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Rue Chanoinesse

Rue Chanoinesse

Des murs cachés dans des immeubles d’habitation relient le nom de la rue à une prière rémunérée durant des siècles.

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Rue Chanoinesse
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À remarquer

  • Façade du numéro 24
  • Numéro 24 sur la façade
  • Tracé étroit de la rue Chanoinesse

L’histoire du lieu

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L’étroite rue Chanoinesse traverse l’ancien quartier résidentiel du chapitre cathédral : les chanoines qui servaient dans le chœur et s’occupaient des affaires quotidiennes de la cathédrale s’y installaient. Ils n’avaient pas de vie monastique commune : chacun disposait de sa propre maison et d’un revenu attaché à sa place au chapitre. Cette courte rue faisait ainsi partie du monde de travail de la cathédrale, et n’était pas une simple ruelle voisine.

Derrière la façade du numéro vingt-quatre se cache la chapelle Saint-Aignan. Il est presque impossible de la reconnaître depuis la rue : ses murs sont intégrés au rez-de-chaussée d’un immeuble privé, et l’ancienne nef se prolonge à travers l’îlot jusqu’à la rue des Ursins. C’est cette église cachée qui explique le mieux le nom de la rue Chanoinesse, la rue des chanoines de Notre-Dame de Paris.

Vers mille cent vingt, Étienne de Garlande, archidiacre de la cathédrale et chancelier du roi, voulut assurer des prières permanentes pour lui-même et ses proches. À côté de sa propre maison, il construisit une chapelle et la dédia à saint Aignan, évêque d’Orléans. Ce choix était personnel : Étienne dirigeait en même temps l’église Saint-Aignan d’Orléans.

Un seul bâtiment ne suffisait pas à son projet. Après la mort du fondateur, les offices pouvaient cesser ; Étienne partagea donc sa prébende en deux. Une prébende était un revenu provenant de terres et de rentes, attaché à une place au sein du chapitre cathédral, le collège du clergé de Notre-Dame de Paris. Cet argent entretenait deux prêtres chanoines, tenus de célébrer les offices dans la nouvelle chapelle. Étienne confia au chapitre le soin de les nommer. Ainsi, la prière pour lui devint une charge rémunérée que recevait le suivant après la mort de chaque chanoine.

Les chanoines vivaient près de la cathédrale, se réunissaient dans son chœur pour les offices et s’occupaient des affaires quotidiennes de Notre-Dame de Paris. Ils ne formaient pas une communauté monastique : ils avaient chacun leur maison et des revenus qui leur étaient attribués. Plusieurs de ces maisons se trouvaient ici, et la rue fut donc nommée d’après ses habitants. Étienne transmit au chapitre la chapelle comme la maison ; les charges de chanoines de Saint-Aignan qu’il avait créées subsistèrent durant de nombreux siècles.

En mille sept cent quatre-vingt-dix, la chapelle fut supprimée, puis vendue l’année suivante comme bien national. Les nouveaux propriétaires la divisèrent par des cloisons ; une partie de l’ancienne église fut transformée en écurie. Plus tard, l’une des pièces redevint un lieu de prière, mais l’église ne reparut jamais dans la rue.

Parmi les vingt-trois petits édifices religieux de l’Île de la Cité qui existaient en plus de Notre-Dame de Paris et de la Sainte-Chapelle, Saint-Aignan est le seul à avoir subsisté. Derrière le numéro vingt-quatre, le chœur est conservé et, au coin de la rue, dans le numéro dix-neuf de la rue des Ursins, se trouvent deux travées de la nef. Les murs de la chapelle occupent encore l’emplacement où deux chanoines recevaient des revenus et priaient pour Étienne de Garlande.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantMarché aux fleurs Reine-Elizabeth-II
Entréesur place

C’est une rue résidentielle : ne vous attardez pas dans les embrasures de portes et parlez à voix basse. La maison d’Abélard et d’Héloïse n’est pas établie avec certitude ; considérez donc le numéro 10 comme un lieu de tradition, et non comme une adresse prouvée.

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Où aller ensuite ?

Rejoignez le fleuve et suivez l’eau jusqu’aux rangées de plantes sous les auvents de fer.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Île de la Cité : de Notre-Dame de Paris à l’extrémité ouest » — 8 étapes, 2.6 km, 1 h 35 min.

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