Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le lourd oriel au-dessus de l’entrée
- Les petites tourelles
- La tour latérale ronde
- L’escalier d’apparat sous un dôme de verre
L’histoire du lieu
Le lourd oriel flanqué de petites tourelles et la tour latérale ronde donnent à cette demeure en pierre une silhouette inhabituelle. Après le grand incendie, le domaine fut transformé : un escalier en colimaçon fut installé dans la tour et l’escalier d’apparat couvert d’un dôme de verre. Plus tard, les pièces abritèrent une fabrique de confiseries, un club d’échecs et des appartements communautaires. C’est maintenant le musée Toukaï, où sont réunis la chambre de l’hôtel Bulgar, la corbeille de voyage du poète, ses boutons de manchette en argent et son masque mortuaire.
En mille huit cent quatre-vingt-quatre, le marchand millionnaire de Kazan Ibrahim Apakov mariait sa fille unique. Bibimaryambanou, âgée de dix-huit ans, devint l’épouse de Moukhammadchafi Chamil, veuf de quarante-cinq ans, fils de l’imam Chamil, qui avait dirigé la résistance des montagnards du Daghestan et de Tchétchénie contre l’Empire russe. Après la capture de son père, Moukhammadchafi entra lui-même au service militaire russe et parvint au grade de général-major.
Apakov remit aux jeunes mariés une maison en pierre près de la place Iounoussov. Pourtant, dans les documents, le propriétaire n’était pas le célèbre marié, et encore moins son père. Une mention d’archives désigne « madame M. Chamil » : Bibimaryambanou. Les habitants de Kazan transformèrent son nom de famille en nom de la maison.
Les époux disposaient de sources de revenus personnelles et fort différentes. Moukhammadchafi recevait une pension annuelle de six mille roubles, Bibimaryambanou vingt-cinq mille grâce à la location des biens immobiliers qui lui appartenaient. Cet argent décida du sort du bâtiment en mille neuf cent deux, lorsqu’un grand incendie détruisit plus de trois cents maisons dans le Vieux faubourg tatar et endommagea la maison Chamil.
Bibimaryambanou commanda une transformation à Heinrich Rusch et Fiodor Amlong. Un an plus tard, les architectes élevèrent l’actuelle demeure : au-dessus de l’entrée apparut un lourd oriel flanqué de petites tourelles, sur le côté une tour ronde avec un escalier en colimaçon, et à l’intérieur un escalier d’apparat sous un dôme de verre. Ce que nous voyons est donc surtout le résultat de sa décision après l’incendie, et non la maison initiale d’Apakov des années mille huit cent soixante.
La famille profita peu du domaine rénové. En mille neuf cent six, Moukhammadchafi mourut pendant un traitement à Kislovodsk. Bibimaryambanou vendit la maison au jeune marchand Valioulla Ibrahimov et partit avec ses filles à Saint-Pétersbourg. Ibrahimov y ouvrit une fabrique de confiseries. Plus tard, les pièces abritèrent un club d’échecs et des appartements communautaires : environ trente familles y vivaient simultanément. Les propriétaires changeaient, mais les habitants de Kazan continuaient à dire : la maison Chamil.
Gabdoulla Toukaï n’a pas vécu dans cette demeure. Il n’existe pas non plus de renseignements fiables sur une éventuelle visite de sa part. Les créateurs du musée ont choisi la maison pour ce qui se passait autour d’elle. Dans l’ancienne rue Catherine, aujourd’hui rue Toukaï, se trouvaient les rédactions des journaux et revues tatares avec lesquels le poète travaillait. Tout près, il se produisait au club Charyk. Et en avril mille neuf cent treize, sur la place Iounoussov près de la maison, près de six mille personnes récitèrent pour Toukaï la prière funéraire, la djanaza-namaz, après quoi le cortège poursuivit son chemin vers le cimetière tatar.
Pour le centenaire de la naissance du poète, les restaurateurs préparèrent l’ancienne maison Chamil et, en juin mille neuf cent quatre-vingt-six, le musée reçut ses premiers visiteurs. Ses employés ne présentent pas ces pièces comme le logement de Toukaï. À l’intérieur, la chambre numéro quarante de l’hôtel Bulgar, où le poète a réellement vécu, a été reconstituée ; parmi les objets authentiques se trouvent sa corbeille de voyage, ses boutons de manchette en argent et son masque mortuaire en plâtre.
Sur place
Mardi, mercredi, samedi, dimanche — 10:00–18:00; jeudi — 13:00–21:00; vendredi — 10:00–17:00; lundi — fermé.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Vérifiez séparément s’il est possible d’entrer au musée. Même sans visiter l’intérieur, la façade révèle bien le contraste entre le palais familial et le destin de Toukaï.
