Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Plaque commémorative
- Maçonnerie de brique du premier étage
- Mezzanine
L’histoire du lieu
Au sommet de la colline de la Résurrection, parmi les anciennes constructions, se trouve une maison en brique avec une mezzanine, dont la vieille maçonnerie reste visible au niveau inférieur. Elle était autrefois à pans de bois, mais l’incendie et les années d’abandon n’ont laissé de l’ancienne construction que la base, tandis que le haut fut rebâti en brique. Aujourd’hui, diverses organisations y travaillent ; non loin d’ici, sur cette parcelle, se trouvait autrefois la résidence officielle du commandant de la ville, bien que les chercheurs n’en aient pas encore établi l’emplacement exact.
En août mille sept cent quatre-vingt-onze, Alexandre Radichtchev arriva à Tomsk non comme voyageur. Pour son livre Voyage de Saint-Pétersbourg à Moscou, il fut condamné à mort, puis cette peine fut commuée en dix ans d’exil à l’ostrog d’Ilimsk. En route, les voitures se brisèrent, sa belle-sœur qui voyageait avec lui tomba gravement malade, et ses deux plus jeunes enfants étaient à ses côtés. La famille avait besoin d’un logement, de soins et de temps pour les réparations.
Thomas de Villeneuve, le commandant de Tomsk — le chef militaire de la ville — les accueillit. Sa résidence officielle se trouvait sur la colline de la Résurrection, à cette extrémité de l’actuelle rue Bakounine. L’exilé vécut chez le commandant plus de deux semaines.
Ici, Radichtchev fabriqua un petit ballon en papier fin et le remplit d’air chaud. Bien des années plus tard, son fils Pavel, qui se trouvait alors auprès de son père, raconta le lancement. Il se souvenait que le ballon avait été lâché précisément dans la cour de de Villeneuve et qu’un tel spectacle n’avait encore jamais été vu en Sibérie.
En août, les expériences avec des ballons violaient un décret impérial : Catherine II ne les autorisait qu’en hiver, officiellement par crainte des incendies. De Villeneuve mit la cour de sa propre résidence à la disposition d’un homme qu’on conduisait purger une peine pour un livre dangereux. Des chercheurs ultérieurs ont vu dans ce lancement une désobéissance démonstrative. C’est une interprétation, non l’explication de Radichtchev lui-même : dans les souvenirs de son fils, il ne restait que le ballon de papier, l’air chaud et la cour du commandant.
Le ballon s’éleva, mais ne changea pas la situation de son créateur. Après la réparation des voitures, Radichtchev poursuivit avec sa famille sa route vers Ilimsk. De Villeneuve fut renvoyé deux ans plus tard. C’était un Français au service de la Russie, et son nom ne figure pas dans les listes publiées de compatriotes qui avaient accepté, à la demande de l’impératrice, de renier la République française et de prêter un nouveau serment. Son âge avancé pouvait aussi être la cause de son renvoi ; aucun document ne le relie au lancement du ballon. En mille sept cent quatre-vingt-quatorze, de Villeneuve mourut. Lorsque Radichtchev, après son amnistie, s’arrêta de nouveau dans la même résidence au printemps mille sept cent quatre-vingt-dix-sept, son hôte était déjà mort.
Plus tard, cette histoire fut rattachée à la maison numéro vingt-six. En mille neuf cent soixante-dix, une plaque fut posée sur son mur, affirmant que Radichtchev s’était arrêté précisément ici. Cependant, l’étude de la maçonnerie révéla sur les briques du premier étage l’estampille des compagnies pénitentiaires de Tomsk, des unités composées de détenus dont la briqueterie n’apparut que dans les années mille huit cent cinquante. L’architecture de la maison date elle aussi du milieu du dix-neuvième siècle. Radichtchev ne pouvait pas vivre dans un bâtiment construit plusieurs décennies après sa mort.
La résidence du commandant se trouvait effectivement sur cette parcelle de la colline de la Résurrection, ou tout près, mais son emplacement exact n’est pas encore établi. La maison à pans de bois à laquelle on attribua une biographie liée à Radichtchev fut reconstruite après un incendie et une longue période d’abandon : on en conserva la maçonnerie du premier étage, tandis que l’étage supérieur et la mezzanine furent rebâtis en brique. Aujourd’hui, elle abrite les bureaux de diverses organisations. Le ballon de papier s’envola depuis la cour de la maison de de Villeneuve ; l’hôtel particulier en brique devant vous apparut plus tard et reçut, dans l’histoire, l’adresse d’un autre.
Sur place
Observation depuis la rue à tout moment ; les bâtiments sont utilisés, ne pas entrer à l’intérieur ni au-delà des clôtures.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez la maison depuis la rue et n’essayez pas d’entrer dans la cour ; son lien avec Radichtchev concerne le lieu, non des pièces conservées de façon certaine.
