Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La Renterey, dite Chambre suédoise, à deux étages
- L’arche ouverte au-dessus de l’escalier
- L’arche murée
- Les gonds métalliques des portes
L’histoire du lieu
Un bâtiment de deux étages enjambe le sommet de la descente Priamskoï. L’une de ses arches laisse passer l’escalier, l’autre est murée ; dans la maçonnerie subsistent des gonds métalliques auxquels étaient suspendues les portes de la forteresse. C’est ici qu’on fermait la principale montée de la ville basse vers le kremlin de Tobolsk.
À la fin du dix-septième siècle, Semion Remezov, dessinateur de Tobolsk et responsable des constructions en pierre, reçut la mission de fortifier ce passage. Il conçut des portes à trois ou quatre niveaux : un passage carrossable en bas, des salles au-dessus, puis une haute tour coiffée d’un toit en tente et d’un aigle bicéphale. La tour devait accueillir tous ceux qui montaient vers le kremlin de Tobolsk et protéger le faubourg au pied de la montagne.
La construction ne commença que sous le premier gouverneur de Sibérie, Matveï Gagarine. Il s’employait à poursuivre le grand chantier de pierre de Tobolsk et y recrutait des hommes même après que, en mille sept cent quatorze, la construction en pierre eut été interdite partout sauf à Saint-Pétersbourg. Gagarine y transférait des prisonniers de guerre de l’armée suédoise depuis les usines de l’Oural. Ces soldats et officiers se retrouvèrent en Sibérie après les batailles de la Grande guerre du Nord et voulaient survivre à leur captivité sans perdre le droit de rentrer chez eux.
La plupart d’entre eux travaillaient ici comme manœuvres : ils creusaient des fosses, portaient de l’eau, de la chaux, de l’argile et des briques. Les travaux étaient dirigés par un matelot prisonnier de la flotte suédoise, appelé dans les documents russes « l’architecte Iagan ». Un simple soldat avait droit à une kopeck par jour et à environ trente-neuf litres de farine de seigle par mois ; le travail était payé séparément. Piotr Ier exigeait expressément que les prisonniers travaillent en contrepartie de cette subsistance.
En mille sept cent dix-sept, ils avaient érigé deux lourdes arches et les salles situées au-dessus. La tour supérieure coiffée d’un toit en tente ne fut jamais construite. On commença à entreposer dans ces salles la rente — le cens prélevé sur les paysans —, et le bâtiment fut donc appelé la Renterey, dite Chambre suédoise. On y apportait aussi le iassak : des fourrures et d’autres objets de valeur reçus des peuples autochtones de Sibérie et destinés à être envoyés à Moscou. L’entrée étroite était à la fois une porte et un entrepôt du trésor.
En mille sept cent dix-huit, Gagarine fut rappelé pour être interrogé dans une affaire d’abus sur les fonds publics. Trois ans plus tard, il fut exécuté. Après son départ, comme s’en plaignait un représentant des prisonniers, les simples soldats cessèrent de recevoir leur paie pour leur travail.
À l’automne de cette même année mille sept cent vingt et un, la nouvelle de la paix avec la Suède arriva à Tobolsk. Les officiers partirent d’abord chez eux avec leurs familles, puis, durant l’hiver, des groupes de simples soldats partirent les uns après les autres. Beaucoup avaient vécu en Sibérie plus de dix ans. Les murs de soutènement en briques, plus bas sur la descente, apparurent plus tard, déjà au dix-huitième siècle. Ils furent construits par d’autres bâtisseurs. La trace suédoise est restée au-dessus de la toute dernière marche : les portes inachevées sont encore appelées la Chambre suédoise.
Sur place
Renterey, dite Chambre suédoise : mardi–dimanche 10:00–19:00, billet 300 roubles, caisse jusqu’à 18:30. La descente Priamskoï est fermée jusqu’au 30 octobre 2026.
Vérifié : 24 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez la descente uniquement depuis le côté accessible et suivez les indications à jour : l’état des passages escarpés peut changer. Le nombre exact de marches est ici moins fiable que la légende urbaine elle-même sur le comptage.
