Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Minaret
- Façade orientale
- Place devant la mosquée
- Mur sud
L’histoire du lieu
Le seize août mille neuf cent sept, dans cette mosquée, le cadi de la ville, des théologiens et des commandants rédigèrent deux documents. Par le premier, ils déclaraient déposé le sultan en exercice, Moulay Abdelaziz. Par le second, ils reconnaissaient comme sultan son frère aîné, Abd al-Hafid, gouverneur de Marrakech, qui briguait le trône.
Pour cette procédure, ils choisirent la principale mosquée du vendredi de la kasbah. Le calife Abû Yûsuf Ya'qûb al-Mansûr ordonna de la construire entre mille cent quatre-vingt-cinq et mille cent quatre-vingt-dix pour le nouveau quartier palatial. Le souverain lui-même venait ici pour la prière commune, tandis que les habitants de la ville accueillaient les processions sultaniennes sur la place près du mur oriental. C’est ici que le nom d’un prétendant pouvait être inscrit dans une bay'a écrite, un serment d’allégeance après lequel les signataires le reconnaissaient comme souverain légitime.
Abd al-Hafid profita des défaites de son frère. Au printemps mille neuf cent sept, les troupes françaises occupèrent Oujda ; en été, la flotte française bombarda Casablanca. Moulay Abdelaziz était accusé d’avoir laissé s’étendre le contrôle européen sur les finances et la police marocaines. Le gouverneur de Marrakech promettait de s’y opposer, mais une promesse seule ne suffisait pas pour obtenir le trône. Il lui fallait des hommes capables d’amener des détachements armés et de contraindre les villes à reconnaître le nouveau serment d’allégeance.
Le principal organisateur fut Madani El Glaoui, chef de la confédération tribale montagnarde des Glaoua. Ses revenus provenaient d’une mine de sel à Telouet, des impôts prélevés sur les tribus soumises et des taxes perçues sur les caravanes qui franchissaient un col du Haut Atlas. Les révoltes qui s’étendaient menaçaient de priver les commandants du sud de ces revenus et de ces terres. Madani engagea ses hommes et sa fortune aux côtés d’Abd al-Hafid, puis il conduisit à la mosquée ceux dont les signatures transformaient un complot en un changement ouvert de souverain.
Le serment d’allégeance de Marrakech ne donnait pas encore à Abd al-Hafid tout le pays. Fès le reconnut plus tard, en posant ses propres conditions, et les partisans des deux frères combattirent encore un an. Le dix-neuf août mille neuf cent huit, l’armée de Moulay Abdelaziz fut vaincue aux abords de Marrakech. Il abdiqua. Abd al-Hafid nomma Madani d’abord ministre de la Guerre, puis grand vizir, chef du gouvernement sultanien. En mars mille neuf cent douze, le sultan proclamé ici comme adversaire de l’ingérence étrangère signa le traité de Fès établissant le protectorat français. Quelques mois plus tard, il abdiqua lui aussi.
Le nom actuel de la mosquée se rapporte à un autre homme. « Moulay » est un titre honorifique porté par un membre de la famille régnante, et Moulay el-Yazid fut un sultan alaouite qui régna de mille sept cent quatre-vingt-dix à mille sept cent quatre-vingt-douze. Le bâtiment, construit six siècles avant lui, était auparavant appelé mosquée de la kasbah, mosquée du palais et mosquée al-Mansûr. Le nom d’el-Yazid s’y fixa à l’époque alaouite. La tombe de ce sultan se trouve juste derrière le mur sud, dans la nécropole attenante ; la place devant la façade orientale, elle, reçut son nom de la mosquée.
Après le séisme de deux mille vingt-trois, le bâtiment resta fermé près de trois ans. Le dix-sept juillet deux mille vingt-six, la mosquée restaurée rouvrit aux fidèles, pour la prière du vendredi.
Sur place
Mosquée en activité ; le parcours est prévu pour une visite extérieure.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez le récit depuis l’extérieur et considérez la place comme l’espace d’une mosquée en activité, non comme une cour de musée.
