Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Haut toit
- Niveau mansardé
- Soubassement de brique
- Murs en rondins
L’histoire du lieu
Un soubassement de brique porte une grande maison en rondins de pin ; une famille y vivait, tandis que des enseignants de l’Institut technologique louaient les pièces du second étage. Sous un même toit se côtoyaient un logement, la bibliothèque de la Société des ingénieurs et des salles de dessin ; on ne venait donc pas ici seulement chez soi. La maison reçut sa propre chaufferie, le chauffage, l’électricité, l’eau courante, un système local d’évacuation des eaux usées, des salles de bains et des toilettes — un équipement rare pour une construction sibérienne en bois. Plus tard, les pièces furent redivisées pour des familles évacuées et, après la restauration, le Musée de l’architecture en bois y ouvrit.
Le haut toit de la maison Kriatchkov dissimule un troisième niveau mansardé. À cause de lui, les pompiers de Tomsk ont failli interdire toute la construction : le règlement n’autorisait les maisons d’habitation en bois qu’à deux étages.
L’auteur du projet, l’ingénieur et enseignant de l’Institut technologique de Tomsk Andreï Kriatchkov, comptait y installer sa famille. Après son mariage, il continua à vivre dans des logements loués, et deux fils naquirent l’un après l’autre. Kriatchkov gagnait sa vie en concevant des projets et en enseignant. Sa propre maison lui donnait la possibilité de vérifier une idée qu’il défendait en tant qu’architecte : la Sibérie possède beaucoup de bois, mais les constructeurs l’utilisent avec trop de prudence. Kriatchkov voulait prouver, avec son propre argent, qu’un logement en bois pouvait être spacieux, chaud et équipé de commodités modernes.
En mille neuf cent neuf, il déposa un projet pour une parcelle de la rue Boulevarnaïa — l’actuel prospect Kirov. Le service des pompiers de Tomsk était responsable de la sécurité des constructions et refusa d’approuver le troisième niveau. Kriatchkov obtint l’examen du projet par le Comité technique de construction de Saint-Pétersbourg, une commission d’État qui étudiait les décisions de construction contestées. Après de longues procédures d’approbation, les pompiers cédèrent. L’architecte apporta des corrections et l’on lui prescrivit d’utiliser des plaques en fonte pour la cuisine.
En mille neuf cent onze, un assemblage de rondins de pin se dressait sur un soubassement de brique ; il comprenait une chaufferie, le chauffage central, l’électricité, l’eau courante, un système local d’évacuation des eaux usées, des salles de bains et des toilettes. Pour une maison sibérienne en bois, un tel équipement était considéré comme presque impossible. Kriatchkov mettait son projet à l’épreuve de la vie quotidienne : sa famille occupait le premier étage, et il louait les pièces du second à des enseignants de l’institut. Sous le toit se trouvaient la bibliothèque de la Société des ingénieurs de Tomsk et des salles de dessin où l’on venait travailler. Cette grande maison assurait à la fois au propriétaire un revenu locatif, servait de logement et accueillait ses collègues.
Kriatchkov comptait transformer cette expérience en un type reproductible. En mille neuf cent seize et mille neuf cent dix-sept, il prépara, sur le modèle de cette demeure, un groupe de maisons en bois pour la cité-jardin du chemin de fer de Koltchougino. Elles ne furent pas construites à cause de la guerre civile. Kriatchkov ne construisit plus aucun autre bâtiment en bois, et la maison de Tomsk resta sa seule expérience réalisée de ce genre.
Après le transfert de l’architecte à Novossibirsk, la maison continua d’être utilisée comme logement. Pendant la Grande Guerre patriotique, douze familles évacuées y furent installées ; elles divisèrent les pièces par des cloisons, et la disposition d’origine disparut. Dans les années mille neuf cent quatre-vingt, le bâtiment brûla deux fois. Les restaurateurs remplacèrent ensuite les couronnes de rondins pourries, les planchers, l’escalier, le perron, les fenêtres et les portes. Les murs porteurs en rondins restèrent inchangés.
Le Musée de l’architecture en bois y est désormais installé. Les pièces où vivaient les Kriatchkov et leurs locataires ne sont plus dans leur état d’origine. En revanche, sous le haut toit, le niveau mansardé même pour lequel l’architecte porta son différend avec les pompiers de Tomsk jusqu’à Saint-Pétersbourg a été conservé.
Sur place
Mardi–dimanche 10:00–18:00 ; lundi — fermé ; billetterie jusqu’à 17:30.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Prévoyez la visite de l’exposition séparément ; même lorsque le musée est fermé, la structure et la hauteur inhabituelle de la maison sont bien visibles de l’extérieur.
