Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Plaque commémorative
- Huit photographies
- Centre communautaire de plain-pied
- Cour intérieure
L’histoire du lieu
La plaque avec huit photographies se trouve sur une petite place, près du nouveau bâtiment de plain-pied et de sa cour intérieure. Autrefois, cette étroite section de la rue d’Aubagne était occupée par deux immeubles d’habitation accolés l’un à l’autre. Un centre destiné aux associations de quartier y fonctionne désormais, conçu avec les proches des victimes et les habitants de Noailles ; un espace de mémoire distinct a été conservé dans la cour. Les huit visages et noms présents sur la place empêchent l’emplacement des anciens appartements de se fondre dans le tissu urbain ordinaire.
Dans la nuit du cinq novembre deux mille dix-huit, Marie-Emmanuelle Blanc appela les pompiers depuis son appartement du cinquième étage, au soixante-cinq rue d’Aubagne. Les fissures s’élargissaient, les murs craquaient, et elle voulait savoir s’il était possible de rester là. Marie-Emmanuelle avait cinquante-cinq ans. Elle vivait d’allocations sociales et des revenus de ses créations en verre. Le pompier la rassura : les immeubles ne s’effondrent pas comme ça, d’un seul coup. Elle le remercia et alla se coucher.
Dix-sept jours auparavant, les habitants avaient déjà été évacués de l’immeuble. Une cloison s’était cintrée dans l’entrée, et Richard Carta, architecte désigné par le tribunal pour évaluer le danger immédiat, devait décider si les gens pouvaient regagner leurs appartements. Il passa environ une heure à l’intérieur, examina la cloison signalée, mais ne descendit pas au sous-sol et n’entra ni dans les appartements ni dans les immeubles voisins. Des expertises ultérieures montrèrent que l’eau du sous-sol détruisait la maçonnerie porteuse et un appui de brique, et que le mur séparant l’immeuble occupé du numéro soixante-cinq de l’immeuble vacant du numéro soixante-trois était fortement déformé. À la suite du rapport de Carta, les habitants furent autorisés à revenir.
Le matin, à neuf heures sept, les deux immeubles s’effondrèrent. Dans le numéro soixante-trois, qui était vacant, personne ne se trouvait. Huit personnes moururent dans le numéro soixante-cinq : Marie-Emmanuelle Blanc, Simona Carpignano, Taher Hedfi, Julien Lalonde-Flores, Fabien Lavieille, Pape Magatte Niassé, Ouloume Saïd Hassani et Chérif Zemar. Tous les noms sur la plaque commémorative appartiennent aux habitants et aux invités de cet immeuble précis.
Trois ans plus tard, une plaque portant les mots « Marseille ne les oubliera pas » fut installée à côté, et la petite place fut nommée place du 5-Novembre-2018. À l’emplacement des numéros soixante-trois et soixante-cinq s’élève désormais un centre de plain-pied avec une cour intérieure, destiné aux associations de quartier. Son projet fut choisi avec les familles des victimes et les habitants de Noailles ; un espace de mémoire distinct est prévu dans la cour. L’ancienne plaque et les huit photographies restent sur la place, à quelques dizaines de mètres des appartements qui n’existent plus.
Sur place
La place à ciel ouvert est accessible à toute heure.
Vérifié : 19 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il ne s’agit pas d’un arrêt décoratif : ne photographiez pas les visiteurs sans leur consentement, gardez le silence et laissez libre l’accès au mémorial.
