Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade grise
- Vitraux
- Cheminées
- Escalier en acajou
L’histoire du lieu
En mille huit cent quatre-vingt-trois, George Stephen donna en garantie cette maison tout juste achevée afin de réunir des fonds pour le Chemin de fer Canadien Pacifique. Stephen était arrivé d’Écosse, avait fait fortune dans le commerce des tissus, dirigé la Banque de Montréal, puis était devenu le premier président de la compagnie ferroviaire. Il cherchait alors à achever la ligne jusqu’au Pacifique et risquait désormais sa propre maison.
La maison coûta environ six cent mille dollars. Pendant trois ans, des artisans invités la décorèrent de bois rares et de marbre, y installèrent des vitraux, dix cheminées et un grand escalier en acajou cubain. Stephen s’y installa comme l’un des hommes les plus riches de Montréal, puis remit bientôt tout cela aux créanciers en garantie d’emprunts.
La construction de la ligne se révéla bien plus coûteuse que ses calculs. Les acheteurs manquaient pour les titres ferroviaires à Londres et à New York ; Stephen empruntait donc sur ses propres actions, puis hypothéqua la maison de la rue Drummond. Au début de mille huit cent quatre-vingt-cinq, lui et ses associés avaient épuisé les garanties dont ils disposaient. La compagnie pouvait passer aux créanciers avec la ligne encore inachevée.
En juillet, le Parlement autorisa une nouvelle émission d’obligations. L’argent obtenu suffit à régler les demandes urgentes et à mener la construction à son terme. En novembre de la même année, le dernier crampon fut enfoncé en Colombie-Britannique. Les créanciers ne reçurent pas la maison : Stephen la conserva, puis, quelques années plus tard, la transmit à des parents et partit pour l’Angleterre.
Le nom de l’hôtel actuel vient lui aussi du chemin de fer. En mille huit cent quatre-vingt-six, les topographes du chemin de fer donnèrent le nom de Stephen à un sommet des Rocheuses près de la ligne construite. Lorsqu’il obtint un siège à la Chambre des lords en mille huit cent quatre-vingt-onze, il choisit le titre de baron Mount Stephen, d’après cette montagne.
En mille neuf cent vingt-six, les parents quittèrent la maison. Plusieurs entrepreneurs montréalais l’achetèrent afin de la préserver de la démolition et y installèrent un club privé réservé aux hommes, pour les financiers et les hommes politiques anglophones. Le club fut nommé Mount Stephen en l’honneur du premier propriétaire. Les propriétaires conservèrent le plan résidentiel et les finitions coûteuses, bien qu’ils aient adapté les pièces à de nouvelles règles : par exemple, le jardin d’hiver fut remplacé par une aile en pierre avec un salon des dames séparé.
Le club subsista jusqu’au début des années deux mille dix. Les propriétaires transformèrent ensuite le site en hôtel : les chambres furent installées dans une tour moderne derrière la maison, tandis qu’un restaurant et des salles de réunion ouvrirent dans l’ancienne maison. Derrière la façade grise subsistent les vitraux, les cheminées et l’escalier en acajou, biens que Stephen avait autrefois donnés en garantie et que les fondateurs du club préservèrent plus tard de la démolition.
Sur place
La façade est accessible depuis la rue à toute heure ; l’intérieur de l’hôtel est soumis aux seules règles de l’établissement ; vérifié le 2026-06-29.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez le bâtiment depuis l’espace public et ne comptez pas visiter librement les intérieurs. Pour cet arrêt, la façade suffit : elle fut elle-même la principale déclaration publique du propriétaire.
