Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Cinq yourtes à huit pans
- Les entrées des yourtes
- L’espace libre au milieu
- Les bâtis en rondins décalés
L’histoire du lieu
Les cinq yourtes à huit pans forment ici un fragment de village d’été des Bouriates des rives du lac Baïkal. Les bâtis en rondins, construits à la charnière des dix-neuvième et vingtième siècles, furent transportés par des employés du musée depuis l’ulus Alagueïevski, près de Bougouldeïka. Ces villages étaient aménagés près des pâturages, de l’eau et des salines ; à l’automne, les familles partaient au camp d’hiver, laissant les maisons attendre le pâturage suivant. Les entrées orientées au sud et les murs décalés les uns par rapport aux autres conservent l’organisation de cet habitat saisonnier.
L’espace vide entre les yourtes en bois servait autrefois de corral nocturne. Les familles installaient leurs habitations en ellipse et y faisaient entrer, pour la nuit, les vaches, les chevaux et les moutons. À l’extérieur, les maisons des habitants entouraient le troupeau.
Pour les propriétaires, ces animaux représentaient une réserve de viande et de lait, de la laine pour le feutre, du cuir pour les vêtements et les chaussures. La fortune d’une famille se mesurait aussi au nombre de têtes. Les éleveurs aisés embauchaient des bergers et vendaient des animaux à des marchands russes, qui expédiaient les marchandises à Irkoutsk. Préserver le troupeau, c’était préserver toute l’exploitation.
Pour les pâturages d’été, les Bouriates des rives du lac Baïkal quittaient leur ulus d’hiver au printemps et s’installaient ici avec leur bétail. Les camps d’été étaient aménagés près des pâturages, de l’eau et des salines, des lieux où les animaux trouvaient le sel dont ils avaient besoin. À la fin du dix-neuvième siècle, il ne restait, chez les Bouriates de l’Ouest, que deux des quatre déplacements saisonniers : vers le camp d’été et le retour vers le village d’hiver.
Les yourtes en rondins, elles, n’étaient jamais transportées. Chaque famille possédait une habitation distincte. Lorsqu’un fils commençait sa propre exploitation, ses parents, ses proches et ses voisins taillaient ensemble une nouvelle yourte à côté de celle de son père. Il fallait l’installer de sorte qu’une personne sortant de la maison voisine voie devant elle un espace ouvert. Les habitations étaient donc décalées les unes par rapport aux autres, comme les cases d’un échiquier. Les entrées étaient tournées vers le sud, et le milieu restait libre pour le troupeau.
À l’automne, les habitants retournaient au camp d’hiver, tandis que le bâti en rondins restait près du pâturage d’été jusqu’à la saison suivante. Le mot « camp d’été » désignait tout un village saisonnier : avec les yourtes des différentes familles, des bâtiments utilitaires et un espace commun pour les animaux.
L’ulus d’ici a été reconstitué par des employés du musée. Les cinq yourtes à huit pans qui formèrent la base de l’ensemble furent transportées en mille neuf cent quatre-vingts depuis l’ulus Alagueïevski, près de Bougouldeïka. Elles furent construites à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle. Ici, elles furent de nouveau disposées en ellipse avec un décalage. L’espace libre au milieu était autrefois occupé par le bétail, dont dépendait l’exploitation des familles qui l’entouraient.
Sur place
Selon les horaires du Musée en plein air de Talzy ; certains intérieurs peuvent fermer plus tôt ou pour entretien.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour de tout le camp d’été, sans vous limiter à une seule yourte : son organisation se lit dans les distances entre les portes, le centre libre et les objets utilitaires à l’extérieur.
