Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Salle octogonale
- Haut socle de pierre
- Portail sculpté achevé
- Encadrements vides sans ornement
L’histoire du lieu
Divankhana signifie « maison du conseil ». Cette appellation a conduit à supposer que, dans cette cour, un Chah de Chirvan recevait des ambassadeurs, rendait justice à ses sujets ou délibérait avec ses proches. La fonction du pavillon reste toutefois controversée. Sous la salle octogonale se trouvent deux chambres semblables à des cryptes, et, au-dessus de l’entrée, sont gravées des lignes du Coran sur la récompense au paradis et le séjour éternel. C’est pourquoi de nombreux chercheurs considèrent la Divankhana comme un mausolée inachevé.
Farruh Yassar la fit préparer pour lui-même. Souverain du Chirvan, il occupait le trône depuis plus de trente ans. Il choisit la cour supérieure, près du corps résidentiel, et éleva le futur tombeau sur un haut socle de pierre. Les sculpteurs couvrirent le portail principal de feuilles de figuier et de vigne, et remplirent de inscriptions les médaillons. Sur les autres ouvertures, ils eurent le temps d’esquisser les encadrements, mais pas d’y exécuter l’ornement.
La cause de l’arrêt des travaux remonte à douze ans avant la mort de Farruh Yassar. En mille quatre cent quatre-vingt-huit, le cheikh Heydar, chef de l’ordre religieux militant des Séfévides, traversait le Chirvan pour une campagne dans le Caucase du Nord. Farruh Yassar appela ses alliés ; leurs forces réunies encerclèrent le détachement de Heydar et tuèrent le cheikh lui-même. Son fils Ismaïl n’avait alors pas encore un an.
Ismaïl grandit, prit la tête des partisans de son père et les mena au Chirvan pour venger son père et son grand-père morts. À la fin de l’an mille cinq cents, le chef de treize ans rencontra l’armée de Farruh Yassar lors de la bataille de Djabani. Le Chah de Chirvan fut vaincu et tué. Une chronique séfévide rapporte que les guerriers ne le reconnurent pas d’abord : ils apportèrent sa tête coupée comme trophée et n’apprirent que par des prisonniers qui ils avaient atteint. Les soldats revinrent alors chercher le corps et brûlèrent les restes.
L’année suivante, les adversaires de Farruh Yassar occupèrent Bakou et pillèrent le palais. Les sculpteurs ne revinrent pas à la Divankhana. Le portail achevé y côtoie des encadrements vides, dans lesquels aucun motif ne fut jamais réalisé. Sous la salle octogonale, une chambre préparée pour Farruh Yassar a subsisté, mais le Chah de Chirvan lui-même n’y fut jamais enterré.
Sur place
Dans l’ensemble du palais des Chahs de Chirvan, tous les jours de 10:00 à 19:00.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Approchez-vous du portail, mais ne touchez pas aux sculptures. Les petits signes sont difficiles à distinguer sous une lumière vive ; il est donc utile de les observer sous différents angles.
