Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de la maison n° 1
- Aile latérale enduite de plâtre
- Vieux parquets en chêne
- Anciennes pièces de réception
L’histoire du lieu
Oscar Wilde avait huit mois lorsque ses parents l’ont emmené ici, en mille huit cent cinquante-cinq, depuis la maison de Westland Row où il était né. C’est au numéro un de Merrion Square que le futur dramaturge, auteur du Portrait de Dorian Gray et de comédies fondées sur des joutes verbales, a passé son enfance et sa jeunesse. À l’époque, c’était aussi l’adresse professionnelle de ses parents.
Son père, William Wilde, y recevait des patients en tant que chirurgien ophtalmologue et oto-rhino-laryngologiste. En mille huit cent cinquante-neuf, il fit construire une aile latérale avec des salles de consultation séparées. Sa réputation lui amenait des malades et assurait à la famille une vie avec six domestiques et des préceptrices. En mille huit cent soixante-quatre, William devint chirurgien ophtalmologue auprès de la cour britannique en Irlande et fut fait chevalier. C’est précisément à ce moment-là qu’une ancienne patiente, Mary Travers, mit en cause ce sur quoi reposait sa pratique.
Travers affirmait que, lors d’une consultation, William Wilde l’avait agressée sexuellement alors qu’elle était sous l’effet du chloroforme. Cela resta une accusation : il n’y eut pas de procès distinct contre le médecin à ce sujet. Mary se mit à diffuser un pamphlet dans lequel le chirurgien et sa femme étaient aisément reconnaissables. Jane Wilde, épouse de William et hôtesse d’un célèbre salon littéraire, lui interdit de se présenter à la maison et écrivit au père de Mary une lettre accusant sa fille de tentative d’extorsion. Jane cherchait à faire cesser l’attaque publique ; Mary exigea que la lettre soit reconnue comme diffamatoire et qu’on lui verse deux mille livres.
En décembre mille huit cent soixante-quatre, l’affaire arriva devant les tribunaux. La procédure portait sur la lettre de Jane, mais l’avocat de Mary lut publiquement l’accusation contre William et sa correspondance privée. Les audiences durèrent une semaine. Les jurés reconnurent que Jane avait diffamé Mary, mais n’accordèrent qu’un farthing de dommages-intérêts, soit un quart de penny. Mary gagna l’affaire, sans obtenir ni la somme demandée ni une décision judiciaire sur son accusation principale. Le procès coûta à la famille Wilde environ deux mille livres de frais, et la réputation professionnelle de William fut atteinte.
Oscar, âgé de dix ans, ne fut pas partie à ce litige. Sa propre histoire dans la maison se déroulait à l’étage. Jane, qui publiait des poèmes sous le nom de Speranza, réunissait presque chaque samedi des écrivains, des artistes, des musiciens et des hommes politiques. Les enfants n’étaient pas toujours envoyés hors du salon : ils assistaient aux conversations et aux représentations données à la maison. Ces réceptions se poursuivirent approximativement jusqu’en mille huit cent soixante-quatorze, lorsque Oscar partit étudier à Oxford.
L’aile latérale enduite de plâtre, construite pour les patients de William, a été conservée. Dans les anciennes pièces de réception subsistent les vieux parquets en chêne sur lesquels marchaient les invités de Jane. La maison est aujourd’hui occupée par American College Dublin : on y enseigne l’écriture créative et les arts de la scène, et l’on y accueille des visiteurs. Le nom du fils figure sur la façade, tandis que l’agencement du bâtiment conserve toujours les deux professions de ses parents : le cabinet médical en bas et le salon littéraire à l’étage.
Sur place
Oscar Wilde House : ouvert tous les jours aux visites libres de 11:00 à 18:00, dernière entrée à 17:00 ; entrée payante, visites guidées certains week-ends.
Horaires par jour
Ne comptez pas sur une entrée libre : la visite des intérieurs doit être organisée séparément. Sans cela, écoutez le récit depuis le trottoir public, sans bloquer la porte ni le passage.
