprise distincte, avec d’autres propriétaires.
Après restauration, la maison numéro dix fut confiée à l’antenne touloise du Musée historique d’État. Derrière la façade conservée, il n’y a plus ni moulin ni entrepôts de marchandises, mais c’est bien pour le magasin, le bureau et les appartements des Belolipetski, meuniers et commerçants, qu’elle avait été construite. Il n’y avait pas ici de four à pain d’épices.
Sur place
La rue est accessible en permanence. L’antenne touloise du Musée historique d’État, dans la maison 10, fonctionne selon un calendrier changeant ; avant d’entrer, consultez les horaires officiels et l’affiche.
Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La façade est accessible depuis la rue piétonne, mais la visite de l’antenne touloise du Musée historique d’État demande un temps distinct. Ne cherchez pas ici de production de pain d’épices : elle appartenait à une autre branche des Belolipetski.
