Étape 8 sur 8

Palazzo della Mercanzia

Palazzo della Mercanzia

La fin montrera comment les marchands accéléraient la justice et transformaient la perte de confiance commerciale en châtiment public.

10 min
Façade gothique du Palazzo della Mercanzia, avec balcon en pierre et arcades
Fred Romero · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le balcon clair en pierre
  • Deux fenêtres de part et d’autre du balcon
  • Les arcades de la loggia inférieure

L’histoire du lieu

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Dans l’ancien Carrobbio, où se rejoignaient les grandes routes de la ville, les marchandises passaient par la douane municipale de la Gabella Grossa. Les arcades inférieures du palais abritaient autrefois une loggia destinée au déchargement des marchandises, et au-dessus se trouvait une salle pour les litiges commerciaux. Entre deux fenêtres subsiste un balcon clair en pierre d’Istrie ; c’est de là que l’on proclamait les décisions de justice. La Camera di commercio di Bologna fonctionne aujourd’hui dans le palais.

Voici le Palazzo della Mercanzia — le Palais du commerce. À la fin du quatorzième siècle, les douze plus grandes corporations de Bologne réclamaient leur propre tribunal. Leur litige commençait d’ordinaire par une perte très concrète : la marchandise avait déjà été livrée, mais l’argent manquait ; une inscription dans le livre de comptes avait été falsifiée ; un partenaire commercial s’était déclaré en faillite. Pendant que le tribunal ordinaire respectait de longues formalités, le vendeur restait sans marchandise et sans moyens pour la transaction suivante.

Les magistrats de la ville créèrent pour eux le Foro dei Mercanti. On confia au tribunal les litiges commerciaux, et les marchands, changeurs et artisans établirent les règles selon lesquelles il examinait les affaires. Au début, on invitait à présider un juriste venu d’une autre ville : on attendait d’un étranger qu’il dépende moins des familles bolonaises et des relations d’affaires.

On choisit le lieu où les affaires commerciales passaient déjà entre les mains des fonctionnaires. Le carrefour s’appelait Carrobbio ; les grandes routes s’y rejoignaient et la Gabella Grossa — la douane municipale — s’y trouvait. En bas, on aménagea une loggia pour le déchargement des marchandises ; en haut, une salle d’audience. Le neuf janvier mille trois cent quatre-vingt-onze, le juge désigna la nouvelle loggia supérieure comme lieu permanent des audiences. Le commerce eut ainsi un bâtiment qui s’appelle aujourd’hui le Palazzo della Mercanzia — le Palais du commerce.

L’ordre en vigueur ici obligeait à se hâter le demandeur, le défendeur et le juge lui-même. Pour une convocation, une déclaration orale suffisait : un messager la transmettait à la partie adverse et un notaire l’inscrivait au registre. Celui qui reconnaissait sa dette disposait de cinq à dix jours pour s’acquitter. Une affaire contestée devait être achevée en quinze à trente jours ; en cas de retard, le juge pouvait payer une amende, les frais de justice et les dommages subis par le demandeur.

En mille cinq cent quatre-vingt-douze, cet ordre rattrapa un banquier bolonais qui ne parvenait pas à rendre l’argent à ses créanciers. Parmi ses clients figuraient les nobles familles Bolognetti et Bentivoglio : il vivait de transactions bancaires avec des gens dont les noms de famille ouvraient bien des portes dans la ville. Sa propre réputation devint alors l’objet d’un jugement.

Après que la cloche du tribunal, surnommée Lucardina, eut sonné comme prévu, un serviteur sortit sur le balcon et proclama la décision. Le banquier reçut l’ordre d’être enchaîné pendant quelques jours devant le portique, à la vue des marchands et des passants. Le tribunal jugea insuffisant d’inscrire la peine dans le registre : un homme à qui l’on avait confié de l’argent devait perdre publiquement cette confiance. Le jugement ne rendit pas aux créanciers les fonds perdus et laissa au condamné une affaire ruinée et la honte ; certains faillis étaient bannis de Bologne après une telle exposition, bien que le sort ultérieur de ce banquier précis soit inconnu.

Le balcon clair en pierre d’Istrie subsiste entre deux fenêtres de la façade. La Lucardina n’est plus là, à côté de lui : la vieille cloche est conservée au Museo Civico Medievale di Bologna. Dans le palais même fonctionne aujourd’hui la Camera di commercio di Bologna.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréeaccès libre

La façade est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; la visite de la salle n’est possible que sur rendez-vous préalable, aux heures de bureau.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les principaux détails se distinguent bien depuis la place ; il n’est pas nécessaire d’entrer dans le palais pour ce récit.

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Où aller ensuite ?

Terminez la promenade sous le portique, où le commerce s’achevait par la justice.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Quadrilatero : marchés et rues commerçantes » — 8 étapes, environ 1,2 km, 2 h.

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