Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le maksem en pierre
- Le réservoir derrière le maksem
- La façade de verre à grille d’aluminium
- La sphère rouge de la salle d’opéra
L’histoire du lieu
Sur le côté est de Taksim, le verre et une grille d’aluminium enveloppent une grande maison de la culture où sont installés l’opéra, le ballet, le théâtre dramatique, des salles de concert, un cinéma, une galerie et une bibliothèque. Le plan urbain avait autrefois réservé cette parcelle à un théâtre d’opéra. Derrière le verre, on voit une immense sphère rouge : la salle d’opéra de deux mille quarante places. Avant le bâtiment actuel, un autre centre à la façade semblable se dressait ici ; le lieu et sa fonction ont été conservés.
Au début de l’avenue Istiklal se dresse un bâtiment bas en pierre : le maksem de Taksim, la chambre de répartition de l’ancien réseau d’adduction d’eau. De mille sept cent trente-deux à mille sept cent trente-trois, le sultan Mahmoud Ier ordonna d’y amener l’eau des forêts situées au nord de la ville. Dans la chambre, le débit était réparti entre les conduites qui alimentaient les fontaines de Péra et de Galata. En turc, la répartition se dit « taksim » ; l’ouvrage a donné son nom à la place. L’eau n’y est plus répartie depuis longtemps, un musée a ouvert dans le maksem, mais un réservoir en pierre subsiste derrière lui.
Le centre culturel, sur le côté opposé, est né d’un autre projet urbain. En mille neuf cent trente-six, Mustafa Kemal Atatürk, fondateur et premier président de la République de Turquie, invita l’urbaniste français Henri Prost à élaborer un nouveau plan pour Istanbul. Prost réserva le bord oriental de la future place à un théâtre d’opéra. Atatürk ne vit ni le début de la construction ni les spectacles : il mourut avant. Pourtant, c’est avec son invitation que commença le chemin de l’opéra vers Taksim.
La construction commença en mille neuf cent quarante-six, puis la ville manqua d’argent. Dix ans plus tard, le bâtiment inachevé fut confié à Hayati Tabanlıoğlu, architecte du ministère des Travaux publics, qui avait étudié l’organisation des théâtres en Allemagne. C’était son premier grand projet. Tabanlıoğlu élargit le projet initial : au lieu d’un seul opéra, il prépara des scènes pour le ballet, le théâtre dramatique et les concerts. Le travail dura treize ans, et le bâtiment lui-même reçut le nom de Palais de la culture d’Istanbul.
Le douze avril mille neuf cent soixante-neuf, on y présenta le ballet Çeşmebaşı et Aïda de Giuseppe Verdi. Dix-neuf mois plus tard, pendant une représentation de la pièce d’Arthur Miller Les Sorcières de Salem, un incendie se déclara. Personne ne mourut, mais la scène et la grande salle furent ravagées par le feu, et une partie de la toiture s’effondra. Avec les décors brûlèrent des objets de musée apportés du palais de Topkapı pour une mise en scène en préparation sur le sultan Mourad IV. Il fut impossible d’établir la cause de l’incendie ; l’enquête officielle releva l’absence d’une exploitation technique adéquate du bâtiment.
Tabanlıoğlu fut chargé de refaire le projet auquel il avait déjà consacré treize ans. Pendant les travaux, le premier ministre de la Culture de Turquie, Talat Sait Halman, déclara que le mot « palais » appartenait à l’époque impériale et qu’une institution républicaine avait besoin d’un autre nom. C’est ainsi que l’ancien Palais de la culture devint le Centre culturel Atatürk. Après huit ans de travaux, le Théâtre d’État d’Istanbul, l’Opéra et Ballet d’État d’Istanbul, ainsi que l’Orchestre symphonique d’État d’Istanbul y obtinrent une scène permanente.
Ce bâtiment n’est pas parvenu jusqu’à nous : il fut fermé puis démonté en mille neuf cent dix-huit. Le nouveau centre fut conçu par Murat Tabanlıoğlu, le fils de Hayati. Il conserva l’emplacement du volume principal et le caractère de la façade de verre à grille d’aluminium. Derrière le verre apparaît désormais une immense sphère rouge : l’enveloppe de la salle d’opéra de deux mille quarante places. Le centre rouvrit en mille neuf cent vingt et un ; outre l’opéra, le ballet et les concerts, il abrite un théâtre, un cinéma, une galerie et une bibliothèque. Du premier bâtiment subsistent l’emplacement, le nom et le dessin de la façade, et le père puis le fils Tabanlıoğlu ont successivement travaillé sur le projet de cette même parcelle.
Sur place
La place est accessible en permanence, sauf en cas de fermetures ou d’événements. Le Centre culturel fonctionne selon le programme des événements ; à la date de vérification, la bibliothèque était indiquée comme ouverte de 10:00 à 17:00 et fermée le lundi. Un contrôle de sécurité est possible à l’entrée du centre.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez la place depuis son bord si le centre est bondé ou si l’accès est limité ; ne tentez pas de passer à travers les cordons de sécurité et les zones fermées.
