Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Rainures de la herse abaissable
- Dôme ouvragé
- Haute flèche
- Armoiries de Toula
L’histoire du lieu
La porte Odoïevskaïa doit son nom à la route qui commençait près du mur sud du kremlin et menait à Odoïev. Son tracé est conservé par l’actuelle avenue Lénine. Au seizième siècle, les gardes fermaient le passage avec de lourds vantaux de chêne et abaissaient une herse de fer ; ses rainures sont restées dans les murs de la tour.
Deux siècles et demi plus tard, il n’était plus nécessaire de défendre ce passage. Le kremlin tombait en ruine et aucun crédit n’était alloué à son entretien. Mikhaïl Krechetnikov, premier dirigeant de la vice-royauté de Toula récemment créée — l’administration provinciale de l’époque —, devait aménager le nouveau centre régional et surveiller les dépenses. Il ne voulut pas payer la réparation de l’ancienne forteresse et décida de la démolir.
La décision parvint à l’impératrice Catherine la Seconde. Elle ordonna de préserver le kremlin et alloua pour la première fois des fonds publics à sa réfection complète. Le projet de Krechetnikov fut annulé, bien que le vice-roi ne fût pas relevé de ses fonctions : il administra la province jusqu’en mille sept cent quatre-vingt-onze.
En mille sept cent quatre-vingt-quatre, les travaux étaient achevés. Les maîtres ne rétablirent pas l’aspect du seizième siècle, mais transformèrent la forteresse selon le goût de leur époque. Au-dessus de la porte Odoïevskaïa, ils élevèrent un tambour de brique aux arcs brisés, un dôme et une flèche. Ils placèrent sur la flèche un aigle bicéphale, signe de gratitude envers Catherine pour les fonds grâce auxquels, au lieu du démantèlement, la restauration avait commencé.
En juin mille huit cent trente-quatre, un grand incendie urbain détruisit ou endommagea presque tous les dômes de la transformation réalisée sous Catherine. Seul le dôme de la tour Odoïevskaïa resta intact. C’est pourquoi son haut couronnement ouvragé diffère des sommets des autres tours du kremlin.
L’aigle bicéphale resta en place jusqu’en mille neuf cent dix-huit. Ensuite, la flèche porta successivement la faucille et le marteau, un drapeau doré, puis, à la fin des années soixante, les armoiries de Toula. Elles couronnent encore la tour aujourd’hui. Au-dessous demeure le passage d’où partait autrefois la route d’Odoïev.
Sur place
Horaires du musée : lun–jeu et dim 10:00–18:00 ; ven–sam 10:00–20:00 ; la caisse ferme 45 minutes avant ; le dernier mardi du mois est un jour de fermeture sanitaire.
Vérifié : 25 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’arrêt se lit entièrement depuis l’extérieur. Ne cherchez pas une entrée conservée vers un passage secret menant à la rivière : les structures en bois ont été détruites depuis longtemps, et c’est aujourd’hui la logique même d’un tel itinéraire fluvial qui importe.
