Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Parterres symétriques
- Fontaines
- Mur du Mirage
- Chêne royal
L’histoire du lieu
Ce jardin fut appelé supérieur en raison de sa situation derrière le palais : il s’élève sur le versant en deux terrasses. La terrasse inférieure est occupée par le Jardin des Fleurs, avec ses parterres symétriques, ses fontaines et le Mur du Mirage. Sur la terrasse supérieure se trouvait autrefois l’Étang du Mirage, caché par des rangées d’arbres ; elle fait désormais partie du jardin de la Résidence présidentielle voisine.
Les grandes portes de la salle du palais menaient directement aux parterres de fleurs. Les fleurs de pierre du décor en stuc se prolongeaient à l’extérieur par des plantes vivantes, tandis que les murs et les galeries vertes isolaient le jardin du reste du parc. Le maître des lieux pouvait y faire sortir ses invités de la salle d’apparat, en conservant à la fois la solennité de la réception et la possibilité de converser en petit comité.
C’est précisément pour une telle conversation que le jardin fut utile à la fin de juin mille neuf cent vingt-neuf. Le gouvernement du doyen de l’État August Rei, chef de la jeune République d’Estonie, recevait Gustave V, roi de Suède et premier monarque à arriver dans le pays en visite d’État. Les dirigeants estoniens cherchaient à se rapprocher de la Scandinavie. La Suède n’avait reconnu l’indépendance de l’Estonie qu’en mille neuf cent vingt et un et considérait toujours les États de la rive orientale de la Baltique comme des partenaires peu fiables, à l’égard desquels elle aurait dû prendre des engagements.
Gustave V fut logé dans l’aile du palais donnant sur la mer. Dans le Jardin supérieur, il planta un chêne. La cérémonie devait transformer cette brève visite en signe d’une longue amitié : l’arbre resterait après les discours, les déjeuners et le départ du navire royal. Pourtant, le gouvernement suédois se limita au développement des échanges commerciaux et culturels. L’alliance sur laquelle on comptait à Tallinn ne vit pas le jour. La visite fut le point culminant des relations entre les deux pays durant l’entre-deux-guerres, mais ne modifia pas leur ligne politique.
Le chêne royal pousse encore ici aujourd’hui. Sous lui se trouvait une pierre portant le monogramme de Gustave V ; plus tard, elle fut considérée comme perdue. En mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, des ouvriers retrouvèrent la pierre lors de la restauration du jardin. Les parterres baroques qui l’entourent furent eux-mêmes recréés d’après des dessins du dix-huitième siècle et les données des fouilles, puis inaugurés en deux mille un. Parmi la géométrie restaurée du jardin sont restés le chêne planté par le roi et la pierre retrouvée dans le sol, portant son nom.
Sur place
Zone ouverte du parc de Kadriorg ; le parc est ouvert jour et nuit, tous les jours.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne vous limitez pas aux plates-bandes : éloignez-vous jusqu’au bord de la terrasse et suivez l’axe dans son ensemble. Si nécessaire, les marches peuvent être contournées par les chemins latéraux accessibles.
