Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Quatre tours d’angle
- Murs endommagés du bureau
- Anciens téléphones
- Fac-similé d’une page du journal
L’histoire du lieu
Quatre tours d’angle dessinent une silhouette régulière sur le rocher le plus élevé de Tolède ; derrière cette façade se trouve une ancienne forteresse royale, occupée plus tard par une académie militaire. Le nom vient d’un mot arabe signifiant « forteresse », et les murs épais, les sous-sols et les citernes le confirment ici. Après la guerre, les façades et les brèches furent restaurées d’après des plans de la Renaissance, et la tour sud-ouest disparue fut rebâtie. Aujourd’hui, les principaux étages sont occupés par le musée de l’Armée de Tolède, et la bibliothèque de Castille-La Manche fonctionne à l’étage supérieur.
Le vingt et un juillet mille neuf cent trente-six, le colonel José Moscardó ordonna de faire sortir de la fabrique d’armes de Tolède environ sept cent mille cartouches de fusil et de les monter ici, au sommet de la colline. Le gouvernement républicain exigeait que les munitions soient envoyées à Madrid pour réprimer la rébellion militaire. Moscardó, commandant militaire de Tolède, se rallia aux insurgés et refusa d’exécuter l’ordre.
Ses hommes ne purent pas tenir toute la ville. Ils se replièrent dans l’Alcázar, ancienne forteresse royale qui abritait alors l’académie militaire. Le mot « alcázar » vient de l’arabe « al-Qasr », c’est-à-dire « forteresse ». Ici, ce nom décrit littéralement la situation du bâtiment : un rocher dans la partie la plus haute de Tolède, des murs épais, des sous-sols et des citernes. Les élèves officiers étant partis en vacances pour l’été, le gros de la garnison était formé d’environ huit cents gardes civils rassemblés dans toute la province. Avec eux se réfugièrent des soldats, des volontaires, environ cinq cents femmes et enfants — principalement les familles des gardes — ainsi que des adversaires capturés, retenus comme otages. Au total, plus de mille cinq cents personnes se retrouvèrent à l’intérieur.
Deux jours plus tard, le téléphone sonna dans le bureau de service de Moscardó. L’avocat Cándido Cabello, l’un des dirigeants de la milice républicaine à Tolède, exigeait la reddition de la forteresse. À ses côtés se trouvait le fils arrêté du colonel, Luis Moscardó, âgé de vingt-quatre ans. Cabello menaça de fusiller Luis si la garnison ne capitulait pas dans les dix minutes et lui passa le combiné.
L’appel lui-même est consigné dans le journal des opérations militaires. Il y est dit que le père et le fils se firent leurs adieux, après quoi Moscardó refusa de se rendre. Le long dialogue imprimé plus tard dans des livres et gravé sur des plaques commémoratives n’est pas une transcription : les répliques exactes apparurent dans des récits d’après-guerre. Il n’y eut pas non plus de fusillade immédiate près du téléphone. Luis resta emprisonné encore un mois, et le vingt-trois août, il fut tué avec un groupe d’autres prisonniers dans un autre lieu de la ville. Les historiens ne considèrent pas cette exécution comme l’application de l’ultimatum de dix minutes. Moscardó lui-même n’apprit la mort de son fils qu’après la fin du siège.
Son refus signifiait que les personnes à l’intérieur continueraient d’attendre de l’aide sous les tirs. Les forces fidèles au gouvernement républicain encerclèrent l’Alcázar et employèrent l’artillerie, l’aviation et des charges souterraines. Les familles et les blessés furent transférés dans les sous-sols. Le dix-huit septembre, des sapeurs firent exploser une charge sous la tour sud-ouest : la tour s’effondra, l’explosion fut suivie d’un assaut, mais les défenseurs tinrent la brèche. Le vingt-sept septembre, les troupes du général José Enrique Varela, alliées aux insurgés, entrèrent dans Tolède, et le siège prit fin.
Il ne restait du bâtiment que des façades calcinées, des brèches et des amas de pierres. L’actuelle silhouette régulière à quatre tours fut reconstruite après la guerre d’après des plans de la Renaissance ; la tour sud-ouest, que les sapeurs avaient fait exploser, fut rebâtie. La reconstruction fut achevée en mille neuf cent soixante. Aujourd’hui, les principaux étages sont occupés par le musée de l’Armée de Tolède, et la bibliothèque de Castille-La Manche fonctionne à l’étage supérieur.
À l’intérieur du musée, l’ancien bureau du directeur de l’académie est présenté dans l’état où il se trouvait après le siège. Les murs endommagés, le mobilier et plusieurs anciens téléphones y sont conservés, mais le musée n’affirme pas que l’appel ait été reçu précisément sur l’un d’eux. À côté se trouve le fac-similé d’une page du journal du vingt-trois juillet : une brève note de service dont est né le récit le plus célèbre sur l’Alcázar.
Sur place
La visite extérieure est toujours accessible. Musée de l’Armée : mardi–dimanche 10:00–17:00, dernière entrée 16:30 ; fermé le lundi ; billet général 5 euros.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Pour le thème de l’itinéraire, le tour extérieur suffit ; prévoyez une visite complète du musée séparément, afin que l’exposition militaire n’engloutisse pas le reste de la promenade.
