Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade baroque rose
- Murs de pierre du château
L’histoire du lieu
La façade baroque rose du château de Toompea a vu le jour entre mille sept cent soixante-sept et mille sept cent soixante-treize. Ekaterina II ordonna d’y construire un bâtiment pour l’administration du gouvernement. Aujourd’hui, le Riigikogu, le parlement de l’Estonie, siège derrière cette façade. Sa salle des séances se trouve toutefois plus loin, dans la cour intérieure, à l’emplacement de l’ancienne prison.
En mille huit cent quarante-trois, un bâtiment médiéval au centre de la forteresse fut transformé en prison. Soixante ans plus tard, on y amena Jaan Poska, avocat et président du conseil municipal de Reval, qui cherchait à obtenir la participation des Estoniens à l’administration de la ville. Poska vivait de sa lucrative pratique d’avocat, mais utilisa sa connaissance des règles électorales pour faire élire des candidats estoniens au conseil. Avec les députés russes, ils obtinrent la majorité jusque-là détenue par les Germano-Baltes.
Pendant la révolution de mille neuf cent cinq, l’administration impériale instaura la loi martiale dans la ville, interdit les réunions publiques et arrêta la plupart des membres estoniens du conseil. Poska fut emprisonné à Toompea. On le fit entrer dans la cour par une entrée de service et on l’enferma dans le bâtiment dissimulé derrière le palais d’apparat.
Douze ans plus tard, la monarchie tomba. Le Gouvernement provisoire russe nomma Poska commissaire du gouvernement d’Estland, c’est-à-dire, de fait, son dirigeant. Le même château de Toompea devint le bureau de travail de l’ancien prisonnier. Dans un discours d’adieu devant le conseil municipal de Reval, il résuma ses deux apparitions ici en une phrase : alors, on l’avait amené par la porte de derrière pour « se reposer » ; maintenant, il entrait par l’entrée d’apparat pour travailler.
Poska cherchait à réunir les terres peuplées d’Estoniens en un seul gouvernement et convoqua le Maapäev, une assemblée de représentants des villes et des communes rurales. Ses réunions se tenaient dans la salle Blanche, derrière la façade rose. À l’automne mille neuf cent dix-sept, les bolcheviks destituèrent Poska, mais l’assemblée qu’il avait convoquée poursuivit son chemin vers un État indépendant.
À ce moment-là, la prison de la cour n’existait déjà plus. Pendant la révolution de Février, une foule entra de force dans le château, libéra les prisonniers et incendia le bâtiment de la prison. Après la proclamation de l’indépendance, l’Assemblée constituante d’Estonie s’installa dans la salle Blanche, adopta la première constitution et se heurta au manque de place. En mille neuf cent vingt, les députés décidèrent de construire une nouvelle salle parlementaire sur les fondations de la prison incendiée.
Poska mourut cette même année et ne vit pas le bâtiment achevé. Il fut inauguré à l’automne mille neuf cent vingt-deux. Beaucoup des députés qui y prirent place avaient eux-mêmes été détenus dans la prison de Toompea après la révolution de mille neuf cent cinq. Désormais, derrière les portes du palais rose, ils entraient dans une salle construite exactement sur les fondations où ils avaient autrefois été introduits en état d’arrestation.
Sur place
La visite extérieure est libre. Les visites du château de Toompea et du bâtiment du Riigikogu sont gratuites, mais ont lieu sur inscription préalable ; les visites guidées de groupe ordinaires se déroulent les jours ouvrables et, durant l’été 2026, certaines visites en anglais pour les visiteurs individuels exigent une inscription et une pièce d’identité. Pikk Hermann ne fait pas partie des visites ordinaires.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La visite depuis la place est libre, mais l’entrée au Riigikogu nécessite une inscription préalable distincte. Pikk Hermann ne fait pas partie d’une visite individuelle ordinaire.
