Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade blanche
- Toit de tuiles rouges
- Copies de deux lettres manuscrites
L’histoire du lieu
La maison blanche au toit de tuiles rouges n’a jamais été la maison familiale de Song Qingling et Sun Yat-sen. La veuve du fondateur de la République de Chine s’installa ici vingt-quatre ans après la mort de son mari — au printemps mille neuf cent quarante-neuf.
La villa fut construite pour un armateur étranger, puis revendue plusieurs fois et transformée en maison d’hôtes du gouvernement. En janvier mille neuf cent quarante-neuf, Tchang Kaï-chek, chef du gouvernement du Kuomintang et mari de la sœur cadette de Song Qingling, ordonna qu’on lui propose plusieurs maisons devenues propriété de l’État. Elle choisit celle-ci. Le vingt-deux mars, la villa et son terrain furent officiellement remis à Song Qingling, et elle y emménagea peu après.
Au même moment, Mao Zedong et Zhou Enlai, dirigeants des communistes chinois, l’invitaient à se rendre au nord, où se préparait une assemblée destinée à fonder un nouvel État. Ce dont ils avaient besoin n’était pas d’une invitée d’honneur. Song Qingling était une alliée politique de Sun Yat-sen et, après sa mort, elle s’était publiquement opposée à Tchang Kaï-chek, l’accusant de s’écarter du programme de son mari. Sa participation reliait la république en préparation à l’œuvre inachevée de Sun Yat-sen.
En janvier, Song Qingling refusa de partir. Elle décida de rester à Shanghai et d’y attendre l’issue de la guerre civile. De plus, son hypertension et une grave urticaire s’étaient aggravées : le travail lui donnait des vertiges, et le médicament la rendait apathique. Un voyage de plusieurs jours était pour elle une épreuve physique. Il y avait aussi un choix familial : le gouvernement qui quittait le continent était dirigé par le mari de sa sœur.
Après le passage de Shanghai sous le contrôle des communistes, Zhou Enlai y envoya son épouse et alliée Deng Yingchao. Elle fut chargée d’obtenir l’accord personnel de Song Qingling. Le vingt-huit juin, Deng Yingchao apporta dans cette maison deux lettres écrites à la main par Mao Zedong et Zhou Enlai. Toutes deux demandaient à Song Qingling de venir participer à la création du nouveau gouvernement.
Elle lut les lettres, mais ne donna pas de réponse immédiate. Deng Yingchao resta à Shanghai, la rencontra encore plusieurs fois et accompagna Song Qingling, malade, à des événements publics. Le cinq juillet, elle put déjà informer Pékin : l’accord était obtenu. Pour la voyageuse, on prépara un wagon-lit séparé, avec un wagon-restaurant et une escorte. Le vingt-six août, Song Qingling quitta cette maison pour la gare.
À Pékin, elle participa à la première session de la Conférence consultative politique du peuple chinois — l’assemblée qui choisit le gouvernement central — et devint l’une de ses six vice-présidentes. Le premier octobre, Song Qingling se tenait à la tribune de la place Tian'anmen lors de la proclamation de la République populaire de Chine. Le dix-sept octobre, elle revint ici. Après cela, la villa servit à la fois de maison shanghaïenne et de lieu de réceptions officielles.
Song Qingling plaça les deux lettres apportées par Deng Yingchao dans le meuble à documents de cette maison. Elles ne furent découvertes qu’après sa mort et, en mille neuf cent quatre-vingt-deux, furent remises aux Archives centrales. Des copies sont aujourd’hui exposées dans le musée ; les originaux ont quitté la maison par le même chemin que celui par lequel ils y étaient autrefois entrés — comme des documents d’État entre des mains privées.
Sur place
Mar–Dim 09:00–17:00, entrée jusqu’à 16:30 ; fermé le lun. Billet adulte ordinaire — 20 yuans ; achat via le canal officiel, contrôle de capacité possible.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Vérifiez séparément les conditions d’entrée dans la partie mémorielle ; même sans la visiter, n’essayez pas d’observer l’intérieur à travers les passages de service et les parties fermées du jardin.
