Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Pyramide de Mai
- Moitié occidentale de la place
- Espace entre le Cabildo et la pyramide
L’histoire du lieu
La place actuelle est née de la réunion de deux espaces urbains que la Recova, une galerie marchande à arcades, sépara longtemps. Près du conseil municipal se trouvait la place de la Victoire, tandis que l’autre moitié commençait derrière le marché, plus près du fort. La Pyramide de Mai se dresse aujourd’hui au centre de l’espace réuni et conserve en son sein un ancien noyau de briques.
Le vingt-quatre mai mille huit cent dix, Domingo French apposa une signature inhabituelle au bas d’une pétition : « pour lui-même et au nom de six cents personnes ». French avait auparavant été chargé de distribuer le courrier à Buenos Aires et connaissait personnellement de nombreux habitants. Après le rejet de l’invasion britannique, il devint commandant des milices locales. Ses hommes allaient alors de maison en maison recueillir des signatures, puis se rassemblèrent sur la place et exigèrent le remplacement du gouvernement colonial.
La cause se trouvait loin de Buenos Aires. Les troupes françaises occupaient presque toute l’Espagne, le roi Ferdinand VII était prisonnier de Napoléon, et la junte gouvernementale de Séville qui avait nommé le vice-roi s’était dissoute. Les adversaires du vice-roi Baltasar Hidalgo de Cisneros soutenaient que, puisque le monarque légitime ne pouvait gouverner, le droit de nommer un gouvernement provisoire revenait aux habitants des possessions espagnoles. Cisneros voulait conserver son poste et l’ancien ordre de subordination.
Le vingt et un mai, French, son compagnon Antonio Beruti et plusieurs centaines de partisans armés occupèrent la place devant le conseil municipal. Ils obtinrent la convocation d’un Cabildo ouvert, une séance élargie du conseil à laquelle étaient invités des hommes influents propriétaires. Il ne s’agissait pas d’un vote général : sur l’ensemble de la population de la ville, seuls quelques centaines d’élus eurent le droit d’entrer. Ceux qui furent laissés dehors pouvaient précisément influer sur la décision depuis ici, depuis la place.
La séance du vingt-deux mai vota la destitution de Cisneros. Deux jours plus tard, le conseil tenta d’exécuter cette décision de façon à ce que peu de choses changent : il établit une junte, mais en laissa Cisneros lui-même président et commandant des troupes. Les hommes de French et Beruti recueillirent alors plus de quatre cents signatures exigeant la dissolution de cette junte. Le document portait déjà les noms du nouveau gouvernement. Le nouveau gouvernement devait être dirigé par Cornelio Saavedra, commandant du plus grand régiment local, le régiment des Patriciens, qui avait soutenu l’éviction du vice-roi.
Le matin du vingt-cinq mai, la pétition fut apportée au conseil municipal. French et Beruti signèrent au nom de six cents miliciens rassemblés devant le bâtiment. Sans le soutien du régiment des Patriciens, Cisneros ne pouvait se maintenir : il démissionna, et le conseil approuva le Premier Conseil — la Première Junte — dirigé par Saavedra.
L’indépendance n’avait pas encore été proclamée. Le nouveau gouvernement prêta formellement serment au prisonnier Ferdinand VII, mais les fonctionnaires nommés depuis l’Espagne ne gouvernaient plus Buenos Aires. La junte envoya des troupes soumettre les provinces, une longue guerre commença et, seulement six ans plus tard, les représentants des provinces proclamèrent l’indépendance. French reçut le commandement d’un régiment révolutionnaire. Moins d’un an plus tard, des rivaux victorieux le privèrent de son poste et l’exilèrent en Patagonie ; il revint et combattit de nouveau dans l’armée du nouveau gouvernement.
Les événements ne se déroulèrent que dans la moitié occidentale de l’actuelle place. En mille huit cent dix, la Recova, une longue galerie marchande à arcades, traversait cet espace. La partie située entre elle et le conseil municipal s’appelait la place de la Victoire ; c’est là que se tenaient les hommes de French. La moitié orientale se trouvait derrière le marché, plus près du fort.
Pour le premier anniversaire de la révolution, on éleva sur la place de la Victoire la Pyramide de Mai, en briques. Son noyau initial est encore dissimulé à l’intérieur du monument actuel. En mille huit cent quatre-vingt-quatre, la Recova fut démolie, les deux places furent réunies et tout l’espace reçut le nom de place de Mai, en mémoire des événements du vingt-cinq mai. La pyramide ne fut déplacée vers son emplacement actuel, au centre, qu’en mille neuf cent douze. Les hommes de French attendaient la décision à l’ouest de celle-ci, entre le bâtiment du conseil municipal et la ligne des arcades commerciales disparues.
Sur place
Espace urbain ouvert, généralement accessible toute la journée ; des fermetures sont possibles en raison de rassemblements, de cérémonies et de mesures de sécurité.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez par faire le tour de la pyramide et observez la place depuis plusieurs côtés. Lors d’un rassemblement, restez près du bord dégagé, ne franchissez pas les barrières et gardez un chemin de sortie clair.
