Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le portique à douze colonnes
- Les portes principales
- La nef centrale
L’histoire du lieu
Le vingt-neuf mai mille huit cent dix, Cornelio Saavedra, président de la Première Junte, échangeait avec l’évêque de Buenos Aires des lettres sur la question de savoir qui se tiendrait le matin à la porte de cette cathédrale. Saavedra exigeait que les nouveaux dirigeants de la ville soient accueillis par deux hauts ecclésiastiques et conduits à l’intérieur. L’évêque Benito Lué y Riega répondait qu’il risquait de ne pas y avoir de clercs disponibles pour cela.
Le différend sur ceux qui devaient les accueillir prolongeait un affrontement commencé quelques jours plus tôt. Lué défendait l’ordre ancien : le roi d’Espagne l’avait proposé pour le siège épiscopal de Buenos Aires, le pape avait confirmé sa nomination, et son ministère comme sa position étaient liés à la Couronne. Lors de la séance publique du conseil municipal, le vingt-deux mai, l’évêque vota pour que Baltasar Hidalgo de Cisneros conserve le gouvernement avec deux juges royaux.
Après la démission de Baltasar Hidalgo de Cisneros, Saavedra avait besoin d’une reconnaissance publique du nouveau gouvernement. Dans l’une de ses premières lettres, la Junte exigea de l’évêque qu’il lui prête serment. Lué la reconnut par écrit, mais se déroba à sa présence à la cérémonie. La Junte fixa alors ici un Te Deum, un office catholique solennel d’action de grâce. Sous la domination espagnole, un tel rite confirmait l’accord entre le monarque et l’Église ; désormais, cette même confirmation était nécessaire aux hommes qui avaient pris la place du vice-roi.
Lué obtint que l’office ait lieu le trente mai, jour de saint Ferdinand, c’est-à-dire le jour de fête du roi Ferdinand VII. La Junte accepta la date, mais exigea tous les honneurs d’autrefois. Le matin, deux ecclésiastiques accueillirent finalement Saavedra et les autres membres de la Junte à l’entrée. À l’intérieur, l’évêque présida l’office, et les nouveaux dirigeants prirent les places d’honneur où s’asseyaient auparavant les vice-rois. Baltasar Hidalgo de Cisneros, destitué, assistait lui aussi à l’office.
À la sortie, plus personne n’accompagna la Junte. La correspondance à ce sujet se poursuivit encore plusieurs semaines ; elle alla jusqu’à une interdiction temporaire faite à Lué de se présenter dans la cathédrale. Toutefois, Saavedra obtint l’essentiel : l’évêque célébra la cérémonie, et la Junte occupa publiquement les places de l’ancien gouvernement. La tentative de Lué de lier l’office à la fête du roi ne s’imposa pas non plus. Dès mille huit cent onze, le Te Deum fut fixé au vingt-cinq mai.
La cérémonie se déroulait dans ce même bâtiment, mais le portique actuel à douze colonnes n’existait pas encore : il fut conçu plus tard. Le Te Deum d’État annuel conduit encore aujourd’hui une procession officielle à travers la place jusqu’à la cathédrale, où le premier rite de ce genre commença par l’exigence de placer deux ecclésiastiques à la porte.
Sur place
La façade est accessible depuis l’extérieur ; l’intérieur, les messes, les visites et les audioguides dépendent des horaires de la cathédrale / de l’archidiocèse.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La cathédrale reste un lieu de culte en activité : parlez doucement et ne gênez pas l’office. La visite de la chapelle San Martín dépend de l’accès à l’intérieur ; depuis l’extérieur, concentrez-vous sur cette façade inhabituelle pour une église.
